06/02/2024
Trop souvent, nous oublions une partie de nous. Pour plusieurs bonnes raisons. Et par la suite, le temps passe… Les engagements, les priorités et les imprévus prennent de plus en plus de place et nous mettons de côté ces petits bouts de nous. Et petit à petit, nous nous perdons.
L’été dernier je me suis fait opéré la main. Je n’ai pas pu faire du vélo. Et je n’en ai fait ni à l’automne ni au printemps. J’ai priorisé la course parce que c’était plus simple, plus rapide à mettre dans l’horaire familial et parce que j’avais des engagements (L’Utra de Leucan et les différentes courses en Trail). Et le temps a passé … Rapidement. Comme il passe toujours. Je n’avais donc pas rembarqué sur le vélo depuis l’été 2022.
Et je crois que j’avais aussi un peu peur, plus le temps me séparait de ma dernière Ride…
Aujourd’hui, je devais me remettre en selle avec ma belle amie. Malheureusement, elle ne pouvait plus. Le temps d’un instant, je voulais abandonner l’idée. Je voulais finir ma plate-bande, tondre mon gazon et aller courir ensuite. Parce que c’est plus simple. Parce que c’est du connu. Parce que je sais exactement où, comment et combien de temps y aller..
Et à ce moment je me suis vue. Et je me suis dit: « Joe, c’est comme cela qu’on s’oublie. Et que nous laissons derrière des petits bouts de nous. »
J’ai donc sorti la bête du sous-sol, ajusté mon banc et je suis partie.
J’avais peur. Peur de ne plus être capable, peur d’avoir peur, peur de me blesser, peur tout simplement. Toutes ces peurs auraient pu faire que cet été encore, je laisse mon vélo au sous-sol. Et plus le temps aurait passé, plus le vélo aurait pris de la poussière. Par peur. J’aurais trouvé plein de raisons valables pour ne pas en refaire. Et j’y aurais probablement même trouvé un sens. Mais non! Car je sais que c’est de cette manière que l’on s’oublie. Qu’on laisse des parties de soi derrière. Trop souvent. Parce qu’une situation légitime nous fait nous mettre de côté et que par la suite, tout et rien (le quotidien) nous en éloigne.