06/06/2026
C’est le mois de sensibilisation à la santé mentale des hommes!
On se refait une « petite » analogie?
Suis-moi, on ira pas vite ! 🙋🏻♀️
Tu te lèves avant le soleil.
Le café est beaucoup trop chaud, mais tu le bois pareil parce que t’es pas mal certain que les brûlures au troisième degré donnent du caractère.
Tu prends ton sac, ton arme, p*s tout le reste de ton stock.
Et te voilà parti dans le bois.
Tu connais le secteur.
Tu y as chassé assez souvent pour reconnaître les arbres plus facilement que certains membres de ta famille.
Tu connais les sentiers et les ruisseaux.
Tout les passages de chevreuil, d’ours, de lièvres..
Bref, tu sais où tu t’en vas, t’es à ta place!
Au début, tout va bien.
Tu décides simplement de faire un petit détour.
Tu suis une p*ste intéressante.
Puis une autre.
Puis encore une autre.
Et à un moment donné, tu t’arrêtes.
Tu regardes autour.
C’est drôle…
L’endroit te semble moins familier qu’il devrait.
Tu regardes à gauche. À droite. Devant. Derrière.
Même arbre.
Même forêt.
Même face de gars qui est clairement en train de réaliser qu’il n’est plus aussi certain de son affaire qu’il l’était v’là dix minutes.
Mais bon, t’es un adulte.
Tu as déjà monté un meuble IKEA sans lire les instructions. Tu peux certainement retrouver ton chemin.
Alors tu continues.
Parce que si t’admets être perdu… ça voudrait dire que tu t’es trompé, que t’as échoué.
Et ça, évidemment, c’est inacceptable.
Le soleil descend tranquillement.
La forêt devient un peu moins accueillante.
Tu regardes ton GPS.
Tu regardes ta carte.
Ton telephone satellite.
Ça semble tout d’un coup tellement inutile, des poids mort à traîner!
Puis tu regardes partout sauf ces trois choses-là.
Parce qu’au fond, tu sais déjà ce que tu devrais faire.
Demander de l’aide.
Mais une petite voix dans ta tête répond :
« Voyons donc. Je vais finir par retrouver mon chemin. Pas vrai que je vais faire paniquer tout le monde pour ça! Y’a rien là!»
C’est souvent à ce moment-là que les choses commencent à mal aller.
Pas quand tu t’es égaré.
Quand tu as décidé que tu devais absolument t’en sortir seul.
Même ceux qui semblent toujours avoir réponse à tout consultent quelqu’un lorsqu’ils perdent leurs repères.
Pas parce qu’ils sont faibles.
Parce qu’ils sont intelligents.
Parce qu’ils savent que rentrer à la maison est plus important que protéger leur ego.
La santé mentale ressemble parfois beaucoup à cette forêt.
Au début, tu perds un repère.
Puis un deuxième.
Le sommeil devient plus difficile.
La patience plus courte.
Les journées plus lourdes.
Tu te dis que ça va passer.
Que tu vas gérer.
Que tu as vu pire.
Et souvent, ce n’est pas ce qui t’arrive qui fait le plus de dégâts.
C’est le temps passé à faire semblant que tout va bien.
Alors si dernièrement tu as l’impression de tourner en rond dans le bois…
Sors ta carte.
Utilise ton cellulaire satellite.
Appelle quelqu’un.
Parce que demander de l’aide n’a jamais fait de toi un mauvais chasseur.
Et ça ne fera certainement pas de toi quelqu’un de faible.
L’important n’est pas de ne jamais se perdre.
L’important, c’est de retrouver le chemin du retour avant que la noirceur tombe.