07/08/2025
Pour cette nouvelle newsletter, je vous partage un cas clinique marquant vécu il y a 3 ans
🩺 Cas clinique : Quand 42 ans d’arrêt ne suffisent pas à éteindre la maladie tabagique
Il y a trois ans, j’ai reçu en consultation une patiente de 72 ans.
Elle avait arrêté de fumer… depuis 42 ans.
Un arrêt net, définitif, sans la moindre rechute.
Puis, un drame : le décès de son mari.
Un matin, en allant chercher son magazine à la librairie, elle a acheté un paquet de ci******es.
Un simple « juste pour voir » qui, en 4 jours, l’a ramenée au même nombre de ci******es qu’elle fumait quatre décennies plus tôt.
📌 Pourquoi ?
Le tabagisme n’est pas qu’une habitude : c’est une maladie chronique et récidivante, inscrite dans le cerveau.
• Récepteurs nicotiniques : même après des années d’abstinence, certaines voies neuronales restent prêtes à réactiver la dépendance. La ni****ne va rapidement remultiplier le nombre et la sensibilité de ces récepteurs (Benowitz, 2010 ; Picciotto, 2014).
• Associations comportementales : lieux, gestes, émotions – ici, la routine de la librairie – peuvent réveiller en un instant des schémas profondément ancrés (Shiffman, 2009).
En quelques jours, le cerveau agit comme si l’arrêt n’avait jamais eu lieu.
💡 À retenir
Arrêter de fumer ne signifie pas être « guéri » : on apprend à vivre avec une maladie chronique, toujours susceptible de rechuter si l’on baisse la garde.
Accepter cette réalité, c’est mieux se protéger : rester vigilant, anticiper les situations à risque et consolider son arrêt sur le long terme.
Références :
• Benowitz NL. Ni****ne addiction. N Engl J Med. 2010;362:2295-2303.
• Picciotto MR et al. Acetylcholine receptors and ni****ne addiction. Prog Neurobiol. 2014;124:93-97.
• Shiffman S. Relapse following smoking cessation: a situational analysis. J Consult Clin Psychol. 2009;77(3):384-392.