03/06/2026
C'est quelque chose que je vois parfois en séance. Chez des sportifs, mais pas seulement.
Un athlète vient me voir pour des douleurs à l'effort. Les examens médicaux sont rassurants : le corps est sain, rien n'explique les symptômes.
Mais la douleur, elle, est bien réelle.
Ce qui attire mon attention, c'est qu'elle n'apparaît jamais à l'entraînement, même lors de séances longues ou intenses. En revanche, en compétition, lorsque la victoire devient envisageable, tout change.
Assis en face de moi, il explique: « Je me sens bien au début. Mais quand je réalise que je peux gagner... la douleur arrive, de plus en plus forte, et je lâche».
Et si ne pas gagner lui permettait d'éviter une autre souffrance ?
C’est ce qui ressort pendant la séance.
Ce sportif avait déjà performé à haut niveau. La pression était devenue trop importante pour lui, ses performances avaient chuté, il avait été écarté de l'équipe, ce dont il avait beaucoup souffert.
Alors maintenant, quand il se retrouve en position de gagner, quelque chose en lui se souvient, et préfère lâcher.
Ce n’est pas l’échec qui fait peur, c’est ce que la réussite pourrait générer.
Alors concrètement, on peut faire quoi ?
Déjà prendre conscience du mécanisme, atténuer l'impact de la souffrance passée, apprendre à percevoir la victoire autrement que comme une menace.
Et ensuite, tester en compétition.
L’auto-sabotage peut être une protection inconsciente. Une stratégie mise en place à un moment donné pour éviter de souffrir à nouveau.
Ce n’est pas toujours le cas, chaque situation est unique et doit être explorée. Mais quand on identifie ce mécanisme, quelque chose peut commencer à changer.
Est-ce que toi, tu as déjà eu l’impression qu’une partie de toi t’empêchait d’atteindre quelque chose que tu désirais pourtant vraiment?