11/08/2026
Devant la déferlante des « injections amaigrissantes », il me semblait nécessaire de faire quelques mises au point.
Initialement prévues pour traiter le diabète, certaines de ces molécules ont vu leurs indications détournées au profit de la perte de poids.
L'utilisation de ces molécules pour la perte de poids est une option prometteuse, mais elle comporte certains risques et effets secondaires, en particulier en cas de prise sur le long terme.
Malheureusement, nous savons aujourd’hui avec le recul, que les patients s’exposent à une reprise du poids à l’arrêt du traitement…
1) Effets Secondaires Fréquents
Les effets indésirables les plus courants liés à l'utilisation de ces médicaments concernent principalement le système digestif : ils sont fréquents dans 40 % des patients.
Nausées : Un symptôme récurrent, particulièrement au début du traitement ou lors de l'augmentation des doses.
Vomissements : Moins fréquents que les nausées, ils peuvent survenir chez certains patients.
Diarrhées ou constipation : Des troubles du transit sont souvent rapportés.
Douleurs abdominales : Certaines personnes ressentent des crampes ou une sensation de ballonnement.
2) Effets Secondaires Plus Rares mais Potentiellement Graves
Certains patients peuvent expérimenter des effets secondaires plus sérieux, nécessitant une surveillance médicale accrue :
Pancréatite aiguë : Une inflammation du pancréas, pouvant se manifester par de fortes douleurs abdominales, des nausées et des vomissements.
Hypoglycémie : Risque accru notamment chez les patients diabétiques sous traitement concomitant avec d'autres antidiabétiques.
Lithiases biliaires : Formation de calculs biliaires, en raison d'une perte de poids rapide.
Effets cardiovasculaires : Des études sont en cours pour évaluer les risques à long terme sur la fréquence cardiaque et l'hypertension.
3) Risques Psychologiques et Neurologiques
Bien que plus rares, des effets indésirables liés à la sphère psychologique et neurologique ont été rapportés :
Modifications de l'humeur : Certaines personnes rapportent une augmentation de l'anxiété ou des épisodes dépressifs.
Idées suicidaires : Un suivi est recommandé, surtout chez les patients ayant des antécédents psychiatriques ou dépressifs …
Fatigue et vertiges : Des symptômes de fatigue intense de perte d’énergie au quotidien ou d'étourdissements peuvent survenir.
On peut également observer une baisse de l'immunité et un risque accru de blessures ou de fragilité articulaire …
Dans certains cas, on constate une aggravation des troubles du comportement alimentaire…
4) J’attire particulièrement votre attention sur la fonte musculaire qui accompagne ce type d’amaigrissement.
Cette fonte musculaire, reste une préoccupation réelle surtout que chez beaucoup de patients obèses, il y existe déjà une fonte musculaire.
Au cours de ce type d’amaigrissement, rapide et important, on observe une perte de masse maigre souvent supérieure à 25 %, et largement au-dessus pour certains cas.
Phénomène, d’autant plus visible que la majorité de ces patients ont déjà une sarcopénie due à l’âge et et à l’absence ou l’insuffisance d’une activité physique.
Cette fonte musculaire est accentuée par entre autre la diminution importante des apports alimentaires et notamment en protéines en réduisant l’appétit par différents mécanismes.
Comme pour tout amaigrissement, l’objectif consiste à perdre de la masse grasse tout en préservant la masse musculaire, facilement identifiable par les impédancemétries que je pratique personnellement, au début et à la fin de de la prise en charge.
D’où une de mes expressions favorites: « maigrir, c‘est facile, perdre du du gras, c’est plus compliqué ».
5) Autres conséquences de la perte excessive et rapide du poids:
Chute du métabolisme de base : Moins vous avez de masse musculaire, moins votre corps brûle de calories au repos
L'effet Yoyo garanti : En fin de régime, le métabolisme étant ralenti, la reprise de poids se fait sous forme de graisse. Vous finissez avec un pourcentage de masse grasse plus élevé qu'au départ pour un même poids.
Par ailleurs, on sait que l'utilisation de ces molécules peut aussi entraîner des carences nutritionnelles.
Depuis quelques mois, j’observe une forte demande concernant ces injections miracles.
Il faut savoir que les résultats sont éphémères, comme toutes les nombreuses tentatives d’amaigrissement qui ne sont pas basées sur les règles physiologiques.
Par ailleurs il n’existe aucune normalisation du métabolisme qui reste une condition sine qua non de la stabilisation sur le long terme.
Comme tous les ans, « de nouveaux régimes à la mode » fleurissent, mais jusqu’à présent, aucun n’a fait la preuve de son efficacité sur le long terme.
Je voudrais dès à présent attirer votre attention sur ce qu’il se passe à l’arrêt des injections.
Plusieurs études cliniques d'envergure ont directement mesuré l'impact de l'arrêt des traitements de la famille des analogues du GLP-1 (comme la sémaglutide ou la tirzépatide).
Ces travaux confirment de façon constante qu'une fois les injections interrompues, une reprise de poids significative se produit chez la majorité des patients.
1. L'étude STEP 1 Extension (Sémaglutide / Wegovy)
L'une des études les plus citées sur le sujet est l'extension de l'essai clinique STEP 1, publiée dans la r***e Diabetes, Obesity and Metabolism :
Protocole : Des adultes en surpoids ou obèses ont suivi un traitement de 68 semaines par sémaglutide 2,4 mg associé à des conseils hygiéno-diététiques (perte moyenne de 17,3 % du poids). Le traitement et l'accompagnement ont ensuite été arrêtés pendant 1 an (jusqu'à la semaine 120).
Résultat : Un an après l'arrêt, les participants ont repris en moyenne les deux tiers (environ 67 %) du poids qu'ils avaient perdu.
Impact métabolique : Les améliorations obtenues sur la tension artérielle, le cholestérol et le contrôle de la glycémie ont également régressé pour revenir progressivement vers les niveaux initiaux.
2. L'étude SURMOUNT-4 (Tirzépatide / Zepbound / Mounjaro)
Publiée dans le JAMA, l'étude SURMOUNT-4 a évalué l'effet de l'arrêt de la tirzépatide (un double agoniste GIP/GLP-1) :
Protocole : Tous les participants ont reçu de la tirzépatide pendant 36 semaines (obtenant une perte de poids moyenne de 20,9 %). Ils ont ensuite été répartis en deux groupes pendant 52 semaines supplémentaires : un groupe continuant le médicament et un groupe recevant un placebo.
Résultat :
Le groupe ayant poursuivi le traitement a perdu encore 5,5 % de poids supplémentaire.
Le groupe ayant arrêté le traitement (passé au placebo) a subit une reprise de poids moyenne de 14 % du poids corporel. Plus de 80 % de ces patients ont repris au moins un quart du poids perdu.
Pourquoi cette reprise de poids survient-elle ?
Les molécules comme la sémaglutide ou la tirzépatide ralentissent la vidange gastrique et envoient des signaux de satiété au cerveau. Lorsque le traitement est interrompu :
1. Le signal d'appétit réapparaît : La sensation de faim et les fringales reviennent à leur niveau biologique d'origine.
2. Adaptation métabolique : Lors d'une perte de poids importante, l'organisme réduit sa dépense énergétique de repos, ce qui facilite le stockage des calories dès la reprise d'un apport normal.
Ces injections doivent être intégrées dans un programme global de gestion du poids en même temps qu’une alimentation équilibrée et une activité physique adaptée: piliers indissociables
Il sera impossible de conserver le poids atteint et espérer des résultats durables sans véritable prise en charge nutritionnelle spécifique adaptée à une activité physique ciblée .
Les injections pour maigrir, bien qu’efficaces, ne peuvent remplacer les bases fondamentales d‘une alimentation spécifique, équilibrée et adaptée aux besoins de chacun, d’où l’importance du suivi médical rigoureux dans les réajustements métaboliques à toutes les étapes de la prise en charge.
Cette prise en charge comporte également une approche holistique qui inclut un accompagnement psychologique afin d’aider à gérer les émotions souvent liées à l’alimentation, comme le stress ou la frustration…
En conclusion, les injections amaigrissantes peuvent être une méthode efficace pour soutenir la perte de poids lorsqu’elles sont utilisées de manière appropriée et chez des patients sélectionnés.
Toutefois, elles ne conviennent pas à tout le monde et nécessitent une évaluation personnalisée.
Un accompagnement par un médecin-nutritionniste, qui mettra en place une rééducation nutritionnelle adaptée à chaque étape de l’amaigrissement, basé sur l’évolution des données métaboliques est la seule garantie pour éviter le phénomène de rebond et permettre une stabilisation sur le long terme.
Devant la demande de plus en plus croissante de patients désespérés en situation de rebond, j’ai accepté depuis quelques semaines de prendre en charge ce nouveau type de patients, afin de les accompagner pour éviter ou stopper la reprise de poids et devoir tout recommencer.
Je vous remercie pour votre attention.
Si cet exposé vous a intéressé, je vous demanderai de le partager afin d’ aider de nombreuses personnes qui sont dans une impasse sur le plan nutritionnel, le but étant d‘améliorer leur état de santé psychique et physique par une prise en charge sérieuse médicale holistique et intégrative.
Je constate que depuis toujours, et sans savoir je pratiquais déjà la médecine holistique et intégrative, la différence entre les deux etant subtile mais importante.
Ces approches de la médecine sont complémentaires de la médecine traditionnelle.
Le prochain sujet que je vais traiter et qui me tient à cœur devant une patientèrent de plus en plus fréquente à mon cabinet est les TDAH.
D’ailleurs, à ce propos, je souhaiterais que les patients que j’ai amélioré ayant ce type de trouble plus ou moins associé à un Asperger ( TSA )puissent déposer un avis.
Il n’y a pas de honte a être atteints de ces symptômes.
Le but étant de venir en aide de façon plus adaptée à ce type de patients.