09/13/2026
L’entretien motivationnel au service de la relation et du changement
Capsule 1 : L’AGENDA CACHÉ
Ma première formation en entretien motivationnel, en 2008, m’a été offerte par Thomas Brown, PhD, directeur et chercheur au Programme de recherche sur les addictions du Centre de recherche Douglas. Je te salue Thomas! 😊
C’est lui qui m’a fait découvrir l’entretien motivationnel et surtout, une façon bien différente de réfléchir à la relation d’aide.
À l’époque, je pensais connaître mon rôle d’intervenante. 🫣
Je savais ce dont la personne avait besoin.
J’identifiais bien sa problématique et j’avais des hypothèses cliniques vraiment professionnelles.
Je savais même parfois ce qu’elle devrait apprendre ou faire pour réussir sa vie.
Mais avais-je conscience du message que j’envoyais?
« Moi, je sais plus que toi. »
Étais-je consciente de l’impact potentiellement contre-productif que cela pouvait avoir sur l’autonomie et l’engagement de la personne que je souhaitais aider plus que tout ?
Bien sûr que non!!
C’est là que M. Brown m’a fait découvrir une notion qui allait profondément changer ma pratique : l’agenda caché.
Parce que même avec les meilleures intentions du monde, il peut nous arriver d’entrer dans une rencontre avec déjà une idée en tête sur ce dont la personne a besoin et sur ce qu’elle devrait faire, apprendre ou comprendre pour aller mieux.
👉 « Il faut qu’elle comprenne… »
👉 « Il faudrait qu’il arrête… »
👉 « Elle devrait accepter… »
👉 « Je dois la convaincre que… »
Mais c’est pas ça que devrait faire un clinicien ???? Avoir une hypothèse clinique et travailler en ce sens ???
Et si nos agendas cachés causaient parfois plus de tort que de bien?
Et s’ils devenaient contre-productifs?
S’ils nous amenaient à tourner en rond, à travailler à contre-courant?
L’entretien motivationnel propose une façon d’intervenir différente.
Il nous invite à ralentir, à explorer et à construire nos hypothèses en partenariat avec la personne.
Il nous rappelle que nous avons une expertise clinique, mais que la personne est l’experte de son expérience, de ses valeurs et de ce qui compte pour elle.
Notre rôle n’est donc pas de décider à sa place de la direction qu’elle devrait prendre, mais de créer les conditions qui lui permettent de mieux comprendre sa situation, de clarifier ce qui compte pour elle et de mobiliser ses propres ressources pour avancer vers la vie qui lui convient.
Et si notre expertise était encore plus utile lorsqu’elle nous aide à mieux accompagner la personne… plutôt qu’à savoir à sa place?
Qu’en pensez-vous?