28/07/2026
Qu'est-ce que la _ ?
La DXA (Dual-energy X-ray Absorptiometry), ou DMO-DXA (Densité Osseuse par
absorptiométrie biphotonique à rayons X), est une technique d'imagerie médicale qui utilise deux
faisceaux de rayons X d'énergies différentes pour distinguer les tissus corporels.
Initialement
développée pour mesurer la densité osseuse dans le cadre du dépistage de l'ostéoporose,
la DXA permet aujourd'hui également d'évaluer avec précision la composition corporelle globale :
masse osseuse, masse maigre (muscles, organes, eau) et masse grasse, avec une répartition par
segments corporels (bras, jambes, tronc).
L'examen est rapide (10 à 20 minutes), non invasif, faiblement irradiant — la dose est très inférieure
à celle d'une radiographie standard — et ne nécessite aucune préparation particulière. Le patient est
simplement allongé sur une table pendant qu'un bras mobile balaie l'ensemble du corps.
Les trois compartiments mesurés
● Masse osseuse : densité
● Masse maigre : muscle squelettique, organes, eau corporelle
● Masse grasse : tissu adipeux total, avec sa répartition androïde/gynoïde et viscérale/sous-
cutanée
Intérêt de la répartition graisse / masse maigre selon les
populations
1. Maladies chroniques
Dans les pathologies chroniques (diabète, insuffisance rénale, maladies inflammatoires, insuffisance
cardiaque, pathologies respiratoires), la DXA aide à dépister la sarcopénie ainsi que l'ostéopénie ou
l'ostéoporose secondaires, souvent silencieuses mais associées à un pronostic défavorable. Une
masse grasse viscérale excessive constitue un marqueur de risque cardiométabolique
(insulinorésistance, syndrome métabolique). Le suivi longitudinal permet d'adapter la prise en
charge nutritionnelle et l'activité physique adaptée, et de surveiller les effets secondaires de certains
traitements — une corticothérapie prolongée, par exemple, fragilise l'os et modifie la répartition des
graisses.
2. Oncologie
En oncologie, la sarcopénie est un facteur pronostique reconnu : elle est associée à une moins bonne
tolérance aux chimiothérapies, un risque accru de complications post-opératoires et une survie
globale diminuée. La DXA permet d'évaluer la masse maigre avant traitement, contribuant au
dépistage précoce de la cachexie cancéreuse, de suivre son évolution pendant et après les
traitements (chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie), et de guider les interventions
nutritionnelles et l'activité physique adaptée en oncologie. Elle est également utile pour surveiller la
santé osseuse chez les patients sous hormonothérapie (cancer du sein, cancer de la prostate),
traitement qui accélère la perte osseuse et augmente le risque fracturaire.
3. Sportifs et préparation physique
Pour les sportifs, la DXA permet de suivre l'évolution du ratio masse maigre / masse grasse au fil
d& #39;un cycle d& #39;entraînement, bien plus précisément que la simple pesée ou l'IMC. Elle objective les
gains de masse musculaire liés à un programme de renforcement, détecte les asymétries entre
membres — utile en rééducation post-traumatique ou pour équilibrer un geste sportif — et aide à
ajuster la charge d'entraînement ou l'apport calorique selon les phases (prise de masse, sèche,
maintien). Elle contribue aussi à prévenir le risque de blessure lorsque la masse maigre chute de
façon excessive, comme dans le surentraînement.
4. Régimes et diététique
Lors d'un régime amaigrissant, la perte de poids seule ne renseigne pas sur sa qualité : elle peut
provenir de la fonte de graisse (souhaitée) ou de la fonte musculaire (délétère). La DXA permet au
diététicien ou au médecin de vérifier que la perte de poids préserve la masse maigre, ce qui est
essentiel pour maintenir le métabolisme de base et éviter l'effet yo-yo. Elle guide également les
ajustements en apport protéique et en activité physique, et offre un suivi objectif et motivant pour
le patient, indépendant des fluctuations d'eau corporelle qui faussent la lecture de la balance.
Conclusion
Au-delà de la seule mesure de la densité osseuse, la DXA est devenue un outil précieux d'évaluation
globale de la composition corporelle, avec des applications qui dépassent largement le champ de
l'ostéoporose : performance sportive, accompagnement nutritionnel, suivi des maladies chroniques
et prise en charge oncologique. Sa reproductibilité et sa faible irradiation en font un examen de
choix pour un suivi répété dans le temps.