14/08/2026
Il y a bientôt 30 ans, j'étais en rhéto.
J'étais jeune, libre, joyeuse.
J'allais terminer mes secondaires et entrer à l'université.
J'allais commencer des études de psychologie.
Et puis, pendant ces années-là, quelque chose s'est brisé dans notre pays.
Julie, Mélissa, An, Eefje…
Sabine, retrouvée vivante.
Laëtitia.
Des prénoms d'enfants qui sont devenus indissociables de l'horreur.
Il y a eu un avant et un après.
Avant, l'enfance semblait encore synonyme d'insouciance.
Après, on ne laissait plus aussi facilement un enfant partir seul à vélo. On vérifiait davantage. On s'inquiétait davantage. On avait découvert une violence que l'on aurait aimé ne jamais devoir imaginer.
Et moi, au milieu de tout ça, j'avais 17 ans. (M***e je fais sauter le mystère sur mon âge) 🤫
Je ne savais pas encore que j'allais devenir psychologue.
Je ne savais pas encore que je deviendrais maman.
Aujourd'hui, je suis les deux.
Et même si je ne pense pas à cette histoire tous les jours, j'ai parfois l'impression que quelque chose de cette époque s'est encodé en moi.
Comme une vigilance devenue presque instinctive.
Mais trente ans plus t**d, quand je pense à Sabine, je ne veux pas seulement penser à ce qu'on lui a fait.
Je veux aussi penser à ce qu'elle est devenue malgré ce qu'on lui a fait.
Parce que la résilience, ce n'est pas oublier.
Ce n'est pas effacer.
Ce n'est pas faire comme si rien ne s'était passé.
C'est continuer à vivre avec une histoire qui aurait pu vous définir entièrement, et parvenir malgré tout à redevenir bien plus que ce qui vous est arrivé.
Et peut-être que c'est ça qui me touche le plus, aujourd'hui, avec mon regard de femme, de mère et de psychologue.
Le traumatisme peut laisser une empreinte indélébile.
Mais une empreinte n'est pas une identité.
Il y a un avant.
Il y a un après.
Et entre les deux, il y a parfois toute une vie à reconstruire.
Et cette vie peut être belle. 🖤