08/11/2026
Premier Mile / 1.61 km: A. Âme-Morse
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À nous qui cherchons encore à décoder ce que nous ressentons.
Et à être compris·es dans la grandeur de notre unicité.
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Sentiment d’urgence
Ce livre s’ouvre sur un sentiment d’urgence.
L’urgence de sauver trois vies par jour au Québec.
L’urgence de ne plus faire semblant,
de ne plus camoufler la souffrance sous des diagnostics rigides,
des traitements uniformes,
des cases sans âme.
L’urgence de remettre l’humain au cœur des décisions qui prétendent le soigner,
de replacer la Nature au centre des cycles guérisseurs,
et de troquer l’imposition pour le libre-choix.
La solution n’est pas d’ajouter des couches de contrôle déshumanisant,
mais d’oser réformer des systèmes devenus rigides, impersonnels,
essoufflés par leur propre besoin de conformité, d’étiquettes et de gestion de façade.
Il est temps de décoder les signaux faibles.
Les cris silencieux ou audacieux.
Les élans brisés.
Ce chapitre ne cherche pas à convaincre.
Il cherche à nous réveiller.
Et à tendre la main — en morse, en cœur, en mots —
à toutes les âmes sensibles dont le cœur et les ailes battent encore un peu avec espoir.
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Fin d’été…
21 août 2021 : première de quinze hospitalisations au Pavillon Dominique-Bédard de l’Hôtel-Dieu de Lévis.
Quinze traumatismes profonds.
Quinze tentatives, maladroites — et je veux croire, inconscientes — de me «protéger» et de me «soigner».
De me traiter.
De m’éteindre.
Quinze efforts pour faire entrer
un cœur battant et étincelant
dans une cellule de prison terne.
Pour me robotiser.
Me geler.
Me « réparer »…
Plutôt que de chercher à comprendre la source du mal-être.
Plutôt que de m’aider à me propulser avec élans.
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Fait d’hiver…
Il s’appelait Martin Gagnon.
C’était l’un des meilleurs amis et ex-colocataire d’un ancien amoureux.
Un être précieux.
Je ne l’ai croisé qu’une seule fois, je crois.
Juste assez pour être touchée.
Un soir de je ne sais plus quelle saison, nous avons joué à Mystérium.
Il incarnait le fantôme.
Avec une présence tranquille, fine, douce, presque magnétique.
Plus t**d, j’ai appris qu’il avait reçu le même diagnostic que moi :
Maladie Affective Bipolaire de type 1.
Et qu’il était mort tragiquement… injustement.
C’était dans la nuit du 26 au 27 décembre 2016.
J’étais endormie auprès de mon amoureux de l’époque,
lorsqu’il a tenté de le joindre, vers 1 h 50 du matin…
Ce bout-là est flou, et nous n’en avons jamais vraiment reparlé.
Nous dormions profondément, j’imagine…
Comme Martin aurait eu besoin de dormir, lui aussi, cette nuit-là.
Peut-être…
Une intervention policière.
Une détresse mal comprise.
Sept tirs.
Un départ brutal.
Les médias ont parlé d’un homme en crise.
En « psychose », disaient-ils.
D’un forcené.
D’un danger.
Mais ce que moi, je garde en mémoire,
c’est le souvenir d’un regard calme.
D’une humanité palpable.
Et les mots doux partagés à son sujet par quelqu’un qui l’aimait profondément.
Un ressenti sincère, aussi confirmé par plusieurs proches et ami·es.
Je n’ai pas besoin des détails pour ressentir la perte.
Je n’ai pas besoin des faits pour savoir que quelque chose aurait pu être fait autrement.
Ce chapitre, je l’écris pour lui.
Pour sa mémoire.
Pour cette affection que j’ai ressentie malgré la brièveté du lien.
Et pour ce que son histoire m’a appris :
qu’un monde qui ne sait pas comment accueillir la sensibilité
finit par être la source des blessures.
Et que nous ne pouvons pas soigner ce que nous ne prenons pas le temps de comprendre.
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Finale — Pour sa Grande Vie, et les nôtres
Et peut-être qu’en l’écrivant ainsi,
je tends la main à son souvenir,
à ce qu’il reste de lui dans nos cœurs.
Qu’il sache qu’il a compté.
Qu’il n’était pas un cas, ni un chiffre,
mais un être vibrant, aimé, aimant.
Et que même sa mort — tragique, absurde, inacceptable —
porte désormais un sens :
celui de nous réveiller.
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Et si la vraie urgence était là?
Nous vivons dans une société menée par la peur.
Peur du désordre.
Peur de la différence.
Peur de ne pas comprendre, de ne pas savoir quoi faire.
Et cette peur, nourrie par les médias, les institutions, les automatismes de protection,
se transforme en contrôle.
Un contrôle qui finit par étouffer, geler, violenter.
Mais l’Amour, lui, ouvre.
L’Amour écoute.
L’Amour ralentit et regarde.
Lorsque nous percevons la souffrance comme une menace,
c’est la peur qui prend les commandes.
Et lorsque la peur devient le moteur de nos systèmes,
l’Amour se perd en chemin…
Nous pouvons faire autrement.
Nous avons ce pouvoir.
Et nous devons le choisir, ensemble.
Pour Martin.
Pour celles et ceux que nous n’avons pas su comprendre à temps.
Pour toutes les personnes encore vivantes, encore vibrantes.
Et pour les enfants sensibles que nous voulons protéger autrement.
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🎵 Quand les hommes vivront d’amour… 🎤
Ces mots, écrits par Raymond Lévesque, résonnent encore aujourd’hui comme un chant collectif,
un rêve lucide et tendre d’un monde où l’Amour guiderait les décisions, les gestes, les soins.
Ce rêve, nous sommes nombreuses et nombreux à l’avoir chanté, habité, incarné.
Parmi nous, des artistes, des soignant·es, des poètes, des militant·es, des ami·es,
et des inconnu·es qui refusent d’oublier l’essentiel.
Des voix comme celles de Raymond Lévesque ou d’Yvon Deschamps,
qui ont su nommer l’injustice et révéler l’humanité avec tendresse ou vérité crue.
Car c’est l’Amour, pas la peur,
qui sauve.
Qui rassemble.
Qui soigne.
Et qui rend la vie grande,
même dans ses plus petits élans…
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= L’A M O U R
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