31/07/2026
𝗠𝗘́𝗗𝗘𝗖𝗜𝗡𝗦-𝗖𝗢𝗡𝗦𝗘𝗜𝗟𝗦 : 𝗖’𝗘𝗦𝗧 𝗤𝗨𝗢𝗜, 𝗩𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗣𝗥𝗢𝗕𝗟𝗘̀𝗠𝗘 ? - 𝗟𝗲𝘀 𝗠𝗮𝘂𝘅 𝗱𝗲 𝘛𝘳𝘢𝘷𝘦𝘳𝘴
Cher·e Docteur·e, médecin-conseil, c’est quoi votre problème ?
Pourquoi tant de personnes malades, traumatisées ou épuisées ressortent-elles de vos consultations avec le sentiment d’avoir dû se défendre plutôt que d’avoir été entendues ?
Pourquoi des mois de suivi médical, psychiatrique ou psychologique peuvent-ils être balayés en quelques minutes, au terme d’un entretien parfois expéditif ?
Votre rôle n’est évidemment pas de valider automatiquement chaque incapacité. Vous devez évaluer, contrôler et parfois décider qu’une reprise du travail est possible, mais le problème ne réside pas seulement dans la décision.
Il réside aussi dans la manière dont vous la prenez et dont vous l’annoncez.
𝗖𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼̂𝗹𝗲𝗿 𝗻𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗵𝘂𝗺𝗶𝗹𝗶𝗲𝗿.
𝗘́𝘃𝗮𝗹𝘂𝗲𝗿 𝗻𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝗳𝗶𝗲𝗿.
𝗥𝗲𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗮𝘂 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹 𝗻’𝗲𝘅𝗶𝗴𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗮𝗯𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿.
Vous pouvez expliquer votre raisonnement.
Vous pouvez reconnaître la souffrance sans conclure à une incapacité totale.
Vous pouvez prendre une décision défavorable sans devenir dénigrant.
Ce n’est pas parce que vous êtes d’un côté du bureau et qu’ils sont de l’autre que nos patients sont des êtres inférieurs ou des imbéciles.
Ce sont des adultes capables de comprendre une décision, même difficile, à condition qu’on la leur explique clairement et qu’on les traite avec dignité.
La position que vous occupez vous donne un pouvoir considérable sur leurs revenus, leur sécurité et leur avenir professionnel.
Elle ne vous donne pas une valeur humaine supérieure.
Dans le champ du psychotraumatisme, la suspicion systématique peut être particulièrement délétère.
Devoir sans cesse prouver sa souffrance, répéter son histoire et convaincre que l’on ne simule pas peut réactiver ce que certaines victimes ont déjà vécu : ne pas être crues, être disqualifiées et devoir plaider leur propre réalité.
Tous les médecins-conseils ne travaillent évidemment pas de cette manière, mais lorsque les mêmes témoignages se répètent, il faut interroger les pratiques et la culture institutionnelle qui les rendent possibles.
𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗲𝘇 𝗲𝘅𝗲𝗿𝗰𝗲𝗿 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗿𝗮𝗯𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿.
𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗲𝘇 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝘀𝘁𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗻𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗻𝗶𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗳𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲.
La médecine commence peut-être là : reconnaître qu’en face de vous, il y a un sujet.
Pas un dossier.
Pas un coût.
Et certainement pas un être inférieur.
Merci à celles et ceux qui pratiquent avec humanité même dans les situations les plus pénibles. Pour les autres, je vous prie très con-fraternellement d’aller vous faire fo*tre.
« Je n'en peux plus, je suis au bout du rouleau, j'ai envie de rentrer, me fo*tre mes savates et terminé bonsoir ! »
— 𝗧𝗶𝗺 𝗧. 𝗦𝘁𝗿𝗼𝗼𝗯𝗮𝗻𝗱𝘁