16/08/2026
En 2016, à la fin de ma formation en médiation, ma promotrice de TFE m’a offert un coussin.
Un simple coussin.
En me le tendant, elle m’a dit :
« C’est pour que tu sois toujours confortablement installée. Parce que tu es manifestement faite pour accompagner les personnes qui traversent de grandes difficultés. »
J’ai été très touchée.
À l’époque, j’y ai surtout entendu une marque de confiance. La reconnaissance de quelque chose qu’elle percevait déjà en moi et que je ne mesurais peut-être pas encore complètement.
Aujourd’hui, ses mots résonnent autrement.
J’accompagne principalement des personnes marquées par des expériences traumatiques. Des personnes dont le système nerveux peut soudain s’emballer ou se couper.
Et aujourd’hui, je comprends pourquoi mon confort compte.
Pour rester présente lorsque l’intensité monte, je dois moi-même rester bien installée.
Dans mon fauteuil.
Dans mon corps.
Dans l’instant.
Ne rien précipiter.
Ne pas remplir trop vite le silence.
Pouvoir rester là lorsque ce qui se dépose est difficile, sans me perdre dans ce que l’autre traverse.
C’est aussi cela, la co-régulation.
Ma stabilité ne régule pas l’autre à sa place. Elle ne lui retire ni son histoire ni ses émotions.
Mais elle peut devenir un repère.
Un point d’appui pour traverser ce qui se présente sans avoir à rester seule face à l’intensité.
Ce coussin n’était peut-être pas seulement un cadeau.
C’était déjà un rappel :
pour accompagner quelqu’un à habiter son corps et sa vie, je dois d’abord être pleinement installée dans la mienne.