21/10/2026
Il y a quelque chose qui me frappe souvent dans mon cabinet.
Les personnes que j'accompagne savent généralement très bien ce qui leur ferait du bien.
Elles savent qu'elles devraient poser davantage de limites, arrêter de tout prendre sur elles, demander de l'aide de temps en temps.
Certaines ont lu des dizaines de livres sur le développement personnel. Elles ont compris leurs mécanismes, fait des liens avec leur enfance, identifié ce qui se rejoue dans leurs relations.
Et malgré tout, elles continuent à dire oui alors qu'elles pensent non.
Elles se retrouvent encore à gérer les problèmes de tout le monde, à anticiper les réactions de leur entourage ou à culpabiliser dès qu'elles prennent un peu de temps pour elles.
Elles aimeraient tellement que ce soit plus simple.
Mais quand on a passé une partie de son enfance à surveiller l'humeur d'un parent, à éviter les conflits ou à se débrouiller seul, ces façons de réagir ne disparaissent pas parce qu'on a compris d'où elles viennent.
Elles ont parfois été indispensables.
Et je trouve qu'on oublie souvent cette dimension quand on conseille à quelqu'un de simplement apprendre à dire non ou de lâcher prise.
D'ailleurs, je ne cherche pas à faire de mes patients des personnes qui posent des limites partout, qui expriment systématiquement leurs besoins ou qui ne cherchent plus jamais à contrôler quoi que ce soit.
Ce serait juste une nouvelle liste de choses à réussir.
Ce qui m'intéresse, c'est qu'ils puissent commencer à faire autrement, quand ils en ont envie et quand les circonstances le permettent.
Qu'un désaccord ne provoque plus automatiquement cette boule au ventre. Qu'ils puissent demander un service sans avoir l'impression de déranger. Ou simplement passer une soirée sans se sentir responsables de tout.
Ce sont parfois de petits changements, presque invisibles de l'extérieur.
Mais pour quelqu'un qui a passé des années à fonctionner autrement, ils peuvent représenter beaucoup.