15/07/2026
TSA + TDAH...
Être autiste et avoir un TDAH : une réalité fréquente mais encore trop méconnue
Pendant longtemps, l’autisme et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité étaient considérés comme deux troubles distincts. Aujourd’hui, les connaissances scientifiques ont considérablement évolué.
Les études montrent qu’entre 40 % et 70 % des personnes autistes présentent également un TDAH, selon une méta-analyse regroupant 63 études (Rong et al., 2021). Une précédente méta-analyse estimait cette proportion à environ 60 % chez les enfants et les adolescents autistes (Stevens, Peng & Barnard-Brak, 2016).
On parle alors de double neurodivergence, ou plus simplement d’AuDHD, un terme de plus en plus utilisé par les personnes concernées.
Des difficultés qui apparaissent souvent à l’âge adulte
De nombreuses personnes autistes ayant un TDAH réussissent leurs études, parfois même avec d’excellents résultats. Cependant, lorsque les responsabilités augmentent — emploi, vie de couple, parentalité, gestion d’un logement, démarches administratives ou financières — les difficultés deviennent souvent plus visibles.
Les personnes concernées peuvent rencontrer des difficultés pour :
* organiser leur quotidien ;
* gérer leur temps ;
* planifier et prioriser les tâches ;
* maintenir leur attention ;
* terminer ce qu’elles commencent ;
* jongler entre plusieurs demandes simultanées.
Sans diagnostic, beaucoup finissent par penser qu’elles sont « paresseuses », « désorganisées » ou « incapables », alors que leurs difficultés sont directement liées à leur fonctionnement neurologique.
Cette incompréhension peut entraîner une baisse importante de l’estime de soi, un épuisement chronique, un burn-out autistique ou encore une dépression.
Un dépistage du TDAH devrait faire partie du bilan de l’autisme
En France, lorsqu’un adulte consulte pour un bilan diagnostique de TSA, il est pertinent que les professionnels recherchent également la présence d’un TDAH.
Les deux troubles partagent certaines caractéristiques tout en présentant des particularités propres. Les identifier permet de proposer un accompagnement plus adapté.
L’évaluation repose notamment sur :
* l’histoire développementale depuis l’enfance ;
* le parcours scolaire ;
* les capacités d’attention et de concentration ;
* l’organisation quotidienne ;
* la gestion du temps ;
* les difficultés rapportées dans différents environnements (école, travail, domicile).
Les témoignages des proches et les anciens bulletins scolaires peuvent également apporter des informations précieuses.
Une évaluation globale
Le diagnostic ne repose jamais sur un simple questionnaire.
Les professionnels utilisent des entretiens cliniques, des outils standardisés et recueillent des informations provenant de plusieurs contextes de vie.
Lorsque cela est nécessaire, un bilan neuropsychologique peut compléter l’évaluation afin d’explorer :
* la mémoire de travail ;
* les fonctions exécutives ;
* l’attention ;
* la concentration ;
* les capacités de planification.
Ces éléments peuvent également être utiles pour mettre en place des aménagements scolaires, universitaires ou professionnels.
Une prise en charge qui améliore la qualité de vie
Recevoir un diagnostic ne change pas la personne, mais permet enfin de comprendre son fonctionnement.
Lorsque le TDAH est identifié, plusieurs approches peuvent être proposées :
* une psychoéducation ;
* des stratégies d’organisation adaptées ;
* un accompagnement psychologique si nécessaire ;
* des adaptations dans les études ou le travail ;
* et, lorsque cela est indiqué, un traitement médicamenteux prescrit par un médecin spécialiste.
L’objectif n’est pas de « normaliser » la personne, mais de réduire les difficultés qui impactent son quotidien et de lui permettre de mieux utiliser ses compétences.
Un meilleur repérage est essentiel
En France, de nombreux adultes autistes découvrent leur TDAH tardivement, parfois après des années d’épuisement ou plusieurs épisodes dépressifs.
Mieux former les professionnels, rechercher systématiquement les troubles associés et reconnaître la fréquence de cette double neurodivergence permettraient d’améliorer le diagnostic, l’accompagnement et la qualité de vie de nombreuses personnes.
À retenir :
* Entre 40 % et 70 % des personnes autistes présentent également un TDAH.
* Les difficultés deviennent souvent plus importantes lorsque les responsabilités augmentent.
* Un TDAH non diagnostiqué peut favoriser l’épuisement, le burn-out autistique, l’anxiété ou la dépression.
* Lors d’un bilan pour un TSA, il est recommandé d’évaluer également la présence d’un TDAH.
* Un diagnostic précis permet de mettre en place un accompagnement réellement adapté aux besoins de la personne.
Sources : Stevens, Peng & Barnard-Brak (2016) ; Rong et al. (2021).