20/05/2026
À force de combattre ce qui t’a blessé, tu peux finir par lui ressembler.
Ce n’est pas ce que tu voulais, au départ. Tu voulais juste te protéger, ne plus te faire avoir, ne plus être celui ou celle qui donne trop, qui croit trop vite, qui pardonne pendant que l’autre recommence.
Après une trahison, une humiliation ou une relation qui t’a vidé, quelque chose en toi peut devenir dur. Le cœur se ferme un peu, le regard devient plus froid, la méfiance prend la place de l’élan.
Nietzsche disait que celui qui combat les monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même. Cette phrase frappe parce qu’elle dit une vérité qu’on n’aime pas regarder : parfois, la douleur que tu combats commence à parler à ta place.
Tu as peut-être juré de ne plus jamais te laisser manipuler. Puis, sans t’en rendre compte, tu contrôles, tu te**es, tu attends que l’autre prouve constamment qu’il ne va pas te blesser.
La blessure te donne alors l’impression d’être lucide. En réalité, elle peut aussi te rendre prisonnier d’une version de toi qui ne sait plus recevoir sans surveiller.
Regarde ce qui arrive quand tu fixes trop longtemps ce qui t’a détruit. Ton énergie tourne autour de l’injustice, ton esprit rejoue les scènes, ton corps reste prêt à se défendre même dans des endroits où personne ne t’attaque.
Le danger, ce n’est pas seulement d’avoir croisé une personne toxique. C’est de laisser cette expérience devenir ta nouvelle façon d’aimer, de parler, de choisir, de te protéger et de juger tout ce qui s’approche.
On peut survivre à quelqu’un sans devenir comme lui. Mais pour ça, il faut avoir le courage de voir l’abîme en soi aussi, pas seulement chez l’autre.
Il y a une différence entre poser des limites et bâtir des murs. Une limite protège ta paix, un mur finit par enfermer ce qui reste de vivant en toi.
Guérir, ce n’est pas redevenir naïf. C’est redevenir libre de ne pas faire payer aux bonnes personnes les blessures laissées par les mauvaises.
Un jour, tu comprends que ta vraie victoire n’est pas d’avoir gagné contre ceux qui t’ont fait mal. Ta vraie victoire, c’est d’avoir traversé leur noirceur sans abandonner ta propre lumière.
© Gabriel Tellier
Collaboration commerciale : Regarder son ombre sans lui laisser toute la place, ça demande parfois un vrai cadre. C’est exactement le genre de travail que mon ami Francis Machabée explore dans L’alchimie du miroir, pour ne plus laisser tes blessures parler plus fort que toi.
Lien en commentaire 👇