06/05/2026
🚨Quand on s'inquiète pour la conduite automobile d'un proche
Parler de conduite automobile avec un proche vieillissant est probablement l'une des conversations les plus difficiles que plusieurs familles auront à avoir.
Pour les proches, cette réflexion peut être chargée d'émotions, en autre puisque, derrière l'inquiétude pour la sécurité, se cache parfois la crainte de ce qui pourrait suivre. Si la conduite doit être réduite ou éventuellement cessée pour un de nos proches, cela peut signifier davantage d'accompagnement pour les rendez-vous, les courses, les activités sociales ou les déplacements du quotidien.
Plusieurs aidants réalisent alors qu'ils pourraient devoir jouer un rôle encore plus important dans le maintien de l'autonomie de la personne qu'ils aiment.
Bien souvent, les familles me disent :
« Je ne sais plus si je m'inquiète pour de bonnes raisons. »
« Je ne veux pas lui enlever son permis, c'est son autonomie. »
« J'ai peur qu'il arrive quelque chose, mais je ne sais pas comment lui en parler. »
« Je sais que si elle ne conduit plus, je vais devoir être beaucoup plus présente. »
Si vous vous reconnaissez dans ces réflexions, sachez que vous n'êtes pas seul.
❔Une question que j'invite parfois les proches à se poser est la suivante :
« Serais-je à l'aise que mes enfants embarquent seuls dans la voiture avec cette personne aujourd'hui? »
Cette question n'apporte pas une réponse définitive, mais elle aide souvent à clarifier le niveau réel d'inquiétude que l'on ressent.
Si la réponse est hésitante ou si elle est clairement non, il peut être pertinent d'aller explorer davantage la situation.
Cela ne signifie pas automatiquement que la personne n'est plus sécuritaire au volant. Cela signifie simplement qu'il y a peut-être matière à mieux comprendre ce qui se passe.
Lorsque vient le temps d'aborder le sujet, il est souvent préférable :
• de parler de ses inquiétudes plutôt que de porter un jugement;
• de décrire des situations concrètes observées plutôt que de généraliser;
• de choisir un moment calme, loin d'un incident ou d'une dispute;
• d'adopter une posture de collaboration plutôt que de confrontation.
Par exemple :
« J'ai remarqué que tu semblais plus stressé lors de nos derniers déplacements. Je me demande comment toi tu vis ça. »
ou
« J'ai observé quelques situations qui m'ont inquiété récemment et j'aimerais qu'on en parle ensemble. »
🔵Et surtout, n'attendez pas nécessairement qu'un accident survienne avant d'en discuter.
Parfois, une simple conversation permet déjà d'ouvrir une réflexion.
Lorsque les inquiétudes persistent, plusieurs ressources peuvent également aider à mieux comprendre la situation :
• le médecin de famille ou l'équipe traitante;
• un professionnel de la santé impliqué auprès de la personne;
• une évaluation fonctionnelle lorsque celle-ci est indiquée;
• les organismes de soutien aux proches aidants qui accompagnent fréquemment les familles dans ces démarches.
S'inquiéter pour la sécurité d'un proche ne signifie pas vouloir lui retirer son autonomie.
Souvent, cela signifie simplement vouloir préserver ce qui compte le plus : sa sécurité, celle des autres usagers de la route et sa qualité de vie.
Et si la conduite doit éventuellement être modifiée ou cessée, cela ne signifie pas nécessairement la fin de l'autonomie. Plusieurs solutions existent pour continuer à participer aux activités importantes du quotidien. Demain, nous explorerons les différentes alternatives qui permettent de demeurer actif, engagé et mobile, même lorsque la voiture n'est plus une option.