Julie Grimard, B.Sc. Criminologie, Psychothérapeute

Julie Grimard, B.Sc. Criminologie, Psychothérapeute "Les gens heureux ne le sont jamais par hasard ! C'est tout un enseignement qu'ils suivent consciemment » Service de psychothérapie pour Adolescents et adultes.

Individuelle -couple

Une image vaut milles mots… Une scène dont nous sommes à la fois acteur et spectateur 😉📱On peut être assis juste à côté ...
09/10/2026

Une image vaut milles mots…

Une scène dont nous sommes à la fois acteur et spectateur 😉📱

On peut être assis juste à côté de quelqu’un… et se sentir terriblement seul.

Parce qu’être ensemble ne veut pas nécessairement dire être présent l’un à l’autre.

On peut partager la même table.
Être assis côte à côte dans la voiture.
Regarder un film ensemble.
Prendre un café.
Passer toute une soirée dans la même pièce.
Même partir en vacances ensemble…

Et pourtant être complètement déconnectés l’un de l’autre.

Nous sommes ensemble physiquement, mais notre attention est ailleurs.

Parfois, c’est évident : l’autre regarde son téléphone, répond à ses messages, consulte ses courriels ou fait défiler son fil d’actualité pendant qu’on lui parle.

Mais parfois, l’absence de présence est beaucoup plus subtile.

C’est raconter quelque chose et sentir que l’autre n’écoute qu’à moitié.

C’est parler à quelqu’un qui prépare déjà sa réponse plutôt que d’entendre ce qu’on essaie de lui dire.

C’est partager une émotion et recevoir immédiatement une solution, alors qu’on avait simplement besoin d’être écouté.

C’est regarder un film « ensemble », mais chacun absorbé par son propre écran.

C’est être en voiture côte à côte, mais passer le trajet sans véritablement se parler.

Nous sommes ensemble… mais nous ne sommes plus vraiment ensemble.

Et cette réalité revient souvent dans les rencontres en psychothérapie.

Des personnes parlent de leur solitude alors qu’elles sont pourtant en couple.

Elles disent se sentir seules, délaissées, parfois même invisibles aux yeux de l’autre.

Et ce qui fait mal n’est pas nécessairement que l’autre soit physiquement absent.

C’est parfois de l’avoir juste à côté de soi… et de ne plus réussir à le rejoindre.🥲🥲🥲

À force, quelque chose peut s’installer :

Le sentiment de ne plus être vraiment vu.
De ne plus être entendu.
De ne plus être important dans le regard de l’autre.

Parce que l’attention que nous accordons à quelqu’un n’est pas un petit détail dans une relation.

Elle lui dit :

« Je te vois.
Je t’entends.
Ce que tu me racontes compte pour moi.
Pendant quelques minutes, tu as toute ma présence. »

Nous n’avons probablement jamais eu autant de moyens d’être connectés aux autres.

Et pourtant, il semble parfois de plus en plus difficile d’être pleinement présent à la personne qui se trouve juste devant nous.

Alors peut-être que la question à se poser n’est pas seulement :

« Combien de temps est-ce que je passe devant mes écrans? »

Mais plutôt :

« Lorsque je suis avec les gens que j’aime… suis-je réellement avec eux? »

Julie 😉

Le sentiment de solitude a l’ère  des réseaux sociaux. Nous n’avons jamais été aussi connectés. Alors pourquoi sommes-no...
09/09/2026

Le sentiment de solitude a l’ère des réseaux sociaux.

Nous n’avons jamais été aussi connectés. Alors pourquoi sommes-nous si seuls?

Nous avons des centaines de contacts.
Des conversations qui ne s’arrêtent jamais.
Des notifications toute la journée.🫣🫣

Nous savons ce que les autres mangent, où ils voyagent, ce qu’ils achètent, ce qu’ils pensent et parfois même comment ils se sentent.

Et pourtant, quelque chose semble nous échapper : la présence.

Être assis avec quelqu’un sans être réellement avec lui.
Écouter tout en regardant son écran.
Interrompre une conversation pour répondre à une notification.
Partager un repas en étant mentalement ailleurs.

Petit à petit, nous pouvons devenir très connectés numériquement… tout en étant de moins en moins disponibles humainement.

Et il y a un autre paradoxe qui me frappe.

Nous n’avons probablement jamais autant su de choses sur autant de gens.

Nous connaissons les vacances d’une ancienne collègue, la nouvelle relation d’une connaissance, la rénovation de la maison de quelqu’un que nous n’avons pas vu depuis dix ans.

Nous regardons grandir les enfants de personnes que nous fréquentons à peine.

Et parfois, nous connaissons presque le quotidien d’un parfait étranger : ce qu’il mange, où il voyage, comment il s’habille, ce qu’il achète, ses peines, ses réussites, son couple…

Les réseaux sociaux nous permettent, en quelque sorte, d’entrer chaque jour dans le salon et dans la vie de dizaines, parfois de centaines de personnes.

Bien sûr, cette curiosité est profondément humaine. Nous avons toujours aimé savoir ce qui se passe chez les autres.

Mais aujourd’hui, cette fenêtre est ouverte 24 heures sur 24.

Et il y a une distinction importante :

Connaître la vie de quelqu’un n’est pas être en relation avec lui.

Je peux savoir que tu es partie en voyage sans t’avoir demandé depuis six mois comment tu vas réellement.

Je peux regarder tes stories chaque jour sans jamais avoir une véritable conversation avec toi.

Je peux connaître énormément de choses sur des étrangers…

tout en sachant de moins en moins ce qui se passe chez la personne assise à côté de moi.

C’est peut-être là l’un des grands paradoxes de notre époque :

nous avons accès à l’intimité de tout le monde, mais cela ne signifie pas nécessairement que nous créons davantage d’intimité.

La recherche s’intéresse d’ailleurs de plus en plus à la techno-interférence : toutes ces petites interruptions technologiques qui viennent s’insérer dans nos interactions. Un regard vers l’écran, une notification, un message auquel on répond « juste deux secondes »… Pris isolément, ça semble banal. Mais leur répétition peut affecter la qualité de nos échanges et notre sentiment d’être important pour l’autre.

Parce qu’au fond…

Une publication nous donne de l’information.
Une relation, elle, demande de la présence.

Nous avons peut-être accès à plus de gens que jamais.

Mais avons-nous encore suffisamment accès… les uns aux autres?

Julie 😉

Nous poursuivonsTROUBLE D’ATTENTION À AUTRUILe cellulaire, la famille… et l’enfant qui cherche ton regardIl vient te mon...
09/08/2026

Nous poursuivons

TROUBLE D’ATTENTION À AUTRUI

Le cellulaire, la famille… et l’enfant qui cherche ton regard

Il vient te montrer son dessin.

« Maman, regarde! »

Tu regardes ton téléphone.

Il recommence.

« Maman… regarde! »

« Oui, oui, je t’écoute. »

Mais tes yeux sont toujours sur l’écran.

Ce sont parfois de toutes petites scènes. Quelques secondes. Une notification. Un texto auquel on répond. Un courriel qu’on veut simplement vérifier.

Et pourtant, pour un enfant, le regard, la voix, les expressions du visage, le toucher et la réponse de son parent sont une partie importante de la relation.

Quand le téléphone s’interpose dans la relation

Les chercheurs utilisent notamment le terme techno-interférence parentale (parental technoference) pour décrire les moments où la technologie interrompt ou perturbe les interactions entre un parent et son enfant.

Et les recherches commencent à nous montrer quelque chose d’important : ce n’est pas uniquement le nombre d’heures passées devant un écran qui compte.

C’est aussi ce que l’écran vient interrompre.

Une conversation.
Un repas.
Un jeu.
Une histoire.
Un regard.
Une demande d’attention.
Un moment où l’enfant cherche simplement à entrer en relation avec nous.

Lorsque le parent est absorbé par son téléphone, les interactions peuvent devenir moins nombreuses et le parent peut momentanément être moins disponible et moins sensible aux signaux de l’enfant.

Certaines études ont également observé des associations entre une techno-interférence parentale plus importante et davantage de comportements d’extériorisation ou d’intériorisation chez les jeunes enfants. Cela ne signifie évidemment pas que le téléphone « cause » à lui seul des difficultés comportementales : la relation est beaucoup plus complexe et peut fonctionner dans les deux sens. Un enfant plus difficile à gérer peut aussi amener un parent stressé à chercher davantage refuge dans son téléphone.

Une expérience particulièrement intéressante

Des chercheurs ont adapté la célèbre expérience du « still-face » au téléphone cellulaire.

Pendant une interaction, le parent cesse momentanément de répondre normalement à son bébé et porte plutôt son attention sur son téléphone.

Les chercheurs ont observé chez les bébés davantage d’affects négatifs, moins d’affects positifs ainsi que davantage de comportements pour se réconforter ou tenter de se détourner de la situation.

Autrement dit, l’enfant remarque lorsque la connexion disparaît.

Et c’est probablement là que se trouve le véritable enjeu.

Nos enfants n’ont pas besoin d’avoir notre attention 100 % du temps. Aucun parent ne pourrait — ni ne devrait — offrir cela.

Ils ont cependant besoin, suffisamment souvent, de faire l’expérience suivante :

Je te regarde.
Je t’entends.
Je vois que tu essaies d’entrer en contact avec moi.
Et je te réponds.

Parce que la présence ne se mesure pas uniquement au fait d’être dans la même pièce.

On peut être assis à côté de son enfant…

et être ailleurs.

Alors aujourd’hui, je vous laisse avec quelques questions.

Quand votre enfant vous parle et que vous avez votre téléphone dans les mains, où se trouve réellement votre attention?

Combien de fois vous arrive-t-il de répondre « oui, oui, je t’écoute »… sans avoir réellement entendu?

Votre enfant doit-il parfois répéter votre nom, parler plus fort, vous toucher ou se placer devant votre écran pour obtenir votre regard?

Et peut-être la question la plus importante :

Quand votre enfant cherche à entrer en contact avec vous… est-ce qu’il vous trouve?

Julie 😉

TOI, TON CELLULAIRE ET MOI. 💔📱Il y a quelques années, il y avait toi et moi.Aujourd’hui, dans bien des couples, nous som...
09/04/2026

TOI, TON CELLULAIRE ET MOI. 💔📱

Il y a quelques années, il y avait toi et moi.

Aujourd’hui, dans bien des couples, nous sommes trois.

Toi.
Moi.
Et ton cellulaire.

Il est avec nous au déjeuner.
À la table.
Dans l’auto.
Au restaurant.
Sur le divan pendant notre série.
Dans le lit avant de dormir.

Il est là, entre nous.

Et derrière les portes closes de nos maisons, un nouveau sujet de conflit s’est tranquillement installé dans les couples :

— Peux-tu lâcher ton téléphone deux minutes?
— Voyons, je fais juste regarder quelque chose.
— Tu es toujours dessus.
— Ben voyons… toi aussi tu prends le tien!

Attaque. Contre-attaque.

Et le téléphone reste là.

Le problème n’est pas simplement le nombre de minutes passées devant un écran.

Le problème, c’est parfois ce que l’autre finit par entendre derrière le geste :

Ce qui se passe dans mon téléphone est plus intéressant que ce qui se passe avec toi.

On appelle notamment ce phénomène le phubbing, ou télésnobisme : détourner son attention d’une personne physiquement présente pour la porter vers son téléphone.

Et dans le couple, ce petit geste répété peut devenir beaucoup moins banal qu’il n’y paraît.

Parce qu’à force de lever les yeux et de rencontrer… un écran, l’autre peut finir par se sentir ignoré, exclu, moins important.

La recherche s’intéresse d’ailleurs de plus en plus à ce phénomène. Une méta-analyse récente regroupant 52 études et près de 20 000 participants associe le partner phubbing à une diminution de la satisfaction relationnelle, de l’intimité, de la proximité émotionnelle et du sentiment que notre partenaire est réellement disponible pour nous. Il est également associé à davantage de conflits dans le couple.

D’autres travaux parlent de technoference : ces petites interruptions technologiques qui viennent s’immiscer dans les conversations, les repas, les loisirs et les moments passés ensemble.

Une notification.
Un texto.
Un courriel.
Instagram.
Une nouvelle.
« Attends, je veux juste vérifier quelque chose… »

Il y a toujours une bonne raison.

Mais à force de « juste vérifier quelque chose », combien de fois cessons-nous de nous regarder?

Et c’est peut-être là que le véritable enjeu commence.

Parce qu’un couple ne se nourrit pas uniquement de grandes discussions, de voyages ou de soirées romantiques.

Il se nourrit de milliers de petits moments d’attention.

Je te regarde lorsque tu me parles.
Je remarque ton expression.
Je ris avec toi.
Je t’écoute raconter quelque chose qui n’est peut-être pas extraordinaire… mais qui est important parce que c’est toi qui me le racontes.

La connexion se construit précisément là.

Et elle peut aussi s’effriter là.

Alors peut-être que la question n’est plus seulement :

« Combien de temps passes-tu sur ton téléphone? »

Mais plutôt :

« Quelle place ton téléphone prend-il entre nous? »

Quand vous êtes au restaurant, où sont vos cellulaires?

Lorsque vous écoutez une série ensemble, combien de fois l’un de vous disparaît dans son écran?

Dans l’auto?

Au lit?

Pendant que l’autre vous parle?

Et surtout…

Quand avez-vous passé une heure ensemble pour la dernière fois sans qu’un écran ne vienne s’inviter entre vous?

Parce qu’au bout du compte, derrière le cellulaire, il y a peut-être quelqu’un qui attend encore d’être regardé.

Toi que j’ai choisi.
Toi que j’aime.
Toi avec qui je veux être en lien.

Et pourtant, parfois, je suis juste là…

à côté de toi.

Pendant que tu regardes ailleurs.

Et vous? Quelle place le cellulaire a-t-il prise dans votre couple?

Julie 😉

👉📳NOTRE ATTENTION EST DEVENUE UNE RESSOURCE DISPUTÉEHier, je vous parlais de notre relation de plus en plus étroite avec...
09/03/2026

👉📳NOTRE ATTENTION EST DEVENUE UNE RESSOURCE DISPUTÉE

Hier, je vous parlais de notre relation de plus en plus étroite avec notre téléphone.

Aujourd’hui, j’aimerais qu’on commence par quelque chose de fondamental : notre attention.

Parce qu’avant même de parler de dépendance, de couple, de famille ou de nos enfants, il faut comprendre une chose :

notre cerveau vit maintenant dans un environnement où son attention est constamment sollicitée.

Une notification.
Un texto.
Un courriel.
Une vibration.
Une nouvelle.
Une vidéo.
Une publication.

Puis une autre.

Et une autre.

Notre cerveau n’est pourtant pas devenu soudainement capable d’accorder une attention complète à tout cela en même temps.

Au contraire.

Les recherches des dernières années commencent à montrer quelque chose de particulièrement intéressant : notre téléphone peut mobiliser une partie de nos ressources attentionnelles même lorsque nous ne sommes pas en train de l’utiliser.

Une étude devenue très connue, publiée dans le Journal of the Association for Consumer Research, a même parlé de « brain drain », que l’on pourrait traduire librement par une forme de « drainage cognitif ».

Les chercheurs ont constaté que lorsque notre propre téléphone se trouve à proximité, une partie de nos ressources cognitives peut être mobilisée simplement pour… ne pas y porter attention.

Et plus récemment, en 2023, une étude publiée dans Scientific Reports est arrivée à un constat semblable : la simple présence du téléphone pouvait diminuer certaines performances attentionnelles.

Pensez-y quelques secondes.

Vous êtes au restaurant avec quelqu’un.

Votre téléphone est déposé sur la table.

Vous ne le regardez même pas.

Mais quelque part, votre cerveau sait qu’il est là.

Il pourrait vibrer.

Quelqu’un pourrait vous écrire.

Quelque chose pourrait arriver.

Et une toute petite partie de votre attention demeure potentiellement disponible… pour lui.

Maintenant, transposez cela dans notre quotidien.

Votre enfant vous raconte sa journée pendant que votre téléphone est dans votre main.

Votre conjoint vous parle pendant que vous voyez apparaître une notification.

Une amie vous confie quelque chose et, pendant quelques secondes, vos yeux glissent vers l’écran.

Vous regardez une émission tout en consultant Instagram.

Vous répondez à un courriel en écoutant quelqu’un vous parler.

Nous avons fini par trouver tout cela presque normal.

Pourtant, chaque fois que notre attention se déplace, notre cerveau doit quitter une information, en traiter une autre, puis revenir à la première.

Et à force de vivre dans cet environnement de sollicitations constantes, une question devient particulièrement intéressante :

qu’est-il arrivé à notre capacité d’être pleinement là?

Pas simplement présents physiquement.

Présents mentalement.
Présents émotionnellement.
Présents à l’autre.

C’est ici que cette série va devenir, je crois, particulièrement intéressante.

Parce que le problème n’est peut-être pas seulement le nombre d’heures que nous passons devant nos écrans.

Il faut aussi commencer à regarder ce que nos écrans viennent interrompre.

Une conversation.

Un regard.

Un silence.

Un moment d’ennui.

Une réflexion.

Une connexion.

Et parfois simplement… la personne qui se trouve devant nous.

Je ne crois pas qu’il faille diaboliser le téléphone. Il nous rend énormément de services.

Mais je pense qu’il devient nécessaire de nous demander quel prix nous payons lorsque notre attention est sollicitée du matin jusqu’au soir.

Parce que notre attention n’est pas infinie.

Et aujourd’hui, elle est devenue une ressource disputée.

Entre notre téléphone et notre travail.
Entre nos notifications et nos pensées.
Entre nos écrans et nos enfants.
Entre notre téléphone et notre conjoint.

Et ultimement…

entre notre téléphone et l’être humain qui se trouve devant nous.

C’est exactement là que je veux vous amener dans les prochains jours.

Parce qu’après avoir parlé de notre attention, nous allons regarder ce que cette nouvelle façon de vivre est tranquillement en train de faire à nos relations, notre couple, notre famille, nos enfants… et à notre capacité d’être véritablement présents les uns aux autres.

Et vous?

Avez-vous parfois l’impression d’être avec quelqu’un… sans être complètement avec lui?

Julie 😉

📱 Et si notre téléphone avait pris un peu trop de place?La semaine dernière, une nouvelle importante est peut-être passé...
09/02/2026

📱 Et si notre téléphone avait pris un peu trop de place?

La semaine dernière, une nouvelle importante est peut-être passée un peu inaperçue.

Meta, la société derrière Facebook et Instagram, a conclu aux États-Unis une entente historique pouvant atteindre 17,1 milliards de dollars.

Pourquoi?

Parce que depuis plusieurs années, des dizaines d’États américains accusent notamment Meta d’avoir conçu certaines fonctionnalités de ses plateformes de manière à favoriser une utilisation excessive et compulsive chez les jeunes, tout en minimisant les risques associés à cette utilisation.

Meta continue de nier avoir commis une faute. Il ne s’agit donc pas d’un aveu de culpabilité.

Mais l’entente conclue est tout de même majeure.

Parce qu’au-delà des milliards de dollars, Meta devra apporter des changements importants à ses plateformes pour les adolescents : limites quotidiennes d’utilisation, restrictions durant la nuit, diminution des notifications pendant les heures d’école, meilleurs contrôles parentaux, mesures de vérification de l’âge, etc.

Et pour moi, c’est là que ça devient particulièrement intéressant.

Parce que derrière cette immense bataille juridique se trouve une question beaucoup plus proche de nous :

Qu’est-ce que nos téléphones sont tranquillement en train de changer dans notre quotidien?

Pas seulement chez nos adolescents.

Chez nous aussi.

Notre capacité à tolérer l’ennui.

À attendre.

À nous concentrer.

À être réellement présents.

À écouter quelqu’un sans regarder notre écran.

À être en couple sans que le téléphone soit constamment entre nous.

À être avec nos enfants sans être ailleurs en même temps.

À prendre un café, attendre dans une file, marcher, manger ou simplement… ne rien faire.

Parce que la dépendance numérique ne ressemble pas nécessairement à ce qu’on imagine lorsqu’on entend le mot « dépendance ».

Elle peut être beaucoup plus subtile.

C’est ce petit réflexe de prendre son téléphone sans même avoir décidé de le faire.

De vérifier quelque chose… sans vraiment savoir quoi.

De répondre immédiatement à une notification.

De ressentir un inconfort lorsqu’on ne l’a pas avec soi.

Ou d’être physiquement avec quelqu’un tout en ayant une partie de notre attention constamment attirée ailleurs.

Alors, dans les prochains jours, j’ai envie qu’on regarde ensemble ce que le téléphone a réellement changé dans nos vies.

Notre attention.
Nos relations.
Notre couple.
Notre famille.
Nos enfants.
Notre capacité à être seuls.
Et surtout… notre capacité à être véritablement présents les uns avec les autres.

Parce qu’avant de demander aux adolescents de déposer leur téléphone, il serait peut-être intéressant de regarder ce que nous, adultes, faisons avec le nôtre.

Et je vais commencer avec une question toute simple :

Quand avez-vous passé pour la dernière fois une heure complète éveillé, sans regarder votre téléphone?

Julie 😉

📱 LE TÉLÉPHONE : OUTIL… OU INTRUS?1er septembre. Nouveau mois. Nouvelle série.Après avoir exploré ensemble les types d’a...
09/01/2026

📱 LE TÉLÉPHONE : OUTIL… OU INTRUS?

1er septembre. Nouveau mois. Nouvelle série.

Après avoir exploré ensemble les types d’attachement, puis les schémas de Jeffrey Young, j’ai envie de nous amener ailleurs.

Sur un sujet très actuel.
Très présent.
Et surtout… très près de nous.

📱 Notre téléphone.

Ou plutôt, la place qu’il a progressivement prise dans nos vies.

Parce qu’il ne s’agit plus simplement d’un outil que l’on utilise pour téléphoner. Il nous accompagne du réveil au coucher. Il entre dans nos moments d’attente, nos repas, nos soirées, nos conversations, nos chambres à coucher, nos milieux de travail… parfois même dans les quelques secondes de silence que nous pourrions avoir avec nous-mêmes.

Et évidemment, il n’est pas question ici de diaboliser la technologie. Elle nous apporte énormément.

Mais peut-être est-il temps de regarder aussi ce qu’elle nous coûte lorsqu’elle prend trop de place.

Que se passe-t-il dans notre attention?

Dans notre capacité à tolérer l’ennui?

Dans notre présence à nous-mêmes?

Dans nos couples?

Dans nos familles?

Dans notre rapport à nos enfants?

Et surtout, que se passe-t-il dans notre rapport à l’autre, lorsque notre regard est constamment sollicité ailleurs?

Au cours des prochains jours, je vous proposerai donc une petite série autour du téléphone — mais également des écrans et des objets qui gravitent autour de lui.

Pas pour culpabiliser.

Pas pour dire qu’il faudrait tout fermer et revenir en 1992. 😉

Mais pour observer. Comprendre. Et peut-être prendre conscience de certaines habitudes devenues tellement normales qu’on ne les voit même plus.

J’ose espérer, avec cette série, semer quelques petites graines de réflexion.

Parce qu’avant de changer une habitude, encore faut-il réaliser qu’elle s’est installée.

📱 Et si notre téléphone avait pris un peu plus de place dans nos vies… qu’on ne le pense?

Et vous, si vous vous observez avec un peu de recul : diriez-vous que votre téléphone est encore simplement un outil dans votre quotidien… ou qu’il prend parfois une place que vous aimeriez lui voir prendre un peu moins?

Je suis curieuse de vous lire. 👇

Dès ce midi, on commence.

Le fameux cellulaire.

Julie 🙋‍♀️😉

31 août — Le mot de la fin : peut-on vraiment changer nos schémas?Depuis plusieurs semaines, je vous parle des schémas p...
08/31/2026

31 août — Le mot de la fin : peut-on vraiment changer nos schémas?

Depuis plusieurs semaines, je vous parle des schémas précoces d’inadaptation développés par Jeffrey Young.

Nous avons exploré ensemble 11 de ces schémas. Certains se seront peut-être reconnus dans l’abandon, d’autres dans les exigences élevées, l’assujettissement, la méfiance, la carence affective… Et peut-être avez-vous parfois eu cette impression :
« Mon Dieu… c’est tellement moi. »

Mais reconnaître un schéma n’est pas encore le changer.

Et c’est probablement ici que j’aimerais terminer cette série.

Changer est difficile.

Nous aimerions parfois croire qu’une fois que nous avons compris pourquoi nous fonctionnons d’une certaine façon, le changement devrait suivre naturellement.

Je le sais maintenant. Alors pourquoi est-ce que je continue à le faire?

Parce qu’un schéma n’est pas simplement une mauvaise habitude qu’on décide d’abandonner.

C’est une façon de comprendre le monde, les autres et soi-même qui s’est construite au fil de notre histoire. Et lorsqu’elle existe depuis longtemps, elle peut devenir tellement familière qu’elle fonctionne presque en pilote automatique.

On peut savoir qu’on n’a pas à plaire à tout le monde… et continuer à avoir peur de décevoir.

On peut savoir qu’on mérite d’être aimé… et continuer à craindre d’être abandonné.

On peut savoir qu’on en fait déjà suffisamment… et continuer à se demander d’en faire davantage.

On peut comprendre que certaines relations nous font souffrir… et être malgré tout attiré par ce qui nous est étrangement familier.

C’est là toute la difficulté du changement : comprendre est nécessaire, mais comprendre ne suffit pas toujours.

Changer demande de commencer à voir le schéma lorsqu’il s’active. De reconnaître ce qu’il nous fait penser, ressentir et faire. De tolérer parfois l’inconfort de ne pas répondre comme avant. Puis, tranquillement, de choisir une réponse différente.

Pas parfaitement.

Pas du premier coup.

Et certainement pas en ligne droite.

Il peut y avoir deux pas en avant, puis un pas en arrière. Cela fait aussi partie du processus.

Et peut-être qu’au fond, travailler sur nos schémas ne consiste pas uniquement à nous demander :

« Qu’est-ce que je ne veux plus reproduire? »

Mais également :

« Qu’est-ce que je veux construire à la place? »

Quelle personne ai-je envie de devenir?

Quelles relations ai-je envie de créer?

Quels besoins ai-je trop longtemps négligés?

Quelles limites ai-je besoin d’apprendre à poser?

Et surtout : à quoi ressemblerait ma vie si mes vieux schémas n’en décidaient plus autant pour moi?

Voilà peut-être le véritable travail.

Non pas effacer notre histoire.

Mais faire en sorte qu’elle ne soit plus la seule à écrire la suite. 🤍

Et c’est ici que se termine notre série sur les schémas de Jeffrey Young.

Peut-être pas avec toutes les réponses.

Mais, je l’espère, avec quelques bonnes questions à se poser.

Julie 😉

Comment 👉MODIFIER LE SCHÉMA « TOUT NOUS EST DÛ »Après avoir exploré ce schéma dans mes dernières publications, une quest...
08/28/2026

Comment 👉MODIFIER LE SCHÉMA « TOUT NOUS EST DÛ »

Après avoir exploré ce schéma dans mes dernières publications, une question importante demeure : peut-on réellement le modifier?

Oui. Mais il faut reconnaître qu’il s’agit souvent d’un schéma particulièrement difficile à travailler.

Pourquoi?

Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’une mauvaise habitude ou d’un comportement occasionnel. Lorsqu’un schéma s’est construit tôt dans la vie et s’est renforcé au fil des années, il peut devenir un véritable mode de fonctionnement.

La personne ne se dit pas nécessairement : « Je considère que tout m’est dû. »

Elle peut plutôt penser :

« Je suis comme ça. »
« Les autres devraient m’accepter tel que je suis. »
« Je ne vois pas pourquoi je devrais faire ça. »
« Ce n’est pas si grave. »
« Je mérite ce que je veux. »
« Pourquoi ce serait à moi de changer? »

Et c’est justement ce qui rend le travail thérapeutique plus complexe : ce qui pose problème aux autres peut sembler parfaitement justifié pour la personne elle-même.

Avec le temps, ce fonctionnement peut toutefois avoir un prix important : conflits conjugaux, difficultés professionnelles, ruptures relationnelles, éloignement des proches, sentiment d’être constamment incompris, réactions de colère lorsque les choses ne se passent pas comme prévu ou encore difficulté à maintenir des relations véritablement réciproques.

La première étape : voir le prix que l’on paie

Modifier ce schéma demande d’abord de regarder avec lucidité ses conséquences.

Pas seulement : « Est-ce que j’obtiens ce que je veux? »

Mais plutôt :

Qu’est-ce que ma façon de fonctionner me coûte?

Est-ce que certaines personnes prennent leurs distances?
Mes relations deviennent-elles conflictuelles?
Ai-je de la difficulté à accepter qu’on me dise non?
Est-ce que je réagis fortement lorsqu’on m’impose une limite?
Est-ce que mes besoins prennent régulièrement davantage de place que ceux des autres?
Est-ce que je m’attends à ce que certaines responsabilités soient assumées par quelqu’un d’autre?

Cette prise de conscience est essentielle, car il est difficile de modifier un fonctionnement dont on ne perçoit pas les conséquences.

Remettre en question ses propres justifications

Nous sommes tous capables de justifier nos comportements.

Dans ce schéma, certaines pensées peuvent toutefois servir à maintenir le fonctionnement :

« Je suis comme ça. »
« Je ne fais de mal à personne. »
« On exagère. »
« Je mérite bien ça. »
« Les autres n’ont qu’à s’occuper d’eux-mêmes. »
« J’ai le droit d’être en colère. »

Le travail consiste alors à apprendre à se demander :

Est-ce réellement un droit… ou est-ce une attente que j’ai transformée en exigence?

Et surtout :

Si tout le monde agissait comme moi dans cette situation, est-ce que je trouverais cela acceptable?

Cette question peut être particulièrement puissante.

Apprendre à tolérer la frustration

C’est probablement l’un des éléments centraux du changement.

Nous ne pouvons pas toujours obtenir ce que nous voulons.

Nous devons parfois attendre. Faire quelque chose qui nous déplaît. Respecter une règle. Accepter un refus. Faire un compromis. Assumer une responsabilité. Composer avec l’inconfort.

Chez une personne ayant développé ce schéma, ces expériences peuvent provoquer une frustration beaucoup plus importante.

Le changement passe donc par une forme d’entraînement à la frustration.

Commencer petit.

Attendre plutôt que d’exiger immédiatement.
Terminer une tâche désagréable plutôt que de la remettre à quelqu’un d’autre.
Accepter un « non » sans chercher immédiatement à convaincre.
Respecter une limite même lorsqu’on la trouve injustifiée.
Tolérer que quelqu’un ait des besoins différents des siens.

Petit à petit, on découvre quelque chose d’important :

La frustration est inconfortable, mais elle est tolérable.

Mettre un espace entre l’émotion et l’action

Lorsque la colère ou l’impulsivité font partie du schéma, apprendre à ralentir devient essentiel.

Une limite est posée → je ressens de la colère → je ne suis pas obligé d’agir immédiatement.

Créer une période de pause permet de faire intervenir la partie plus rationnelle de soi avant que l’émotion ne décide du comportement.

On peut apprendre à se demander :

Qu’est-ce que je ressens? Qu’est-ce que j’ai envie de faire? Quelles seront les conséquences si je le fais? Et quelle réponse correspond davantage à la personne que je souhaite devenir?

Développer l’empathie et la réciprocité

Modifier ce schéma demande également un déplacement important :

passer de « ce que je veux » à « ce qui se passe aussi chez l’autre ».

Que ressent cette personne?
Quel est son besoin?
Quel impact mon comportement a-t-il sur elle?
Est-ce que je lui demande quelque chose que je refuserais moi-même?
Est-ce que cette relation est réciproque?

L’objectif n’est évidemment pas de faire disparaître ses propres besoins.

C’est plutôt d’intégrer une réalité fondamentale des relations humaines :

mes besoins comptent, mais ceux des autres aussi.

Assumer progressivement davantage de responsabilités

Chez certaines personnes, le schéma peut également s’accompagner d’une difficulté à faire les choses difficiles, ennuyantes ou contraignantes.

On reporte.
On évite.
On délègue.
On attend que quelqu’un s’en charge.

Le travail consiste alors à reprendre progressivement certaines responsabilités et à développer davantage de discipline personnelle.

Pas tout d’un coup.

Une responsabilité à la fois.

Parce que derrière ce travail se construit aussi une nouvelle croyance :

« Je suis capable de faire ce qui est difficile, même lorsque je n’en ai pas envie. »

Et parfois, le schéma en cache un autre…

C’est une dimension que je trouve particulièrement importante en thérapie.

Le sentiment que « tout nous est dû » n’est pas toujours le schéma le plus profond.

Chez certaines personnes, cette posture peut servir de contre-attaque ou de protection contre d’autres blessures plus anciennes : dépendance, sentiment d’imperfection, carence affective, abandon, méfiance ou autres vulnérabilités.

Le travail thérapeutique ne consiste donc pas uniquement à corriger les comportements visibles.

Il faut parfois aller comprendre :

Qu’est-ce que cette façon de fonctionner protège depuis toutes ces années?

Et c’est souvent là que le véritable travail commence.

Modifier un schéma, ce n’est pas changer sa personnalité.

C’est apprendre à reconnaître les moments où une vieille façon de fonctionner prend automatiquement le contrôle… et développer progressivement une réponse différente.

Cela demande de la conscience de soi, de la responsabilisation, de l’empathie, une meilleure tolérance à la frustration et beaucoup de répétition.

Un schéma construit pendant des années ne disparaît pas en quelques semaines.

Mais chaque fois qu’une personne accepte une limite, tolère un inconfort, assume sa responsabilité, considère réellement le besoin de l’autre ou choisit de ne pas agir sous l’impulsion…

elle cesse un peu de nourrir le schéma.

Et elle commence à construire autre chose.

Une façon d’être en relation où il ne s’agit plus de gagner, d’obtenir ou d’avoir raison…

mais de pouvoir exister avec l’autre, plutôt qu’aux dépens de l’autre

Julie 😉

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