08/08/2026
’ajoute mes préoccupations perso en tant que thérapeute, sur la réparation des victimes.
Le lien affectif avec l’auteur ne disparaît pas nécessairement avec la reconnaissance des violences. Jennifer Fryed qui a étudié le betrayal trauma (traumatisme de trahison) montre que dépendance, attachement et trahison peuvent coexister. Et des travaux récents mettent en lumière l’“abuse doubt” : des survivant•es continuent très longtemps à douter de leur interprétation des faits, de leur responsabilité ou celle de l’auteur. Une spirale de culpabilité s’installe, il est impossible de se sentir légitime dans son statut de victime. La personne qui a agressée n’est pas perçue comme telle. Sa propre victime lui trouve des circonstances atténuantes et considère injuste que cette personne soit sanctionnée. C’est parce que les VS interviennent rarement de façon isolée. La plupart du temps elles sont inscrites dans des schémas de domination, de grooming, de contrôle coercitif, qui développent un lien fort et particulier que certain•es auteur•ices appellent l’attachement traumatique. Ainsi, je m’inquiète énormément de l’impact sur la possibilité de se réparer pour certain•es survivant•es qui pourraient penser avoir injustement condamné une personne qu’iels affectionnent à perpétuité. La culpabilité est déjà tellement lourde lorsque le•a pédocriminel•le a bénéficié de l’impunité, qui est tout autant, si ce n’est plus, culturelle que politique et judiciaire.
Notre société n’est pas prête à accueillir comme il faut des victimes qui ont ce poids sur la conscience. Nous les faisons déjà mourir de culpabilité lorsque leurs agresseur•euses ne risquent quasiment rien. Car seul•es 3% sont attrapé•es. À quelle sauce seront elles mangées quand ont les jugera responsables d’enfermer des gens à vie?
Nous refusons déjà de les croire quand les croire est sans conséquence et elles refusent déjà de faire confiance à leur jugement. En thérapie, la réparation s’opère quand elles sont crues, soutenues et non jugées par leur entourage et que l’agresseur•euse est maintenu à l’�