02/09/2026
⭐️Cas clinique - Loulou - 5ans⭐️
Loulou ne parvient plus à s’endormir.
Depuis quelques semaines, plusieurs changements sont venus bouleverser son quotidien : elle vient de faire son entrée à l’école des « grands », en primaire, et elle est devenue grande sœur depuis quelques mois. Par ailleurs, elle manifeste une peur importante de la piscine.
Papa et maman sentent que quelque chose ne va pas et décident de venir avec Loulou en séance.
À la maison, Loulou demande de plus en plus de rituels au moment du coucher. Ses parents accueillent ses besoins avec bienveillance, tout en maintenant des limites claires.
🧘♀️Le travail en séance
Lorsque je commence à travailler avec le corps de Loulou, c’est le mot « profondeur » qui résonne en moi.
Je la questionne alors :
— « C’est comment, dans la cour des grands ? »
Sa réponse est immédiate :
— « J’ai peur. »
Je cherche une autre manière de lui permettre d’explorer cette notion de « cour des grands », en passant par une comparaison avec un autre environnement.
Je lui demande :
— « Est-ce que tu es déjà allée dans une forêt 🌳 , là où il y a de très grands arbres ? »
Nous parlons des arbres.
— « Ils sont gentils, les arbres ? »
— « Oui. »
— « C’est chouette, la forêt ? »
— « Oui. »
La forêt devient ainsi un autre espace de référence : un endroit où il y a aussi du « grand », de la hauteur, une autre perspective, mais qui est associé à quelque chose de sécurisant et d’agréable.
Au fil de la séance, nous revenons à cette notion de stress en lien avec la profondeur et les changements de perspective.
Nous travaillons autour des réflexes archaïques à travers des mouvements rythmiques, notamment au niveau de la tête 👧. Avec l’aide de maman, très lentement, Loulou expérimente des mouvements allant vers le bas puis vers l’arrière.
L’objectif est de lui permettre de ressentir progressivement la sécurité dans le mouvement, mais aussi les limites de son propre corps.
Je remarque notamment que sa tête ne se déplace pas de manière fluide et « indépendante » du reste du corps. Lorsqu’elle va vers l’arrière, le tronc accompagne le mouvement en se cambrant.
Nous cherchons alors à lui faire expérimenter une autre organisation corporelle, plus adaptée, sans forcer le mouvement. L’essentiel est qu’elle puisse le vivre à son rythme, dans la sécurité et avec le soutien de maman 🤝.
À ce moment-là, maman me partage que Loulou a eu un torticolis à la naissance.
🧘♀️Le fil conducteur
Au cours de la séance, un lien semble progressivement se dessiner entre les difficultés d’endormissement et les changements vécus récemment par Loulou.
Son entrée dans la « cour des grands » semble susciter un stress qui pourrait également se manifester corporellement : lever la tête vers les plus grands, changer de perspective, expérimenter la hauteur et la profondeur, comme dans la piscine.
Ces différentes expériences peuvent être envisagées comme autant de situations dans lesquelles son corps doit s’adapter à une nouvelle perception de l’espace et à un sentiment de sécurité qui semble actuellement fragilisé.
Le travail corporel vise ainsi à lui permettre de retrouver progressivement davantage de sécurité dans le mouvement, dans ses repères corporels et dans son environnement.
Je propose aux parents de poursuivre à la maison avec des mouvements rythmiques simples, dans un cadre sécurisant et sans recherche de performance.
À suivre…