Frédérique.Mathy-.Thérapeute

Frédérique.Mathy-.Thérapeute Quand certaines réactions persistent, nous travaillons là où ça s’est bloqué.
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Trauma (simple & complexe) & régulation du système nerveux

J’accompagne les personnes confrontées à des expériences traumatiques (abus, violence, chocs émotionnels).

En 2016, à la fin de ma formation en médiation, ma promotrice de TFE m’a offert un coussin.Un simple coussin.En me le te...
16/08/2026

En 2016, à la fin de ma formation en médiation, ma promotrice de TFE m’a offert un coussin.

Un simple coussin.

En me le tendant, elle m’a dit :

« C’est pour que tu sois toujours confortablement installée. Parce que tu es manifestement faite pour accompagner les personnes qui traversent de grandes difficultés. »

J’ai été très touchée.

À l’époque, j’y ai surtout entendu une marque de confiance. La reconnaissance de quelque chose qu’elle percevait déjà en moi et que je ne mesurais peut-être pas encore complètement.

Aujourd’hui, ses mots résonnent autrement.

J’accompagne principalement des personnes marquées par des expériences traumatiques. Des personnes dont le système nerveux peut soudain s’emballer ou se couper.

Et aujourd’hui, je comprends pourquoi mon confort compte.

Pour rester présente lorsque l’intensité monte, je dois moi-même rester bien installée.

Dans mon fauteuil.
Dans mon corps.
Dans l’instant.

Ne rien précipiter.

Ne pas remplir trop vite le silence.

Pouvoir rester là lorsque ce qui se dépose est difficile, sans me perdre dans ce que l’autre traverse.

C’est aussi cela, la co-régulation.

Ma stabilité ne régule pas l’autre à sa place. Elle ne lui retire ni son histoire ni ses émotions.

Mais elle peut devenir un repère.

Un point d’appui pour traverser ce qui se présente sans avoir à rester seule face à l’intensité.

Ce coussin n’était peut-être pas seulement un cadeau.

C’était déjà un rappel :

pour accompagner quelqu’un à habiter son corps et sa vie, je dois d’abord être pleinement installée dans la mienne.

J’ai disparu pendant trente-cinq ans.J’étais là, bien sûr.Je vivais.Je travaillais.Je souriais.Je faisais ce qu’il falla...
12/08/2026

J’ai disparu pendant trente-cinq ans.

J’étais là, bien sûr.

Je vivais.
Je travaillais.
Je souriais.
Je faisais ce qu’il fallait faire.

Une partie de moi continuait à gérer le quotidien. Elle assumait les responsabilités, prenait soin des autres et avançait, coûte que coûte.

De l’extérieur, tout semblait normal.

Mais mes parties émotionnelles restaient loin de moi, comme anesthésiées.

Je ne sentais presque plus mes besoins, mes limites ni mes désirs.

Je traversais ma vie sans vraiment l’habiter. Comme si elle se déroulait derrière une vitre.

C’est aussi cela, la dissociation : une partie de nous continue à fonctionner normalement, tandis que d’autres restent coupées du ressenti.

Pendant longtemps, j’ai cru que quelque chose ne fonctionnait pas chez moi.

Aujourd’hui, je comprends que cette disparition m’a protégée lorsque ressentir était devenu trop douloureux.

Alors oui…

Dissociation, mon amour.

Non parce que je veux encore vivre avec toi, mais parce que je reconnais ce que tu as fait pour moi.

Tu m’as permis de tenir.

Aujourd’hui, après un long travail sur moi, j’apprends doucement à vivre sans toi.

J’apprends à ressentir.
À reconnaître mes besoins.
À entendre mes limites.
À découvrir ce que je veux vraiment.

Pendant trente-cinq ans, j’ai regardé ma vie en noir et blanc.

Aujourd’hui, peu à peu, je la regarde en couleur.

Et vous, vous est-il déjà arrivé de continuer à fonctionner tout en vous sentant absent ou absente de votre propre vie ?

11/08/2026

J’aime les mots qui font du bien.

Mais parfois, les affirmations positives, c’est un peu comme verser de l’eau dans une main ouverte.

C’est joli… mais ça ne reste pas.

Tu peux répéter :

« Je suis belle »…
et chercher immédiatement ce qui ne va pas sur chaque photo.

« Je suis brillante »…
et effacer trois fois le message que tu voulais envoyer, de peur de paraître ridicule.

« Je suis aimée »…
et regarder ton téléphone toutes les cinq minutes parce que quelqu’un ne te répond pas.

Répéter une phrase ne suffit pas à calmer un corps qui s’attend encore au rejet, au jugement ou à l’abandon.

Quand ton système nerveux est en alerte, il cherche d’abord ce qui pourrait mal se passer.

Un silence devient un rejet.
Une remarque devient la preuve que tu n’es pas assez.
Un imprévu suffit à te nouer le ventre.

La régulation du système nerveux vient d’abord.

Pour que tu puisses recevoir un compliment sans le repousser.
Envoyer ce message sans le relire dix fois.
Et ne plus remettre toute ta valeur en question parce que quelqu’un tarde à répondre.

Les mots viendront ensuite.

Quand ton corps sera enfin en mesure de les laisser entrer.

10/08/2026

Ce week-end a été intense, profond… et rempli de douceur.

J’y ai découvert et expérimenté la Méthode S.O.U.R.C.E.™, développée par Muriel Maniquet.

Une approche somato-émotionnelle dont la porte d’entrée est le corps.

Avec cette méthode, on ne demande pas à la personne de raconter encore et encore ce qu’elle a vécu.

On ne lui demande pas non plus de revivre le trauma.

Le travail se fait sans exposition directe, en partant de ce que le corps et le système nerveux sont prêts à accueillir.

On commence par retrouver suffisamment de sécurité.

Par aider le corps à comprendre qu’ici et maintenant, le danger n’est plus là.

Puis, progressivement, à remettre du lien là où le trauma a parfois laissé de la dissociation, de la fragmentation ou des réactions corporelles difficiles à comprendre.

Cette approche peut être particulièrement précieuse pour les traumas complexes, mais aussi pour les traumas préverbaux, lorsque les mots ou les souvenirs ne sont pas accessibles.

Elle viendra compléter le travail de désensibilisation que je pratique déjà avec la Méthode 4F®.

Cette formation s’inscrit dans un mentorat de 18 mois consacré au trauma complexe et aux abus s*xuels.

Plus j’avance, plus je mesure la responsabilité que représente l’accompagnement de ces vécus.

Et plus mes trois piliers me paraissent essentiels :

Continuer à me former.

Poursuivre mon propre travail.

Superviser ma pratique.

Je prends maintenant le temps d’intégrer tout ce que j’ai appris et expérimenté durant ce premier week-end.

Je vous en reparlerai bientôt, lorsque tout cela aura un peu décanté.
le

On me demande parfois pourquoi je termine actuellement une formation en yin yoga trauma-informé.La réponse est simple.Ce...
05/08/2026

On me demande parfois pourquoi je termine actuellement une formation en yin yoga trauma-informé.

La réponse est simple.

Ce n'est pas pour devenir professeure de yoga.

C'est parce qu'au fil de ma pratique, une évidence s'est imposée.

Le traumatisme ne touche pas seulement nos pensées.

Il transforme aussi la relation que nous entretenons avec notre corps.

Certaines personnes ont l'impression d'être coupées de leur corps.

D'autres vivent avec un corps qui reste tendu, vigilant, prêt à réagir, même lorsque le danger est passé.

Je le comprends d'autant mieux qu'il y a quelques années, ralentir m'aurait semblé impossible.

Rester immobile pendant un cours de yin yoga aussi.

J'avais besoin d'être toujours en mouvement.

Avec le recul, je comprends que ce n'était pas un choix.

Mon corps ne savait tout simplement pas encore comment se sentir en sécurité.

C'est aussi pour cela que j'ai choisi cette formation.

Pour enrichir mes accompagnements avec un nouvel outil, que j'intégrerai lorsque cela sera pertinent, toujours au service de la personne que j'accompagne.

Non pas pour enseigner le yoga.

Mais parce que certaines postures, intégrées dans une approche trauma-informée, peuvent aider le corps à retrouver progressivement un sentiment de sécurité.

Parce que lorsque le corps retrouve un sentiment de sécurité, la vie ne ressemble plus à une succession d'urgences.

Pourquoi regarder l'horizon peut parfois apaiser le corps.Essayez.Pendant quelques secondes, regardez simplement l'horiz...
04/08/2026

Pourquoi regarder l'horizon peut parfois apaiser le corps.

Essayez.

Pendant quelques secondes, regardez simplement l'horizon.

Puis laissez votre regard s'ouvrir.

Sans fixer un point.

Sans chercher quoi que ce soit.

Juste laisser vos yeux parcourir l'espace.

Que remarquez-vous ?

Lorsque notre système nerveux reste en état d'alerte, notre regard a souvent tendance à se rétrécir. Sans même nous en rendre compte, nous balayons davantage notre environnement, comme si quelque chose devait être repéré.

À l'inverse, lorsque le regard s'élargit, le corps reçoit parfois un autre message : il n'a plus besoin de tout surveiller avec la même intensité.

C'est l'une des raisons pour lesquelles certaines approches thérapeutiques intègrent le travail du regard dans la régulation du système nerveux.

Ce n'est pas seulement la mer qui apaise.

C'est aussi l'espace qu'elle offre.

Un espace dans lequel le corps peut, peu à peu, retrouver un sentiment de sécurité.

🌊 La prochaine fois que vous serez face à un paysage, prenez une minute.

Laissez simplement votre regard s'ouvrir.

Sans rien attendre.

Puis observez.

Peut-être ne se passera-t-il rien.

Ou peut-être remarquerez-vous que, pendant quelques instants, votre respiration devient plus ample… et que votre corps relâche un peu de sa vigilance.

Pourquoi ai-je toujours l'impression de manquer de temps ?En consultation, j'entends souvent cette phrase :« J'ai l'impr...
01/08/2026

Pourquoi ai-je toujours l'impression de manquer de temps ?

En consultation, j'entends souvent cette phrase :

« J'ai l'impression de courir toute la journée… même quand il n'y a rien d'urgent. »

Cette sensation est déroutante.

Comme si le temps glissait entre les doigts.

Comme si tout demandait une réponse immédiate.

Un message.

Une tâche.

Puis une autre.

Sans même s'en rendre compte, tout finit par devenir urgent.

Même ce qui pourrait attendre.

On pense souvent que c'est une question d'organisation.

Mais ce n'est pas toujours le cas.

Quand le système nerveux est resté bloqué en état d'alerte, le corps peut continuer à réagir comme si le danger était toujours là.

Et quand le cerveau croit qu'il y a un danger, il cherche d'abord à agir, à anticiper, à résoudre… pas à ralentir.

Le défi n'est alors pas seulement de mieux gérer son temps.

Il est parfois d'aider le corps à retrouver suffisamment de sécurité pour que tout ne ressemble plus à une urgence.

Parce que, parfois, ce n'est pas le temps qui nous manque.

C'est notre système nerveux qui continue à vivre comme si tout était urgent.

Vous avez parfois l'impression de faire un pas en avant… puis deux en arrière ?Après une séance, vous vous sentez plus a...
29/07/2026

Vous avez parfois l'impression de faire un pas en avant… puis deux en arrière ?

Après une séance, vous vous sentez plus apaisé.

Vous avez l'impression que quelque chose a changé.

Puis la vie reprend.

Une remarque.

Un conflit.

Une mauvaise nuit.

Et tout semble revenir.

Comme si votre corps n'avait jamais reçu le message que le danger était terminé.

C'est une réalité que je rencontre souvent dans mon cabinet.

Au fil des années, j'ai compris que les changements les plus profonds ne se construisent pas uniquement pendant les séances.

Ils prennent vie entre les rendez-vous.

Quand les émotions débordent.

Quand les anciens réflexes reviennent.

Quand l'on se dit :
« Pourtant, je pensais que ça allait mieux… »

C'est de cette réflexion qu'est née Traversée.

Un accompagnement individuel de 4 mois, entièrement personnalisé, qui permet de poursuivre le travail entre les séances grâce à un suivi, un carnet de bord, des ressources adaptées et une présence dans les moments où le quotidien remet parfois tout en mouvement.

Parce que certaines épreuves ne s'arrêtent pas lorsque les événements sont terminés.

Elles continuent parfois à vivre dans le corps.

Vous n'avez pas choisi ce que vous avez vécu.

Mais vous pouvez choisir de ne plus vivre comme si le danger était encore là.

C'est tout le sens de Traversée.

J'ouvre 4 places pour cette première édition, afin de pouvoir offrir à chaque personne le temps, la présence et la disponibilité qu'un accompagnement de cette profondeur demande.

📅 Début : septembre 2026

🌊 Toutes les informations sont disponibles ici :
www.frederiquemathy.com/traversee

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, je vous invite simplement à découvrir l'accompagnement. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'écrire. Nous prendrons le temps d'en parler.

28/07/2026

On peut enfin avoir un moment de calme…

… et sentir que le corps, lui, reste en alerte.

Comme s'il n'avait jamais reçu le message que le danger est terminé.

C'est de cette réalité qu'est née Traversée.

Un accompagnement pour aider à réguler le système nerveux, désensibiliser les traumatismes et retrouver progressivement un sentiment de sécurité intérieure.

🌊 Les inscriptions pour septembre sont ouvertes.

👉 https://www.frederiquemathy.com/traversee/

28/07/2026

Ce matin, je marchais dans ce parc que je connais presque par cœur.
Je connais ses chemins, ses arbres, ses oiseaux.
Et pourtant, aujourd'hui, je n'arrivais pas à marcher comme d'habitude.
Depuis plusieurs jours, je me demande si je dois publier.

Je n'ai pas envie de partager des images des incendies. Je sais à quel point elles peuvent sidérer des systèmes nerveux déjà surchargés.
Mais faire comme si rien ne se passait me semble tout aussi difficile.

Je mesure la chance que j'ai.
J'ai un toit.
Mes proches vont bien.
Mes animaux vont bien.

Alors je me demande quelle est la juste place.
Comment exprimer sa solidarité sans se mettre au centre ?
Comment ne pas détourner le regard sans ajouter encore de la détresse à la détresse ?

Je ne peux pas éteindre un incendie à des centaines de kilomètres.
Mais je peux choisir de ne pas rester indifférente.
Je peux continuer à prendre soin des personnes que j'accompagne.
Être attentive aux personnes autour de moi.
Prendre soin, aussi, de ce vivant qui m'entoure et auquel je suis profondément attachée.

Je crois que la solidarité ne se mesure pas seulement aux mots que l'on publie.
Elle se vit aussi dans les gestes, les choix et l'attention que l'on porte aux autres, chaque jour.

Aujourd'hui, mes pensées vont à toutes les personnes touchées par ces incendies.
❤️

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Zaventem
1932

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