11/30/2025
L’hécatombe se poursuit.
Pas moins de 36 médecins ont officiellement remis leur démission dans la grande région de l’Outaouais, depuis début novembre seulement.
TVA, 29 novembre 2025
Crise de la santé: l'hôpital de Maniwaki tient avec de la broche
L’hôpital de Maniwaki tient tellement avec de la broche qu’une des urgentologues craint pour la santé de ses proches.
«Je reste par solidarité pour ma famille et celle de mon chum. S’il arrivait un souci de santé à mes parents, je ne me le pardonnerais pas», confie la Dre Samantha Thonnard Karn.
Depuis 2019, elle fait trois heures de route trois jours par semaine en moyenne entre sa résidence à Gatineau et l’hôpital de Maniwaki. Elle a choisi d’y pratiquer parce qu’elle a grandi dans cette petite ville de 3700 habitants de la Vallée-de-la-Gatineau.
Mais le manque de ressources croissant accentue un peu plus chaque jour son sentiment d’impuissance. Elle craint que l’adoption de la loi 2, qui accélère l’exode du personnel, soit «le clou dans le cercueil» pour son hôpital.
Pas moins de 36 médecins ont officiellement remis leur démission dans la grande région de l’Outaouais, depuis début novembre seulement.
«Je ne blâme pas les collègues de partir, dit-elle. On ne veut pas être les derniers sur un bateau qui coule.»
Iniquité géographique
La Dre Thonnard Karn relate le cas d’un homme arrivé à l’urgence durant l’été avec une lacération complexe de la main, une fracture ouverte causée par une morsure de chien.
Seule, sans chirurgien plasticien, elle savait qu’elle ne pouvait rien pour lui et devait obtenir son transfert à Montréal. Finalement, à son plus grand soulagement, le patient était un touriste ontarien et a pu être déplacé à Ottawa.
«C’est terrible que la qualité des soins que tu reçoives dépende de ton origine géographique. C’est injuste», déplore-t-elle.
Seul au monde
Le Dr Guillaume Charbonneau, le président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’Outaouais, qui pratique lui aussi à Maniwaki, confirme qu’exercer dans cet hôpital est «extrêmement difficile».
«Tu es seul au monde, mais avec la même gravité des cas qu’à Montréal», dit-il.
«C’est souvent arrivé dans les 20 dernières années où je sois obligé de dire au médecin qu’à partir de 20h, il n’y a plus d’accès à la radiologie ou au laboratoire [par manque d’employés], alors que la salle d’attente est pleine», illustre-t-il.