08/07/2026
Lorsqu'on parle de violences conjugales, les personnes âgées sont rarement les premières auxquelles on pense.
Pourtant, les chiffres disponibles montrent que cette réalité existe bel et bien. Les statistiques policières indiquent que les personnes âgées portent rarement plainte. Comme les données reposent principalement sur les cas signalés, cela peut donner l'impression que les seniors sont moins concernés par les violences au sein du couple.
La réalité est toutefois bien différente.
Au cours des dix dernières années en Suisse, plus de 20 % des victimes de féminicides liés à la violence domestique avaient atteint l'âge de la retraite, faisant de cette tranche d'âge la plus touchée.
Cette problématique reste largement méconnue et souffre d'une forme de double invisibilisation.
D'une part, les personnes âgées sont encore peu représentées dans les campagnes de sensibilisation consacrées aux violences conjugales. Les images, les témoignages et les messages de prévention montrent rarement des victimes seniors.
D'autre part, les ressources d'aide spécialisées - centres LAVI, maisons d'accueil, police ou services de soutien- sont peu sollicitées par les personnes âgées. Non pas parce qu'elles sont moins concernées, mais parce que de nombreux obstacles freinent la demande d'aide : honte, peur des conséquences, dépendance, isolement ou encore valeurs générationnelles.
À cela s'ajoute parfois une vision négative du vieillissement, appelée âgisme. Les violences subies par les personnes âgées peuvent être minimisées, banalisées ou attribuées à tort aux difficultés liées à l'âge.
Ces violences sont souvent silencieuses. Elles restent cachées derrière les portes des domiciles, tues par les victimes elles-mêmes et trop souvent absentes du débat public.
Parce que la violence n'a pas d'âge.