08/01/2026
8 heures dans un char avec ma fille pour rentrer à la maison ça offre du temps. Pas n’importe quel temps : un temps précieux, ponctué de silences de qualité, de rires, de larmes, de contemplations, de constats, de surprises.
Habituellement, quand je passe 8 heures complètes à ses côtés, c’est au bout d’une semaine. Et encore, je ne suis pas toujours disponible, accessible, réceptive. Elle non plus. Certainement parce que nos rythmes de vie sont un peu fous.
Mais en vacances, c’est différent. On ralentit. On s’observe attentivement et on s’écoute activement. Ainsi, sur la route le jour de ses 16 ans, Juliette m’a offert un merveilleux cadeau : elle a ouvert son coeur, s’est mise à nu, vulnérable devant mes oreilles et mes yeux ébahis.
Elle ne s’en est pas rendue compte, du moins je crois, qu’en ce jour d’anniversaire de naissance, c’était aussi un peu le mien. Celui d’une maman « prise 2 ».
Et pendant que les paysages de Mauricie, dont la splendide rivière Saint-Maurice, défilaient sous nos yeux, Marilou, mon aînée, ouvrait le chemin devant nous. Seule dans son auto, autonome et presque indépendante 😉 avec moi en arrière qui était bien rassurée de l’accompagner sur les chemins forestiers interminables et cabossés.
Je vous partage ceci car hier, j’ai pris le temps de mesurer ma chance. Celle d’avoir mis au monde deux êtres uniques que j’aime plus que tout. Eh oui, parfois on se chicane, on se tape sur les nerfs, on a envie d’être seules pour mieux respirer. Mais quand on crée des moments comme ceux d’hier, le temps semble s’arrêter pour nous offrir ce qu’il a de plus beau : un espace d’échange entre humains qui s’aiment profondément.
Alors j’ai bu chacune de ses paroles. J’ai écouté chacun de ses doutes, répondu au mieux à chacune de ses questions. On a chanté de la KPop même si je ne connaissais pas les paroles. Elle m’a confié ce qu’elle avait plus de difficulté à réaliser dans sa vie d’ado. Elle a tenté de m’expliquer, avec tant de délicatesse et de maturité, ses peurs. Et elle m’a raconté ses rêves. Moi, je l’ai encouragée à les poursuivre. Je me suis aussi excusée de certaines choses qui l’ont profondément impactée. Je lui ai donné des conseils quand elle en avait besoin. Souvent, je ne disais rien car c’était son moment d’expression.
Aujourd’hui je suis fatiguée de la longue route, mais mon cœur est gonflé à bloc. Je regarde Juliette se préparer pour aller au festival d’Orient et je souris. Ma grande, elle, est partie de son côté voir sa meilleure amie. La vie reprend son rythme, avec toutefois un petit quelque chose de différent : l’impression que je les connais un peu plus encore et surtout que tout ira bien.
Amitiés, Marion ###