07/06/2014
Maux de tête
DEFINITION
Le mal de tête ne se situe pas dans le cerveau mais est déclenché par la stimulation des nerfs qui se trouvent dans les structures entourant le cerveau. Cette stimulation peut causer différents types de maux de tête. La dilation des vaisseaux sanguins dans les méninges peut également constituer un facteur déclenchant. Sans oublier les extrémités nerveuses susceptibles d’éliminer des substances qui provoquent des réactions inflammatoires. Il existe plusieurs formes de maux de tête, qui requièrent chacune un traitement différent. Il est dès lors très important de poser le bon diagnostic. Pas moins de 96% de la population a de temps en temps mal à la tête, et 10% sont régulièrement touchés par l’une ou l’autre forme de céphalée, ce qui représente la plus grande cause d’absence de courte durée pour cause de maladie. La céphalée de tension et la migraine sont les formes les plus courantes. Les maux de tête ne sont généralement qu’un problème anodin, mais ils peuvent pour certains représenter un réel handicap ou être le signe d’une maladie grave.
Types de maux de tête
La classification des maux de tête ci-dessous découle de la classification établie par l’International Headache Society (IHS). Plusieurs des formes ci-dessous se présentent souvent en même temps.
Maux de tête courants:
° Céphalée de tension: régulière chez 10% des adultes et chez 0,9% des enfants. Cette forme de céphalée donne généralement l’impression d’avoir un bandeau trop serré autour de la tête. Les maux de tête commencent et disparaissent graduellement et peuvent être de courte ou de longue durée. Les muscles du crâne, de la nuque et des épaules sont aussi souvent douloureusement tendus.
° Migraine: elle touche chaque année 18% des femmes, 6% des hommes et 11% des enfants. Elle se manifeste par des martèlements modérés ou intenses d’un côté de la tête et s’accompagne presque toujours de nausées et/ou de vomissements. Les sujets supportent mal la lumière et le bruit. La durée d’une migraine varie d’un demi-jour à trois jours. Une crise est souvent précédée de ce que l’on appelle une aura (miroitements, motifs lumineux). Certaines personnes sentent des odeurs typiques juste avant la crise.
° Maux de tête quotidiens chroniques (céphalée induite moyenne) : durent plus de 15 jours par mois depuis plus de 6 mois.
° Céphalée vasculaire: se présente chez 1,6 homme sur 1.000 et chez 0,4 femme sur 1.000. Cette forme de céphalée se présente également sous forme de crises, mais celles-ci durent beaucoup moins longtemps (de quelques secondes à quelques minutes) et sont plus fortes qu’en cas de migraine. La douleur se situe au niveau des yeux et/ou de la tempe et ne passe pas en se reposant. Les crises se manifestent généralement par périodes mais peuvent aussi être chroniques. Ce type de céphalée est également surnommé « céphalée suicidaire ».
Maux de tête consécutifs à une maladie ou une affection:
° Infections virales comme la grippe
° Sinusite - Rhinite (écoulement nasal)
° Méningite - Problèmes dentaires
° Céphalée post-traumatique (survient dans les deux semaines qui suivent un traumatisme, persiste parfois encore après 8 semaines, douleur accablante constante dans toute la tête sans réaction aux antidouleurs, souvent accompagnée d’autres symptômes tels que vertiges, susceptibilité, dépression, problèmes de sommeil et de mémoire)
° Névralgie trigéminale (névralgie faciale unilatérale survenant par salves)
° Névralgie faciale atypique (douleur intense trouvant son origine dans le domaine dentaire, le domaine de l’otorhinolaryngologie ou le surmenage des muscles masticateurs)
° Artérite temporale (inflammation de l’artère temporale, souvent chez les personnes âgées)
° Affection des yeux comme le glaucome, l’iritis, les anomalies réfractives
° Hématome sous-dural, hémorragie sous-arachnoïdienne (hémorragie entre les méninges, chez les patients âgés et après un traumatisme)
° AIT/ACV ou attaque d’apoplexie
° Tumeur cérébrale (maux de tête le matin et en cas de hausse de tension, troubles de l’humeur et changements de la personnalité, signes de déficit neurologique, évolution progressive)
° Pré-éclampsie (femme enceinte souffrant de maux de tête non identifiés)
° Céphalée toxique et céphalée liée au métabolisme (en cas de cétoacidose, d’hypoglycémie, d’empoisonnement au CO, après un abus d’alcool, à savoir la fameuse gu**le de bois…)
° Céphalée découlant des effets secondaires de médicaments (comme les nitrates)
° Céphalée d’origine médicamenteuse (le recours à des médicaments contre les maux de tête peut entraîner une accoutumance, et la céphalée apparaît dès qu’on arrête les médicaments)
CAUSES
Les causes des maux de tête dépendent du type de céphalée, sont très divergentes et ne sont pour certains maux de tête pas toujours très claires. En cas de céphalée de tension, les muscles du crâne, de la nuque et des épaules sont souvent tendus. La migraine s’explique par divers facteurs divergents, mais on n’en connaît pas la cause réelle. Les troubles de la circulation sanguine seraient les principaux responsables. La migraine est plus courante dans certaines familles et est souvent liée à la tension, à la fatigue, au stress et aux réactions à certains produits alimentaires. Les fluctuations hormonales chez la femme peuvent également jouer un rôle. La maladie, un traumatisme, des efforts prolongés, un manque de sommeil, des problèmes de vue, des problèmes dentaires, des toxines et une mauvaise alimentation, des tumeurs, etc., peuvent également déclencher des maux de tête.
TRAITEMENT
APPROCHE CLASSIQUE
Le médecin exclura d’abord toute pathologie grave. La céphalée est ensuite principalement traitée au niveau symptomatique par le biais de la prescription de médicaments, allant des antidouleurs aux antiépileptiques, voire aux antidépresseurs (en petites doses). L’utilisation prolongée d’antidouleurs peut toutefois conduire à des maux de tête chroniques tel que décrit par Hering R et autres (dans Cephalalgia 1993;13:410-2).
APPROCHE OSTEOPATHIQUE
La céphalée est un trouble qui provoque des symptômes identiques chez différentes personnes, mais qui a souvent une toute autre cause. Le traitement de la céphalée est de ce fait différent pour chaque personne. L’ostéopathe professionnel ne traite pas la céphalée, mais la « personne qui souffre de céphalée ».
L’ostéopathe professionnel procède de manière très systématique pour déterminer le trouble, définir les causes possibles et élaborer un traitement. Il suit la procédure qui suit à cet effet.
Pour bien comprendre le fonctionnement de l’ostéopathie, penchons-nous sur les principes qui la régissent. Ceux-ci sont basés sur la connaissance appliquée de l’anatomie, de la physiologie et de la pathologie.
Le mouvement ! Tout ce qui se trouve dans l’organisme est en mouvement.
Des plaintes peuvent apparaître si ces mouvements sont perturbés.
Le corps fonctionne comme une unité. Le traitement ostéopathique tient compte de chaînes de cause à effet, ce qui fait que non seulement la zone problématique est traitée, mais aussi d’autres régions davantage responsables de la plainte.
La structure et la fonction sont indissociablement liées. Si la structure présente un problème, la fonction, c’est-à-dire le mouvement, rencontrera également des difficultés. À l’inverse, si le patient subit pendant longtemps des troubles fonctionnels (et utilise mal ses articulations, par exemple), la structure (de ces articulations) en pâtira.
L’organisme dispose de mécanismes autorégulateurs. Il a en d’autres termes un pouvoir d’auto-guérison.
La règle de l’artère est un principe important. En cas de mauvaise irrigation sanguine, l’apport de nouvelles substances nutritives est faible et les déchets ne sont pas bien évacués. De ce fait, une région atteinte ne peut pas guérir convenablement. On parle d’une vitalité perturbée ou d’un trouble trophique dans une région. L’ostéopathie est très certainement utile lorsqu’il n’y a pas de lésions structurelles graves ou lorsque celles-ci sont guéries mais que la plainte subsiste. L’ostéopathie n’est pas une ‘médecine alternative’ au sens de ‘de remplacement’. Il s’agit d’un traitement fonctionnel complémentaire à d’autres thérapies.
L’approche ostéopathique est donc holistique (tout voir comme un ensemble) et aussi causale que possible.
Chaque consultation ostéopathique débute par une anamnèse (questionnaire) explorant tous les aspects susceptibles d’être liés aux plaintes, de sorte à pouvoir se faire une idée correcte du traumatisme, de la gravité de celui-ci et des conséquences possibles. L’ostéopathe retrace autrement dit l’historique et l’évolution du problème. De cette manière, les chaînes de cause à effet peuvent beaucoup plus facilement être retrouvées.
Après l’anamnèse, l’ostéopathe professionnel procède d’abord à une série de tests de sécurité (tests de contre-indication) en vue d’exclure toute contre-indication à un traitement (p. ex. une côte fracturée conséquente à une chute ne peut pas être traitée localement). Il effectue ensuite des tests de provocation (il palpe la zone douloureuse) afin de détecter la structure responsable de la douleur.
L’ostéopathe professionnel procède ensuite à un examen clinique de tout le corps à la recherche d’une perte de mobilité. Cet examen informe le praticien de toutes limitations éventuelles dans l’organisme susceptibles d’être la cause des maux de tête. Cette perte de mobilité peut se présenter dans tous les tissus possibles du corps : os, muscles et articulations, organes, crâne et méninges (fascia). Une plainte peut avoir des causes locales et des causes plus éloignées (une chaîne qui part d’un autre endroit et qui cause la céphalée), qui doivent être détectées.
Après l’anamnèse et l’examen, l’ostéopathe professionnel examine si les problèmes de mobilité découverts peuvent avoir un rapport avec les maux de tête. Si tel est le cas, un traitement est entamé. Le traitement ostéopathique ne consiste pas à lutter contre les symptômes mais seulement à supprimer les pertes de mobilités découvertes. L’ostéopathe professionnel dispose à cet effet de toute une série de techniques manuelles. Celles-ci peuvent avoir une intensité très différente et être adaptées au patient, mais elles sont toujours directement appliquées sur le corps, sans recours à des moyens techniques. La mobilité améliorée après le traitement offre à l’organisme la possibilité de se rétablir, ce qui conduit généralement à la disparition des plaintes.
L’ostéopathie peut en général apporter une réelle contribution au traitement des maux de tête et ce, certainement lorsque le problème est de nature fonctionnelle. Le traitement se situe à quatre niveaux : mécanique, neurologique, vasculaire et métabolique. Le principe de base se rapporte bien entendu à la mécanique.
Niveau mécanique
En partant du principe que l’organisme est un ensemble indissociable et que les articulations ne bougent pas de façon solitaire, l’ostéopathe contrôle toutes les articulations ayant une relation mécanique directe ou indirecte avec la céphalée. La dynamique du crâne, la mobilité de la nuque, les muscles de la nuque et des épaules, les méninges et l’enveloppe de la moelle épinière sont, entre autres, traités.
Niveau neurologique
L’ostéopathe professionnel traite la sur-stimulation du système nerveux et des trajets nerveux spécifiques qui jouent un rôle dans le transport de l’information de la douleur et dans la contraction et la dilatation des vaisseaux sanguins à l’intérieur du crâne. L’information de la douleur passe principalement par le cinquième nerf cervical (N. Trigeminus) et le nerf occipital (N. Occipitalis Major). Ces trajets peuvent être sur-stimulés par des limitations de mouvement mécaniques dans les vertèbres cervicales supérieures et à la base du crâne. La contraction et la dilatation des vaisseaux sanguins sont régulées par le système nerveux végétatif. Le système nerveux végétatif est précisément l’un des principaux instruments de l’ostéopathe professionnel.
Niveau vasculaire
Les vaisseaux sanguins passent uniquement dans les membranes (fascia). L’ostéopathe professionnel est en mesure de détecter et de traiter les limitations de mouvement dans ces membranes. L’irrigation sanguine dans le crâne est ainsi optimalisée. Etant donné que les céphalées sont souvent liées à des problèmes de circulation sanguine, ce traitement peut être judicieux pour remédier aux maux de tête.
Niveau métabolique
L’ostéopathe professionnel prendra également les facteurs métaboliques en considération. Il est généralement connu que le foie et la vésicule biliaire, ainsi que le système hormonal, peuvent avoir une grande incidence sur les céphalées.