06/08/2026
💎 On me demande souvent à quel « courant » psychologique j’appartiens. Ma réponse déçoit parfois : à aucun.
Je préfère penser en instants plutôt qu’en courants.
Un courant est une identité. Il offre une grille de lecture, un langage, des techniques, parfois même une manière de regarder tous les patients. C’est rassurant, mais cela peut aussi devenir une prison intellectuelle. À force de voir le monde à travers une seule théorie, on finit par adapter la personne au modèle plutôt que le modèle à la personne.
Un instant est différent. C’est le moment précis où une idée, une technique ou une intervention est la plus pertinente. Peu importe qu’elle provienne des TCC, de la thérapie systémique, de Milton Erickson, de la PNL, de la thérapie centrée sur les solutions ou d’une autre approche. La seule question qui m’intéresse est : est-ce que, pour cette personne, à cet instant, c’est le meilleur levier disponible ?
Cette manière de travailler est infiniment plus exigeante. Elle oblige à connaître plusieurs modèles en profondeur, à comprendre leurs limites, à renoncer au confort d’une identité théorique et à accepter de remettre ses certitudes en question à chaque entretien.
Mais elle est aussi, selon moi, plus fidèle à la réalité. Les êtres humains n’entrent pas dans des cases. Pourquoi nos interventions devraient-elles y rester enfermées ?
Je ne crois pas que les courants doivent disparaître. Ils sont indispensables pour construire des connaissances et former des professionnels. En revanche, je crois qu’au contact d’un être humain, ils devraient cesser d’être une appartenance pour redevenir ce qu’ils sont réellement : des outils, disponibles uniquement lorsque l’instant les rend justes.