31/07/2026
💥Très tôt, j’ai compris que je ne serais probablement jamais un psychologue « comme les autres ».
Déjà à l’université, je posais une question qui semblait déranger : « Oui… mais est-ce que cela fonctionne vraiment ? » J’avais souvent l’impression que l’on parlait davantage de théories, d’écoles ou de modèles que d’efficacité réelle. Moi, je voulais comprendre ce qui aide concrètement un être humain à changer.
Cette manière de penser ne m’a plus quitté.
Dès l’aménagement de mon cabinet, je me suis demandé pourquoi tant de cabinets devaient ressembler à des cabinets : du beige, du blanc, des fauteuils austères et une atmosphère clinique. Si l’on veut aider quelqu’un à retrouver de la joie, de l’élan ou de la confiance, pourquoi l’accueillir dans un lieu qui évoque la maladie ? J’ai donc créé un espace qui ressemble davantage à un lounge.
J’y ai même installé un bar, avec une part d’humour mais aussi une intuition sérieuse : pour certaines personnes, notamment celles que l’univers thérapeutique intimide ou rebute, un cadre plus familier et désacralisé peut rendre la démarche moins étrangère et moins menaçante.
Cette même liberté guide ma pratique. Si une musique, même du hard rock joué très fort, peut provoquer une prise de conscience, je l’utilise.
Si une confrontation est plus utile qu’une heure d’écoute silencieuse, je confronte.
Si une pointe de provocation permet de fissurer une croyance installée depuis vingt ans, je n’hésite pas.
La douceur, l’écoute et l’accueil sont essentiels. Ils ne suffisent pourtant pas. Le rôle du psychologue n’est pas seulement d’offrir un espace où la souffrance peut être racontée. Il est aussi de questionner, de recadrer, de provoquer parfois et surtout d’aider à remettre du mouvement là où la vie s’est figée.
La psychologie ne devrait jamais devenir une collection de rites professionnels que l’on reproduit parce qu’ils se font depuis toujours.
👉🏻 Elle devrait rester une discipline vivante, critique et exigeante, soumise à une seule question : est-ce que ce que nous faisons aide réellement la personne à aller mieux ?