08/14/2026
Si l’objectif est véritablement d’informer la population sur l’accès aux soins, il faut regarder l’ensemble du portrait - pas seulement la proportion de rendez-vous offerts avant ou après 15 h.
Cette donnée ne permet pas, à elle seule, de mesurer le travail accompli par les médecins de famille ni la capacité réelle du système à répondre aux besoins de la population.
À Montréal, les médecins de famille prennent en charge des patients dans une multitude de milieux : cliniques de première ligne, hôpitaux et urgences, soins à domicile, CHSLD, soins critiques, obstétrique, soins palliatifs, enseignement, recherche et auprès de populations particulièrement vulnérables, entre autres.
Et malgré cette contribution essentielle, il manque présentement 400 médecins de famille à Montréal. À l’échelle du Québec, la pénurie dépasse 2 000 médecins de famille.
La relève est tout aussi préoccupante. Cette année, plus de 100 postes de résidence en médecine familiale sont demeurés vacants au Québec.
Alors, le problème est-il simplement que les médecins de famille n’offrent pas suffisamment de rendez-vous « en heures défavorables »?
Non.
L’accès aux soins, c’est aussi la continuité.
C’est la qualité.
C’est la complexité des patients.
C’est le travail effectué en dehors des rendez-vous.
C’est aussi tout le travail moins visible qui permet de prendre soin des patients.
Pour améliorer durablement l’accès, il faut s’attaquer aux vraies causes : plus de médecins de famille, de meilleures conditions de pratique, davantage de ressources interdisciplinaires, une organisation plus efficace des soins et une véritable valorisation de la médecine familiale.
Mesurer l’accès, oui. Le réduire à une seule statistique, non.
Collège des médecins du Québec Spotted : Soigner au Québec