03/13/2021
4e extrait non édité - Les racines de mon arbre
Chapitre 2
Mariages et premiers peuplements du Canada (le Canada d'origine un siècle avant la dépossession culturelle par les anglais)
Pierre Tousignant- Lapointe et Marie Madeleine Philippe
C’est donc le 17 octobre 1668 à Québec, que Pierre Tousignant dit Lapointe prendra pour épouse, Marie Madeleine Philippe, fille du roi, fille de Nicolas Philippe et de Marie Cirier de Saint-Étienne-du-Mont, 5ème arrondissement de Paris, Île-de- France. Étaient présents au mariage, deux soldats démobilisés de la compagnie Berthier du régiment de l’Allier, rattaché au régiment de Carignan-Salières, soit François Couillard et Michel Goron dit Petitbois. D’ailleurs, ce fut un triple mariage, car ils se sont tous mariés le même jour, agissant comme témoins les uns les autres.
On ne sait pas comment vécurent le couple durant les 5 années suivantes, jusqu’au 10 avril 1673, alors que leurs noms nous revient en rapport à une chicane de voisin : À la requête de Pierre Tousignant et Marie-Madeleine Philippe, le Conseil souverain condamnait «Michel Goron dit Petitbois prisonnier ez prisons de cette ville (Québec) deffendeur et accusé d’avoir exédé ez coups la dicte femme, à payer la somme de six vingt livres à eux adjugés par provision comprise, à payer en outre ce qui sera deub au chirurgien qui a pensé et médicamenté la dicte femme. Et vingt livres envers le Roy et aux dépenss ». Et plus de cette sentence le coupable recevait l’avertissement de ne plus récidiver. On verra plus t**d que la descendance de Goron dit Petitbois est intimement liée à l’arbre des Tousignant et Mailhot.
En 1674, Tousignant possédait une terre de trois arpents de front par quarante de profondeur à Grondines sur la rive-nord du fleuve St-Laurent, qu’il échangera avec François Duclos contre une terre de deux arpents de front par quarante de profondeur située à Batiscan. Ce village voisin est situé sur les bords du Saint-Laurent, à l’embouchure de la rivière Batiscan. Ce nom est d’origine Montagnais et voudrait dire : nuée légère. C’est à cet endroit même où eurent lieu ces terribles glissements de terrain liés au séisme une dizaine d’années auparavant.
Les Jésuites, le 17 septembre 1674, lui remettront le titre de concession d’une terre de deux arpents de front par quarante de profondeur à Batiscan. Trois ans plus t**d, il la revendra.
Le 11 Octobre 1677, Pierre Tousignant et Madeleine Philippe vendent à Pierre Morand, un jeune Auvergnat qui vient de s’établir à Batiscan, une concession de deux arpents sur quarante avec bâtiments et dépendances, face au grand chemin qui longe le fleuve, pour la somme de 650 livres, payée en castor dès le lendemain, en la maison de François Chorel de Saint-Romain. Ils iront s’établir par la suite sur une terre située en la seigneurie de Lotbinière, sur la rive-sud.
Au recensement de 1681, en la seigneurie de Lotbinière, Pierre Tousignant est dit âgé de 40 ans, sa femme Madelaine Philippe, 30 ans; ils ont alors 5 enfants: Marguerite, 10 ans; Madelaine, 8 ans; Jean-Noël, 5 ans; Michelle, 2 ans; Marie, 6 mois. Le couple possède un fusil, trois bêtes à cornes et six arpents de terre en valeur. Les voisins immédiats sont Michel Hébert dit Laverdure et Jean Daniau.
Le 13 novembre 1686, le Sieur René Louis Chartier de Lotbinière lui concède une terre de quatre arpents sur trente en ladite seigneurie de Lotbinière, par devant Sieur Pierre Duquet de la Chenaye.
Parlant de Pierre Tousignant, de Michel Hébert, de Jean Daniau et de Jean Chastenay dit La Guigne, l’abbé Louis Paradis note: « Ces quatre colons forment le premier groupe établi depuis la rivière du Chesne en allant vers l’est. En confrontant les données du recensement de 1681 avec la carte de Couagne , l’on arrive forcément à la conclusion que ces quatre terres occupées en 1681 étaient situées près du Bois-des-Hurons. Il semble également acquis qu’en 1681 le reste du territoire de Lotbinière jusqu’à environ dix arpents à l’ouest du Domaine Seigneurial n’était pas encore concédé.
De 1687 à 1714, plusieurs engagements, obligations et quittances seront contractés en son nom et celui de son épouse. Le 31 mai 1714, avec l’assentiment de sa femme, ils font don de leur terre à leur fils aîné Jean-Noël, à condition qu’il paie 150 livres qu’ils doivent à certains particuliers et qu’il prenne soin d’eux jusqu’à leur décès.
Pierre Tousignant dit Lapointe décède après la donation de sa terre en date du 31 mai 1714. Son acte de sépulture est perdu, mais il est probable que sa dépouille mortelle ait été ensevelie dans le petit cimetière de la Rivière du-Chesne, là où reposent les premiers colons du Bois-des Hurons. Quant à Marie-Madeleine, elle sera inhumée à Lotbinière, le 9 janvier 1724, à 73 ans. Le couple aura mis au monde 8 enfants, dont l’ancêtre direct, Noël.
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Prochain extrait : Les colons René Maillot et Marie Chapacou