10/08/2026
Imagine une vie où l’alcool ne fait plus partie de la formule.
Tu crois que tu bois seulement quand tu bois.
En réalité, l’alcool prend de la place bien avant le premier verre.
Et il y a une partie de cette place dont tu ne te rends même pas compte.
Parce que c’est tellement normal. Tellement banal. Tellement intégré à nos vies qu’on ne la voit même plus.
Quand tu y réfléchis vraiment, l’alcool c’est aussi :
• penser à ce que tu vas acheter
• réfléchir à ce qui ira avec le repas
• regarder les rayons du magasin
• choisir une bouteille
• demander aux autres « qu’est-ce que tu aimes boire ? »
• vérifier ce qu’il reste à la maison
• prévoir les quantités pour une soirée
• stocker les bouteilles
• en parler
• expliquer pourquoi ce vin va « super bien avec » ce plat
• organiser une partie d’une soirée autour de ce qu’on va boire
• laver les verres qui ne passent pas au lave-vaisselle
• trier les bouteilles
• ramener les consignées au magasin
• aller à la bulle à verre
• gérer les bouteilles vides
• en parler avec les amis
• en parler au boulot
• prévoir ce qu’on va boire en vacances
• réfléchir à ce qu’on va servir quand quelqu’un vient à la maison
Et tout ça, tu ne le comptes jamais.
Parce que ce n’est pas « boire ».
C’est juste la vie.
Et je ne te parle même pas de ce qui vient après :
• la gu**le de bois
• la récupération
• le sommeil pourri
• le stress au réveil
• le téléphone qu’on regarde avec appréhension
• les messages qu’on relit
• les souvenirs qu’on essaie de reconstituer
• les visages de ceux qui étaient là
• le fameux « j’espère que je n’ai pas trop déconné »
Non.
Je te parle simplement de tout ce qui entoure une consommation que tu considères peut-être comme parfaitement normale et modérée.
Tu me diras :
« Oui, mais c’est comme pour tout. Je dois aussi penser à faire le plein de ma voiture, à l’entretenir, à acheter mes chaussures de sport, à programmer mes séances, à faire mes courses… »
Oui.
Bien sûr.
Mais il y a quand même un détail assez dingue :
on parle d’une drogue.
Et cette drogue a réussi à s’installer dans tellement de petits moments de notre quotidien qu’on ne considère même plus qu’elle y est.
C’est peut-être ça, le plus intéressant quand on arrête.
Ce n’est pas seulement :
« Je ne bois plus. »
C’est aussi :
« Je ne pense plus à tout ça. »
Plus besoin de prévoir.
Plus besoin d’acheter.
Plus besoin de stocker.
Plus besoin de gérer.
Plus besoin de justifier.
Plus besoin d’organiser une partie de ma vie autour d’un produit.
Et avec les années, je me rends compte d’un truc :
toutes ces petites choses additionnées prenaient énormément de place.
Du temps.
De l’énergie.
De l’espace mental.
Je ne savais même pas que je pouvais récupérer tout ça.
Imagine une vie où l’alcool ne fait plus partie de la formule.
Pas seulement le verre en moins.
Tout le reste en moins aussi.