07/06/2026
Un métier ne se résume pas à quelques cas.
Au cours des derniers jours, plusieurs personnes m'ont contactée pour me demander ce que je pensais des récents reportages concernant les thérapeutes en relation d'aide. J'ai choisi de prendre un peu de recul avant de répondre publiquement.
D'abord, parce que les personnes qui cherchent de l'aide méritent mieux qu'une réaction à chaud. Ensuite, parce que je crois qu'au-delà des manchettes, cette situation soulève une question essentielle :
Comment choisir l'accompagnant dans une période de vulnérabilité?
Je comprends les préoccupations exprimées dans les médias. Lorsqu'il est question de santé psychologique, il est normal que le public souhaite être rassuré. La protection des personnes qui consultent doit toujours demeurer notre priorité.
En même temps, je crois qu'il est important d'éviter les amalgames.
Aucun métier n'est à l'abri d'erreurs de jugement ou de pratiques qui doivent être remises en question. Lorsque cela arrive, il est sain que des questions soient posées et que les mécanismes d'encadrement soient examinés.
Là où je crois que la conversation doit aller plus loin, c'est dans notre capacité à distinguer une métier des comportements de certains individus.
Comme dans plusieurs domaines, tous les thérapeutes en relation d'aide n'ont pas le même parcours, les mêmes exigences de formation, le même encadrement ni les mêmes obligations déontologiques. Pourtant, aux yeux du public, ils portent souvent le même titre.
Pour ma part, j'ai choisi une formation exigeante de plus de 1 250 heures, comprenant un important travail sur soi, de la pratique supervisée, de la supervision, de la formation continue ainsi qu'un engagement envers un code d'éthique. Mais au-delà des heures de formation, je crois profondément qu'un bon thérapeute est avant tout quelqu'un qui connaît les limites de sa pratique et qui sait référer lorsqu'une situation nécessite l'expertise d'un psychologue, d'un psychothérapeute, d'un médecin ou d'un autre acteur de la santé.
C'est pourquoi j'aimerais inviter toute personne qui entreprend une démarche d'aide à poser quelques questions simples avant de choisir un.e thérapeute en relation d'aide :
• Quelle est sa formation?
• Combien d'heures de formation a-t-il complétées?
• Son travail est-il supervisé?
• Est-il membre d'un organisme qui encadre sa pratique?
• Est-il tenu de respecter un code d'éthique?
• Poursuit-il de la formation continue?
• Reconnaît-il les limites de son champ de compétence et réfère-t-il lorsque nécessaire?
Ces questions sont importantes. Parce qu'au-delà d'un titre, c'est la compétence, l'éthique, l'humilité et la qualité de l'accompagnement qui font toute la différence.
Je souhaite sincèrement que les discussions des derniers jours deviennent une occasion de mieux informer le public plutôt que d'alimenter les généralisations.
La relation d'aide est un privilège. Chaque personne qui franchit la porte d'un bureau nous confie une partie de son histoire. Cette confiance se mérite chaque jour, par la rigueur, l'intégrité et le profond respect de la personne que nous accompagnons.
C'est avec cette conviction que je poursuis mon engagement auprès des personnes qui choisissent de marcher un bout de chemin avec moi.
Victoria Cruz
TRAᴹᴰ – Thérapeute en relation d'aide
Membre de la CITRAC