Leader Health

Leader Health Leader Health est une société de conseil international dans le domaine de la santé qui s'appuie sur un réseau de 50 experts reconnus en activité.

Leader Health est une fédération de plus de 50 experts internationaux en gestion hospitalière, management et eSanté travaillant en réseau. Notre mission est de promouvoir l’efficience du management hospitalier et des soins par l’utilisation stratégique des systèmes d’information et par l’innovation technologique numérique sous toutes ses formes. Nos clients sont principalement des Directions d’hôp

itaux, Conseils exécutifs, Autorités sanitaires et Industries de la santé. Nous intervenons dans les hôpitaux publics et privés, les établissements pour personnes âgées, en France, en Suisse et partout dans le monde où nous avons des experts référents.

Retours de voyage à HIMSS 2026 : autre dimension sans rupture technologique Je reviens de HIMSS26 (Las Vegas, 25 000 par...
19/03/2026

Retours de voyage à HIMSS 2026 : autre dimension sans rupture technologique

Je reviens de HIMSS26 (Las Vegas, 25 000 participants, 1000 exposants) avec une conviction forte : nous ne sommes plus dans l’innovation… mais dans l’industrialisation.
Pendant des années, on a parlé de digital, d’IA, de transformation numérique.

En 2026, le message est clair : « Show me the value » ! Dans un monde où l’économie est en crise, l’informatique et la robotique doivent démontrer des résultats.
Alors, ça donne quoi ?
L’IA n’est plus un outil, c’est un acteur de la fonction de production. Le grand tournant de cette édition 2026 : l’agent IA (Agentic AI), un outil doté d’intelligence numérique capable d’exécuter des tâches, de prendre des décisions, de piloter des workflows entiers.
On passe des logiciels utilisés par des humains, à des systèmes qui agissent dans l’organisation en pleine autonomie assumée.
Tous les « Big Tech » du secteur, Epic, Oracle Health, Amazon, Microsoft, Google mettent en avant des Agentic AI.

Nous voilà revenu des années en arrière dans le cycle de production de valeur.
HIMSS 2026 donnait le vrai point de départ d’une utilisation rentable de l’IA à l’hôpital : le domaine administratif. Contrairement aux discours parfois entendus, les premiers ROIs sont très clairs et les REX enrichissants.
La stratégie IA d’un hôpital doit prioritairement s’orienter vers le RCM (cycle de création de revenus) pour être rentabilisée. L’IA performe aujourd’hui dans le codage automatisé, la facturation, la gestion des prises en charge, les relances de paiement etc. avec des gains financiers immédiats et une réduction massive de la charge administrative.
A l’inverse l’IA dans le domaine clinique reste en phase de maturation. Les consensus médicaux ne sont pas encore établis, les risques sont importants, la gouvernance de l’IA médicale est complexe. L’IA clinique avance, mais la validation reste immature et les enjeux médico-légaux sont critiques en cas d’erreur. C’est LE sujet pour les années à venir.


Autre sujet, les Dossiers Patients (DPI / EHR). Lors de HIMSS 2026 le DPI n’est plus présenté comme un logiciel, mais devient un “OS hospitalier”. C’est un basculement majeur de paradigme. Les grands du secteur, comme Epic, Oracle ne vendent plus des outils, mais construisent des « plateformes globales ». La vraie question n’est plus “Quel logiciel choisir ?” mais “Dans quel écosystème vais-je m’inscrire pour 10 à 15 ans ?”. La recherche du partenaire longue distance, dépasse celle de la complétude et richesse fonctionnelle parfaitement intégrées.

L’interopérabilité reste toujours un grand sujet abordé à HIMSS.
Cette année, les industriels et les témoignages nous disent que le modèle a changé.
Ce n’est plus FHIR de partout… mais une interopérabilité maximum (FHIR ou APIs) à l’intérieur d’un écosystème totalement intégré.
C’est le paradoxe que j’ai pu ressentir à HIMSS. D’un côté les démonstrations nous offrent une palette de solutions basées sur des APIs de plus en plus élaborées, capable de plus d’ouverture. Mais de l’autre, c’est au travers une dépendance stratégique à un acteur intégré puissant qu’on obtient la meilleure intégration.

L’hôpital digital devient un système complexe, dont la transformation ne concerne plus seulement le Système d’Information. On observe la convergence de 3 couches :
- le SI (DPI / EHR)
- l’IA (agents)
- le monde physique (robots, IoT, bâtiment évolué)
Depuis la création de Leader Health en 2006, nous avons toujours défendu cette convergence dans un monde trop sectorisé, où informatique, gestion technique, logistique, soins sont trop souvent cloisonnés.

Lorsque cette vision intégrée fonctionne ont obtient des résultats mesurables :
• un hôpital piloté en temps réel (les Command Centers présentés étaient alléchants),
• des flux optimisés,
• une productivité renforcée,
• une logique industrielle du soin apportant qualité et sécurité aux patients.

Le témoignage d’hôpitaux digitaux comme le Chi Mei Medical Center (Taiwan) avec ses 2 400 lits et ses 2 millions de patients soignés par an ou les Hôpitaux de Manchester (NHS) montraient que ce n’était plus un rêve mais une réalité. L’usage des robots Nurabot au cœur des services taiwanais était intéressant. La courbe d’utilisation montrant l’acceptation des outils, la mesure des gains de productivité, de la baisse des arrêts de travail et des Burn Out présentés par les managers taiwanais étaient particulièrement concrets. Une prochaine visite à Taiwan s’impose pour nous.

La robotique n’est plus un gadget en 2026. A côtés des robots chirurgicaux ou des Simu-Centers, d’autres robots font leur apparition à l’hôpital. Des robots circulaient dans le salon, et des vidéos présentaient des cas d’usage variés : robots logistiques, robots pharmacie, robots de désinfection et nettoyage, robots hôtelier, robots de téléprésence. J’ai beaucoup aimé le robot Diligent, avec son bras articulé, capable de gestes usuels (appel ascenseurs, ouverture de tiroirs ou portes, portage etc.).

Les retours terrain sont clairs, les robots en 2026 produisent des gains de productivité, améliorent les conditions de travail et sont une des réponses à la pénurie de ressources humaines.

Ma lecture en tant qu’expert européen (elle n’engage que moi) :
HIMSS reste un moment incontournable pour tous les décideurs, les discours sont de plus en plus stratégiques, à la hauteur des enjeux de demain.
On mesure à HIMSS World la différence d’approche entre les États-Unis et l’Europe.
Aux USA les déploiements sont rapides, la vision du ROI est systématique, l’approche se veut systémique.
Les gouvernances s’adaptent aux innovations. La santé est une industrie qui joue avec tous les leviers de ce monde-là et notamment l’industrialisation du secteur.
En Europe, les approches sont plus prudentes, la digitalisation se focalise surtout sur l’informatique, les innovations sont encore perçues comme un coût. Les approches restent souvent cloisonnées. Le risque évident pour l’Europe, est de rater la phase d’industrialisation. Cependant, le contexte politique actuel, ne pousse pas à rechercher des alliances ou partenariats avec les Big Tech majoritairement américains.

En conclusions, voilà les 5 points clés que j’ai retenu de HIMSS 2026 Las Vegas :
1. Choisir une plateforme structurante, plus qu’un DPI.
2. Industrialiser l’IA rapidement.
3. Automatiser l’administratif en priorité pour dégager des ROIs permettant de financer l’IA clinique en devenir.
4. Mettre en place une gouvernance IA solide, transversale, drivée par l’économie.
5. Transformer les organisations notamment grâce aux robots, à une vision bâtimentaire devenue intelligente.

HIMSS 2026 n’est pas une rupture technologique, c’est une rupture « économique et organisationnelle ».
L’hôpital, vu par cette société savante devient :
• une plateforme,
• pilotée par la donnée,
• augmentée par des agents IA,
• performée par la robotisation,
avec des résultats qui doivent être mesurés.

Thierry COURBIS
CEO Leader Health
www.leaderhealth.ch
[email protected]

Vous avez raté Arab Health 2025 ? J'ai relevé dans cet article 7 tendances du développement de l'innovation digitale : 1...
11/02/2025

Vous avez raté Arab Health 2025 ? J'ai relevé dans cet article 7 tendances du développement de l'innovation digitale :
1) L'innovation technologique et IA en santé
2) La médecine de précision et génomique
3) L'E-Health (télémédecine et soins à distance)
4) Robotique chirurgicale et support
5) La santé mentale au cœur de nombreuses préoccupations
6) Le développement des hôpitaux digitaux
7) La santé de plus en plus durable
Merci de me lire ici et de laisser un petit commentaire: https://lnkd.in/eFiUMw8x

HACKING HEALTH CAMPNous avons été un des tous premiers acteurs à supporter Le Hacking Health made in France. Il y a plus...
23/02/2024

HACKING HEALTH CAMP
Nous avons été un des tous premiers acteurs à supporter Le Hacking Health made in France. Il y a plus de 10 ans. Merci Sébastien Letelié ! Au menu du Hacking Health Camp, durant 3 jours des pitch inspirants, des formations et un hackathon de 50 heures pour matérialiser les idées.
C'est particulièrement intéressant de pouvoir réunir un ensemble de personnes aux esprits novateurs et aux compétences multiples (technologie, design, médecine, entrepreneuriat...) pour confronter les idées pour la santé de demain, découvrir des nouvelles tendances ou affiner les besoins des utilisateurs. C'est aussi un moyen de donner vie à des concepts théoriques au travers de premiers prototypes fonctionnels. Ce retour d'usage a de la valeur.
Nous avons appris et apprenons encore en participant au Hacking Health. Des start up se sont crées et d'autres sont devenues des références dans leur domaine. Alors prêts pour un grand bol d'air frais à Strasbourg en Avril ?
Pour tout savoir : https://lnkd.in/eUKgsemk
Pour connaitre ce qu'ils sont devenus : https://lnkd.in/eVpefUgf
Un panorama de 10 ans : https://lnkd.in/eekbXi8a ...

Très bon article publié par Sylvie Lapostolle dans TEChopital le 20 décembre (voir https://lnkd.in/eVGxE7ww) sur les gai...
05/01/2023

Très bon article publié par Sylvie Lapostolle dans TEChopital le 20 décembre (voir https://lnkd.in/eVGxE7ww) sur les gains de temps soignant grâce à une démarche de robotisation des flux par AMR. Le CHU de Nantes a été l'un de nos premiers clients en France, à oser imaginer une organisation des flux reposant sur ces machines de nouvelle génération. Les AMR de chez VECNA Robotics étaient sans doute les plus évoluées jamais construites à ce jour. Tony Perlemoine, a depuis suivi l'évolution du marché pour arriver à une organisation V3 pleinement aboutie. Nous sommes heureux de le compter dans le réseau Leader Health pour partager ce savoir-faire et cette expérience avec nos pairs. Les grandes centrales d'achat, UNIHA, CAIH, RESAH, vont prochainement intégrer dans leurs catalogues la possibilité d'acheter ces robots en évitant des procédures complexes d'achat. Reste que la robotisation des flux ne s'improvise pas. C'est un reengineering global des organisations, et parfois de son système de pensée qu'il faut mener pour réussir pleinement son projet. Face à la pénurie des personnels, face à la nécessaire amélioration de la QVT, il faut mettre à disposition des outils qui évitent la multiplication des tâches, la gestion des stocks dans les unités, le transport de charges par des humains. Il faut enfin que ce temps gagné soit recentré sur le patient. C'est là une belle résolution pour 2023 et nous serons là pour vous y aider.
Thierry COURBIS
CEO
Leader Health
hospital numerique

SANTE et ARCHITECTUREAu programme de ce colloque de bon niveau, plusieurs thématiques avec à la base un constat « la san...
26/03/2021

SANTE et ARCHITECTURE
Au programme de ce colloque de bon niveau, plusieurs thématiques avec à la base un constat « la santé n’est pas le soin », rappelé dès les années 80 par l’OMS et une piste de travail « comment concilier Architecture et Santé ».
Comme l’a souligné un intervenant «… le recours au système de soin, c’est quand tout le reste a échoué… ». Cela rend humble face aux grands projets hospitaliers. Il est certes plus facile de construire un hôpital que de travailler sur des thématiques économiques et sociales favorisant l’état de bien-être. La notion « d’exposome » est un concept intéressant qui amène à réfléchir en dehors des murs de l’hôpital ou clinique. Comme nous le savons tous, l’OMS estime qu’une activité physique accrue, une alimentation plus saine et l’arrêt du tabagisme permettraient d’éviter jusqu’à 80% des maladies coronariennes, 90% des cas de diabète de type 2 et 30% de tous les cancers. Je me souviens d’un projet passionnant dans le Nord de la France où la Communauté de Communes souhaitait profiter de la construction d’un hôpital innovant pour le replacer dans un circuit global de prévention / éducation / bien-être. Nous sommes loin de la T2A et de ses silos de financement mais au cœur sans doute d’un processus d’amélioration de la santé et non pas uniquement du soin.
Alors faut-il arrêter de construire et mettre l’investissement public sur d’autres sujets ? Sans doute que la réflexion est pertinente, mais là n’était pas l’essence de ce débat. L’idée était déjà de regarder à l’aune d’une approche historique, internationale et documentée, si des leçons peuvent être tirées pour que l’investissement réalisé soit bien utilisé.
J’ai en retenu quelques-unes et j’ai développé quelques conclusions non universelles et forcément trop personnelles, que je partage ici :
- La notion de « programme à la française » véritable cadre d’une opération, apparait comme déconnectée des réalités pour une série de constats que même certains professionnels du métier valident :
La vision prédictive est trop éloignée de l’objectif final. Dix à quinze années séparent les premières études de l’ouverture d’un bâtiment. Par ailleurs qu’est-ce qui est certain dans l’évolution de la santé ? La crise du COVID19 montre à quel point nous avons été aveugle.
Les ratios type par locaux sont des carcans, construits avec des données rétrospectives et donc, malheureusement ils sont bien éloignés des réalités de demain.
L’innovation, notamment digitale, qui marque un tournant de nos sociétés depuis 20 ans est presque toujours absente dans les programmes hospitaliers, pour des raisons multiples qui mériteraient un débat à part entière.
- La place du patient est anecdotique dans les études actuelles. L’architecte saura voir une ligne, un développé de façade, une signature. Avec son bureau d’études les contraintes structurelles et techniques seront bien prises en compte mais on passe à côté de l'essentiel. Le patient, les familles, les personnels sont les grands oubliés du projet. Tous nos experts du Nord de l’Europe nous le disent « l’investissement le plus intéressant pour notre projet a été d’intégrer les patients du début jusqu’à la fin ». Cette leçon tirée de l'expérience a été dite des dizaines de fois dans nos séminaires d'Impact Study mis en place dans tous nos projet de vision innovante. Aucun client n'a suivi cette recommandation.
- La flexibilité et la résilience face aux menaces réelles. Samuel Alizon dans son ouvrage « Faire dialoguer Pasteur et Darwin » nous rappelle qu’en 2000 ans il y a eu 7500 générations de l’espèce «Homo Sapiens » porteuses d’adaptations génétiques et 7500 générations de VIH en 20 ans. Il est donc ambitieux de vouloir jouer sur notre adaptation naturelle face aux risques infectieux notamment, ou, sur notre capacité à anticiper les évolutions. La clef c’est la flexibilité et la résilience.
- « Small is Beautiful » versus Concentration et Productivisme. La concentration des offreurs de santé, la construction d’ensembles hospitaliers puissants contribuent à l’amélioration de la productivité par un classique effet d’échelle et un regroupement des savoirs. Mais on doit se poser la question de la fragilité de ces géants face aux nouvelles menaces et de l’accès aux soins dans un bilan global efficace. Les hôpitaux pavillonnaires ou des structures « décrochables » avaient été inventées pour répondre aux risques infectieux, pour parfaire l’hygiène, pour s’adapter. En pleine crise du COVID19 ces mots retrouvent du sens. Et pourtant, les programmes des 18 derniers mois n'ont pas vraiment revus en profondeur. Lorsque je vois le « monstre » hospitalier qui va se créer dans la banlieue Nord de Paris, monolithique signé par un nom prestigieux de l’Architecture mondiale, je m’interroge sur la capacité de cet ensemble à pousser ses murs, cloisonner son espace suivant des risques évoluant chaque jour, sérier ses entrées pour faire face à une menace grave et un afflux massif de malades à ses portes. Sans doute que mes interrogations ne sont pas suffisamment éclairées pour comprendre cette logique en pleine crise hospitalière qui met à genoux notre économie.
- Healing Hospital. Ce concept puissant, évalué, documenté, bénéficiant d’une société active d’experts a du mal à franchir nos frontières. Je me souviens de ces projets tristes où nombre de chambres donnaient sur les cours logistiques, parfois une morgue, un parking … on est loin des réalisations de pointe qui soignent, par le beau et le bien-être.
- Digital Hospital. Et si l’informatique et la robotique étaient une des clefs ? Le digital permet de prendre de la distance vis-à-vis de l’espace et du temps. On peut apporter une réponse sanitaire à la vitesse d’un réseau numérique puissant de manière instantanée sans toujours avoir le patient en face. Les technologies iront de plus en plus loin de ce point de vue. La classique « consultation » de télé médecine (30% des remboursements assurance maladie pendant les périodes de confinement durs) se dote de sciences nouvelles et d'assistants de plus en plus élaborés. Voilà que des facultés de médecine, commencent à enseigner la reconnaissance des signes à distance, l’utilisation de dispositifs de santé personnels (smartphone, appareils prêtés etc.) pour parfaire un diagnostic. Des solutions couplées à de la logistique évoluée permettent d’apporter ensuite une partie de la réponse thérapeutique en mettant à disposition le bon produit, chez soi. Et pour boucler ce tour d’horizon technophile, évitons encore d’imaginer que nos plateaux techniques de demain seront mobiles, œuvrant à distance même si depuis septembre 2001, l’un de nos plus grands chirurgiens, associé à un de nos champions IT a su réaliser une ablation chirurgicale importante à plusieurs milliers de kilomètres. Les mêmes équipes travaillent sans relâche vers la miniaturisation du geste et son pilotage, dans le bloc opératoire, demain au domicile préparé pour cela. Bien entendu, relire un programme avec ces lunettes digitales laisse apercevoir une autre architecture…

« La critique est aisée, l’Art est difficile » disait au XVIII le comédien Philippe Néricault. Ces petites réflexions « à chaud » ne se veulent nullement critiques. Derrière chaque observation, il y a vraisemblablement un éventail de justifications qui peuvent expliquer cela et lancer le débat. Mais le professionnel de santé que j’ai été durant 20 ans, ne peut s’empêcher de constater que le chemin est encore loin vers une approche globale rapprochant l’humain, l’architecture et la technologie au profit d’un monde meilleur.
Merci aux organisateurs pour l’invitation.

Thierry COURBIS
Manager de Santé EHESP – Docteur en Économie – Ingénieur Système d’Information
CEO LEADER HEALTH Genève
www.leaderhealth.ch

Au programme de ce colloque de bon niveau, plusieurs thématiques avec à la base un constat « la santé n’est pas le soin », rappelé dès les années 80 par l’OMS et une piste de travail « comment concilier Architecture et Santé ».

Comme l’a souligné un intervenant «… le recours au système de soin, c’est quand tout le reste a échoué… ». Cela rend humble face aux grands projets hospitaliers. Il est certes plus facile de construire un hôpital que de travailler sur des thématiques économiques et sociales favorisant l’état de bien-être. La notion « d’exposome » est un concept intéressant qui amène à réfléchir en dehors des murs de l’hôpital ou clinique. Comme nous le savons tous, l’OMS estime qu’une activité physique accrue, une alimentation plus saine et l’arrêt du tabagisme permettraient d’éviter jusqu’à 80% des maladies coronariennes, 90% des cas de diabète de type 2 et 30% de tous les cancers. Je me souviens d’un projet passionnant dans le Nord de la France où la Communauté de Communes souhaitait profiter de la construction d’un hôpital innovant pour le replacer dans un circuit global de prévention / éducation / bien-être. Nous sommes loin de la T2A et de ses silos de financement mais au cœur sans doute d’un processus d’amélioration de la santé et non pas uniquement du soin.

Alors faut-il arrêter de construire et mettre l’investissement public sur d’autres sujets ? Sans doute que la réflexion est pertinente, mais là n’était pas l’essence de ce débat. L’idée était déjà de regarder à l’aune d’une approche historique, internationale et documentée, si des leçons peuvent être tirées pour que l’investissement réalisé soit bien utilisé.

J’ai en retenu quelques-unes et j’ai développé quelques conclusions non universelles et forcément trop personnelles, que je partage ici :

- La notion de « programme à la française » véritable cadre d’une opération, apparait comme déconnectée des réalités pour une série de constats que même certains professionnels du métier valident :

La vision prédictive est trop éloignée de l’objectif final. Dix à quinze années séparent les premières études de l’ouverture d’un bâtiment. Par ailleurs qu’est-ce qui est certain dans l’évolution de la santé ? La crise du COVID19 montre à quel point nous avons été aveugle.
Les ratios type par locaux sont des carcans, construits avec des données rétrospectives et donc, malheureusement ils sont bien éloignés des réalités de demain.
L’innovation, notamment digitale, qui marque un tournant de nos sociétés depuis 20 ans est presque toujours absente dans les programmes hospitaliers, pour des raisons multiples qui mériteraient un débat à part entière.

- La place du patient est anecdotique dans les études actuelles. L’architecte saura voir une ligne, un développé de façade, une signature. Avec son bureau d’études les contraintes structurelles et techniques seront bien prises en compte mais on passe à côté de l'essentiel. Le patient, les familles, les personnels sont les grands oubliés du projet. Tous nos experts du Nord de l’Europe nous le disent « l’investissement le plus intéressant pour notre projet a été d’intégrer les patients du début jusqu’à la fin ». Cette leçon tirée de l'expérience a été dite des dizaines de fois dans nos séminaires d'Impact Study mis en place dans tous nos projet de vision innovante. Aucun client n'a suivi cette recommandation.

- La flexibilité et la résilience face aux menaces réelles. Samuel Alizon dans son ouvrage « Faire dialoguer Pasteur et Darwin » nous rappelle qu’en 2000 ans il y a eu 7500 générations de l’espèce «Homo Sapiens » porteuses d’adaptations génétiques et 7500 générations de VIH en 20 ans. Il est donc ambitieux de vouloir jouer sur notre adaptation naturelle face aux risques infectieux notamment, ou, sur notre capacité à anticiper les évolutions. La clef c’est la flexibilité et la résilience.

- « Small is Beautiful » versus Concentration et Productivisme. La concentration des offreurs de santé, la construction d’ensembles hospitaliers puissants contribuent à l’amélioration de la productivité par un classique effet d’échelle et un regroupement des savoirs. Mais on doit se poser la question de la fragilité de ces géants face aux nouvelles menaces et de l’accès aux soins dans un bilan global efficace. Les hôpitaux pavillonnaires ou des structures « décrochables » avaient été inventées pour répondre aux risques infectieux, pour parfaire l’hygiène, pour s’adapter. En pleine crise du COVID19 ces mots retrouvent du sens. Et pourtant, les programmes des 18 derniers mois n'ont pas vraiment revus en profondeur. Lorsque je vois le « monstre » hospitalier qui va se créer dans la banlieue Nord de Paris, monolithique signé par un nom prestigieux de l’Architecture mondiale, je m’interroge sur la capacité de cet ensemble à pousser ses murs, cloisonner son espace suivant des risques évoluant chaque jour, sérier ses entrées pour faire face à une menace grave et un afflux massif de malades à ses portes. Sans doute que mes interrogations ne sont pas suffisamment éclairées pour comprendre cette logique en pleine crise hospitalière qui met à genoux notre économie.

- Healing Hospital. Ce concept puissant, évalué, documenté, bénéficiant d’une société active d’experts a du mal à franchir nos frontières. Je me souviens de ces projets tristes où nombre de chambres donnaient sur les cours logistiques, parfois une morgue, un parking … on est loin des réalisations de pointe qui soignent, par le beau et le bien-être.

- Digital Hospital. Et si l’informatique et la robotique étaient une des clefs ? Le digital permet de prendre de la distance vis-à-vis de l’espace et du temps. On peut apporter une réponse sanitaire à la vitesse d’un réseau numérique puissant de manière instantanée sans toujours avoir le patient en face. Les technologies iront de plus en plus loin de ce point de vue. La classique « consultation » de télé médecine (30% des remboursements assurance maladie pendant les périodes de confinement durs) se dote de sciences nouvelles et d'assistants de plus en plus élaborés. Voilà que des facultés de médecine, commencent à enseigner la reconnaissance des signes à distance, l’utilisation de dispositifs de santé personnels (smartphone, appareils prêtés etc.) pour parfaire un diagnostic. Des solutions couplées à de la logistique évoluée permettent d’apporter ensuite une partie de la réponse thérapeutique en mettant à disposition le bon produit, chez soi. Et pour boucler ce tour d’horizon technophile, évitons encore d’imaginer que nos plateaux techniques de demain seront mobiles, œuvrant à distance même si depuis septembre 2001, l’un de nos plus grands chirurgiens, associé à un de nos champions IT a su réaliser une ablation chirurgicale importante à plusieurs milliers de kilomètres. Les mêmes équipes travaillent sans relâche vers la miniaturisation du geste et son pilotage, dans le bloc opératoire, demain au domicile préparé pour cela. Bien entendu, relire un programme avec ces lunettes digitales laisse apercevoir une autre architecture…

« La critique est aisée, l’Art est difficile » disait au XVIII le comédien Philippe Néricault. Ces petites réflexions « à chaud » ne se veulent nullement critiques. Derrière chaque observation, il y a vraisemblablement un éventail de justifications qui peuvent expliquer cela et lancer le débat. Mais le professionnel de santé que j’ai été durant 20 ans, ne peut s’empêcher de constater que le chemin est encore loin vers une approche globale rapprochant l’humain, l’architecture et la technologie au profit d’un monde meilleur.

Merci aux organisateurs pour l’invitation.

Thierry COURBIS

Manager de Santé EHESP – Docteur en Économie – Ingénieur Système d’Information
CEO LEADER HEALTH Genève
www.leaderhealth.ch

L'année 2020 se termine. Année  noire, année difficile ? Pour certains sans nul doute. Les voyages  lointains, les renco...
08/01/2021

L'année 2020 se termine. Année noire, année difficile ? Pour certains sans nul doute. Les voyages lointains, les rencontres conviviales, les meetings en présentiel tout cela a été annulé, différé et nous en avons souffert dans nos activités. Mais cette année a aussi été l'occasion de reposer la question des priorités pour bien des pays. La santé redevient centrale, et mobilise des efforts financiers sans précédents partout dans le monde. La résilience, la flexibilité, le travail autrement, sont désormais des objectifs réels et ne sont plus de simples mots.
Le digital est devenu incontournable, la robotisation également, la coordination des acteurs sur le terrain autour d'un même but. L'innovation est la clef du succès et ce n'est surtout pas une question de taille comme l'a démontré l'entreprise BioNtech tout juste sortie de son rang de Start Up en associant le fruit de ses recherches avec le géant Pfizer. C'est dans les difficultés qu'on reconnait les meilleurs. Alors 2021 sera sûrement une année intéressante à observer, excitante à traverser, et nous serons encore et toujours à vos côtés pour vous aider à faire plus et mieux.
Thierry COURBIS
CEO LEADER HEALTH

DIGITAL HOSPITAL in BELGIUMLe Centre Hospitalier de Wallonie Picarde (CHWAPI) composé de trois sites hospitaliers et d’u...
13/04/2020

DIGITAL HOSPITAL in BELGIUM
Le Centre Hospitalier de Wallonie Picarde (CHWAPI) composé de trois sites hospitaliers et d’une polyclinique, est l’une des plus importantes Institutions hospitalières de Wallonie. Afin de mieux répondre aux besoins sanitaires du territoire et de concrétiser la fusion de ses entités, le CHWAPI a décidé de se reconstruire. Depuis presque deux années, le projet dit « Phase 2 » mobilise les collaborateurs, autour d’un projet de reconstruction sur le site de l’Union de 150.000 m² permettant d’installer sur un site unique 712 lits en hospitalisation classique et 140 lits en hospitalisation pour un coût de 220 millions d’euros. Le cabinet ARCHIPELAGO de Bruxelles a été retenu pour construire ce nouvel édifice qui devrait voir le jour en 2023. Cette reconstruction constitue l’une des opérations majeures de ce territoire mais aussi une opportunité rare de réformer en profondeur les processus et les organisations en place, notamment en recourant aux technologies digitales.
Un premier travail de réflexion et d’identification de pistes de solutions techniques a été menée en interne. Sur la base de ce travail, mais conscient qu’il s’agit de sujets novateurs, rarement traités dans des opérations de construction récentes, le CHWAPI a souhaité se faire assister par une société de conseil disposant d’une réelle expertise et d’un savoir-faire éprouvé.
Leader Health a répondu à la sollicitation du CHWAPI et a été retenu pour conduire cette mission. Un nouvel Hôpital Digital va voir le jour en Wallonie.
DI

Le numérique et son impact sur l'architecture hospitalière. Leader Health est invité à présenter 10 années d'évolution d...
12/08/2019

Le numérique et son impact sur l'architecture hospitalière. Leader Health est invité à présenter 10 années d'évolution dans ce domaine spécifique avec l'expérience assez unique de nos experts. Venez nous rejoindre aux journées de l'Architecture de Santé en octobre sur la Riviera. Pour les détails et programme c'est en ligne ici https://lnkd.in/eK48nkq. A très bientôt dans les locaux superbes d'un magnifique théâtre à l'italienne du Palais de l'Europe de Menton.

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