08/12/2026
Quand la pensée devient une crise
Il y a beaucoup de controverse autour de mes publications sur le su***de. Alors, j’aimerais dire quelque chose qui peut sembler contradictoire au premier abord.
Oui, le su***de peut être impulsif, même lorsque les pensées suicidaires sont présentes depuis des années.
On imagine souvent le su***de comme une décision soigneusement planifiée qui apparaît soudainement, comme si tout commençait le jour où la personne passe à l’acte.
Mais pour plusieurs personnes qui souffrent, les pensées peuvent être présentes en arrière-plan pendant des mois, voire des années… pendant qu’elles continuent de vivre, de travailler, d’aimer, de sourire et d’essayer de survivre.
La partie impulsive, ce n’est pas nécessairement l’existence de la pensée.
C’est souvent le moment où la personne passe à l’action.
Une personne peut se battre contre des pensées suicidaires pendant dix ans sans jamais passer à l’acte.
Puis arrive une journée particulièrement difficile.
Une perte.
Une rupture.
Un échec.
Une mauvaise nouvelle.
Un sentiment d’être complètement sans issue.
Ou simplement une vague de souffrance émotionnelle devenue trop intense à supporter.
Et soudain, une crise survient.
Les pensées étaient chroniques.
Le geste, lui, peut être impulsif.
C’est aussi pourquoi je crois qu’il est important de parler de la différence entre vouloir mourir à cause d’une douleur physique chronique et vouloir mourir parce qu’une maladie affectant le cerveau provoque une douleur émotionnelle chronique.
Et quand je parle de « maladie du cerveau », je ne dis absolument pas ça comme une insulte.
Je le dis pour nous aider à comprendre quelque chose qu’on oublie trop souvent :
Le cerveau est un organe.
Tout comme le cœur.
Tout comme les poumons.
Tout comme n’importe quelle autre partie de notre corps.
Et les organes peuvent tomber malades.
Lorsqu’une personne souffre d’un cancer, on comprend que la maladie peut être traitable, contrôlable, chronique ou parfois terminale.
On ne blâme pas la personne parce qu’elle est malade.
Mais lorsque l’organe qui souffre est le cerveau, notre façon de regarder la souffrance change encore trop souvent.
La dépression.
Le trouble bipolaire.
L’anxiété sévère.
Le trouble de stress post-traumatique.
Et plusieurs autres maladies mentales peuvent provoquer une souffrance profonde et incessante.
Ce n’est pas une douleur imaginaire.
Ce n’est pas un manque de volonté.
Ce n’est pas de la faiblesse.
C’est une vraie douleur.
Une douleur qui peut devenir chronique.
Une douleur qui peut brouiller l’espoir, déformer la perception de soi et empêcher une personne de voir un avenir devant elle.
Ça ne veut pas dire que toutes les maladies mentales sont terminales.
La grande majorité ne le sont pas.
Des milliers de personnes se rétablissent. Elles trouvent un traitement qui leur convient. Elles reçoivent de l’aide. Elles reconstruisent leur vie. Elles retrouvent des raisons de rester.
Mais on ne pourra jamais avoir une conversation honnête sur le su***de si on refuse de reconnaître que la souffrance du cerveau peut être aussi réelle, aussi intense et aussi dévastatrice que la souffrance ailleurs dans le corps.
Comprendre cette réalité, ce n’est pas encourager le su***de.
C’est encourager la compassion.
C’est comprendre qu’une personne qui souffre n’est pas brisée.
Elle n’est pas égoïste.
Elle ne cherche pas nécessairement l’attention.
Elle souffre.
Et si on veut réellement prévenir le su***de, il faut commencer à parler de la maladie mentale avec la même honnêteté, la même humanité et la même empathie que lorsqu’on parle d’une maladie physique.
Parce que derrière certaines personnes qui disent « ça va » se cache parfois quelqu’un qui se bat pour simplement passer à travers sa journée.
Alors, si quelqu’un autour de toi change, s’isole, semble épuisé, perd espoir ou te dit qu’il n’en peut plus…
Ne minimise pas ses mots. Ne juge pas sa souffrance. Ne détourne pas les yeux.
Pose la question.
Écoute.
Reste là.
Parce qu’une conversation peut sembler minuscule pour celui qui la commence…
mais pour quelqu’un qui est au bord du gouffre, elle peut devenir la raison de rester encore un jour.
💜🩵 Parlons-en. Sans jugement. Sans honte. Avant qu’il soit trop t**d.
- Guillaume 💚💛
***de