22/07/2026
J’ai eu la chance de voyager dans de nombreux pays. Et partout, ou presque, j’ai entendu la même phrase, simplement avec des noms différents.
En Belgique : « Fais attention aux Marocains. »
En France : « Fais attention aux musulmans. »
Aux États-Unis : « Fais attention aux Mexicains. »
Dans plusieurs pays du Golfe : « Fais attention aux Indiens ou aux Philippins. »
Au Maghreb : certains entretiennent des préjugés envers les personnes noires.
En Turquie : les réfugiés syriens sont souvent stigmatisés.
En Europe de l’Est : les Roms restent victimes d’une discrimination profonde.
En Inde, les Dalits continuent de subir des exclusions liées au système des castes.
En Chine, les Ouïghours sont victimes d’une répression largement documentée.
Au Myanmar, les Rohingyas ont été persécutés jusqu’à être contraints à l’exil.
À chaque frontière, le groupe change. Le mécanisme, lui, reste le même.
Le racisme et la xénophobie naissent souvent de la peur de l’autre, de celui qui est perçu comme différent. Cette peur est alimentée par l’ignorance, les stéréotypes, les expériences individuelles généralisées ou les angoisses que nous projetons sur un groupe entier au lieu de les interroger.
Bien sûr, cela ne signifie pas que tous les problèmes sociaux sont imaginaires ni qu’il est interdit de débattre de migration, d’intégration ou de sécurité. Mais attribuer ces problèmes à une population entière est une erreur qui nourrit la haine plutôt que les solutions.
L’Histoire nous rappelle où peuvent mener le racisme, la déshumanisation et la xénophobie : ségrégation, persécutions, génocides et guerres. Après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, le monde s’est doté de la Déclaration universelle des droits de l’homme pour affirmer que chaque être humain possède la même dignité et les mêmes droits, indépendamment de son origine, de sa couleur de peau, de sa religion ou de sa nationalité.
L’extrême droite, lorsqu’elle construit son discours sur l’exclusion, la désignation de boucs émissaires ou la hiérarchisation des êtres humains, constitue un danger pour nos démocraties et pour notre humanité. Dire cela ne fait pas de moi une personne d’extrême gauche. Cela fait simplement de moi quelqu’un qui croit aux droits humains.
L’inclusion n’est pas une faiblesse. C’est une force.
Les migrations ont toujours façonné les sociétés. Elles apportent des compétences, des cultures, des idées, des entrepreneurs, des soignants, des chercheurs, des artistes et des travailleurs. Elles posent aussi des défis, qui doivent être gérés avec intelligence et humanité. Opposer systématiquement « eux » à « nous » ne résout rien.
Le monde ne manque pas de différences. Il manque parfois de rencontres.
Et si, au lieu d’apprendre à nos enfants de se méfier de « ceux-là », nous leur apprenions simplement à connaître l’autre ?