09/09/2026
Le silence n’est finalement pas ce qui m’a le plus marquée.
Je reviens de quelques jours de retraite en silence. Je m’y suis inscrite par curiosité, malgré toutes les pratiques qui font déjà partie de ma vie.
Il y avait beaucoup de méditation, du breathwork, une alimentation ayurvédique, un cadre très structuré. Et oui, du silence.
Mais ce que je retiens dépasse largement le fait de ne pas parler.
Pendant quelques jours, presque toute l’énergie habituellement dirigée vers l’extérieur pouvait rester avec moi.
Pas de conversation à entretenir. Pas besoin de répondre. Pas même ce petit réflexe de sourire lorsqu’on croise quelqu’un.
Rien à expliquer. Rien à donner socialement.
Et j’ai réalisé à quel point notre attention quitte constamment notre espace intérieur pour répondre à la vie autour de nous.
Ce n’est pas mauvais. C’est la vie.
Mais quand presque tout ça s’arrête, quelque chose devient très perceptible.
Le mental se dépose autrement. Le corps aussi. Et l’énergie qui n’est plus continuellement dispersée devient disponible.
Je suis revenue avec un calme profond, mais surtout avec plus d’énergie et plus d’espace à l’intérieur.
Pendant longtemps, j’ai entendu « revenir à la maison à l’intérieur de soi » et, franchement, je trouvais ça un peu quétaine.
Je commence à comprendre.
Peut-être qu’il s’agit simplement de créer suffisamment d’espace pour sentir ce qui est là lorsque tout le reste arrête momentanément de prendre toute la place.
La vie extérieure continuera de demander beaucoup.
Alors avoir des espaces où, pendant un moment, rien n’est attendu de nous devient précieux.
Déposer le bruit. Déposer ce que le corps porte. Laisser l’attention revenir vers ce qui se passe à l’intérieur.
Pas pour fuir la vie.
Pour retourner dans cette même vie avec davantage de présence pour l’habiter.
Je crois que c’est ce que je ramène avec moi.
Et ça me donne encore plus envie de continuer à créer ces espaces.