01/06/2026
Une jeune femme a poussé la porte de mon cabinet. Lors de notre premier rendez-vous, elle m’a confié son histoire.
💔Depuis que l’homme avec qui elle vivait l’avait quittée du jour au lendemain, plus rien n’allait.
Aucune véritable explication, aucune discussion, aucun mot pour comprendre ce qui s’était passé. Seulement un départ brutal.
Et après ce départ, un silence lourd, assourdissant.
Comme si elle avait été effacée de sa vie du jour au lendemain.
⛈️Depuis, les crises d’angoisse s’enchaînaient, le sommeil chaotique, des nuits à cogiter, à se remémorer le passé et à imaginer ce qu’il fait avec qui…
Son esprit tournait sans arrêt, elle pleurait beaucoup.
Elle avait perdu confiance en elle, elle ne se reconnaissait plus.
Mais, info importante, c’était qu’elle savait parfaitement que cette relation n’était pas bonne pour elle. Elle n’était pas dans le déni.
Elle savait que cet homme lui avait fait du mal, que ce qu’il lui a fait n’était pas normal dans une relation.
Elle savait qu’il ne lui apportait ni sécurité, ni stabilité, ni sérénité.
Mais malgré ça, elle n’arrivait pas à tourner la page.
Elle souffrait de son absence comme si sa survie en dépendait.
Elle m’explique alors qu’elle est également suivie par une psychologue et que ce travail lui a déjà permis de prendre conscience de nombreux mécanismes présents dans sa vie.
Mais elle ressent qu’au-delà de ce qu’elle comprend intellectuellement, certaines réactions restent incontrôlables.
Comme si quelque chose de plus profond continuait à diriger sa vie affective.
Elle souhaitait donc explorer avec moi les empreintes émotionnelles de la vie prénatale et de la naissance afin de mieux comprendre certains schémas qui se répétaient depuis toujours.
Au fil de nos échanges, elle me parle davantage de cette relation.
Au début, cet homme avait su trouver les mots qu’elle avait toujours eu besoin d’entendre.
Il l’avait rassurée, valorisée et séduite. Elle avait eu le sentiment d’être enfin importante pour quelqu’un, qu’elle était enfin choisie et aimée.
Puis les choses avaient progressivement changé, l’emprise s’était installée.
Pas forcément avec de la violence visible mais avec des mécanismes beaucoup plus subtils.
Un jour, elle était exceptionnelle et le lendemain, elle ne faisait jamais assez bien.
Un jour, il lui promettait un avenir, le lendemain, il devenait froid et distant.
Un jour, elle avait l’impression d’être la femme de sa vie, le lendemain, elle doutait même de sa propre valeur.
Petit à petit, elle a commencé à se remettre en question, à douter de ses ressentis, de ses émotions, de son intuition…
Lorsqu’un problème survenait, il trouvait toujours une manière de lui faire croire qu’elle en était responsable, alors elle s’adaptait.
Encore et encore, pour lui plaire, pour ne pas le perdre et qu’il ne l’abandonne pas.
Ainsi que ses passions ont disparu, les projets qui la faisaient vibrer, les personnes qui lui apportaient de la joie. Tout est progressivement passé au second plan.
Son monde tournait autour de lui, son humeur dépendait de lui, son bien-être dépendait de lui, sa valeur dépendait de lui.
Et lorsqu’il décidait de prendre ses distances, elle s’effondrait.
Car il avait une manière bien particulière de la punir.
Lorsque quelque chose ne lui convenait pas, il disparaissait plusieurs jours parfois sans lui répondre, sans lui expliquer sans donner le moindre signe de vie.
Il la laissait seule face à ses peurs.
Et plus le silence durait, plus l’angoisse montait.
Et l’angoisse d’être abandonné se réveillait à chaque fois.
Cette absence et ce dilence silence venait toucher une blessure beaucoup plus ancienne que leur histoire « d’amour. »
Au fil de notre travail, nous avons commencé à explorer son histoire.
Puis son histoire avant même ses premiers souvenirs: sa naissance.
C’est alors qu’un élément important est apparu.
🍼1ere empreinte émotionnelle: Elle était née prématurément à sept mois de grossesse.
Sa venue au monde s’était faite dans un contexte difficile, sa maman avait vécu beaucoup d’inquiétudes et de peurs autour de cette naissance.
L’accouchement était arrivé trop tôt, la maman n’était pas prête, et en état de sidération quant à cette arrivée soudaine.
🍼Puis, 2eme empreinte émotionnelle : Elle a été placée en couveuse plusieurs semaines.
Pour les équipes médicales, cette couveuse était une protection indispensable, mais pour ce bébé et la maman c’était aussi une séparation brutale.
Coupée du seul être avec qui elle ne faisait qu’un, sa mère. Plus de ventre maternel, plus de battements de cœur, plus de chaleur, plus de la voix rassurante de sa maman. Plus de repères, seulement un environnement inconnu.
Elle m’a également confié que son père se trouvait à l’étranger lors de sa naissance. Et qu’à son retour, lorsqu’il avait appris que son bébé était en couveuse, il n’était pas venu immédiatement la voir par peur, il craignait qu’elle ne survive pas, il ne voulait pas s’attacher à ce bébé.
On imagine ce bébé qui vit une grande solitude, de la peur, un sentiment d’abandon, de rejet, de la tristesse.
À mesure que nous avancions dans les séances, plusieurs éléments de sa vie semblaient résonner avec cette histoire.
Son manque de confiance en elle, sa peur du rejet, sa difficulté à se sentir importante.
Son besoin d’être rassurée, sa peur de la solitude. Son incapacité à rester seule sans souffrir.
Puis un souvenir lui est revenu, son premier jour d’école.
Elle se souvenait encore avoir énormément pleuré lorsque sa mère était partie. Elle se souvenait avoir vécu ce départ comme un véritable abandon. Comme si sa mère ne reviendrait jamais.
Puis il y eut les années suivantes.
Les difficultés à créer des liens, le sentiment d’être différente.
Les moments passés seule dans la cour de récréation, la peur de ne pas être choisie, d’être laissée de côté.
Et c’est précisément ce qui s’était rejoué dans cette relation, chaque silence de cet homme, chaque absence, éloignement, chaque rejet venait réactiver ses empreintes émotionnelles de naissance.
Au fil des séances de reflexo-analyse, nous avons travaillé à mettre du sens sur ces schémas répétitifs.
À apporter à ce bébé qu’elle avait été les compréhensions que l’adulte qu’elle est devenue pouvait aujourd’hui lui offrir.
Nous avons travaillé sur les peurs d’abandon, le rejet, l’insécurité, la tristesse mais aussi sa colère refoulée, la culpabilité et sa dévalorisation et le sentiment de devoir faire ses preuves pour pouvoir être regardée et aimée.
Toutes ces émotions qui avaient façonné une partie de sa manière d’aimer et d’entrer en relation.
À travers différents exercices de visualisation, elle a pu revisiter cette histoire avec les ressources et les compréhensions de l’adulte qu’elle est devenue aujourd’hui.
Comprendre que sa mère ne l’avait pas abandonnée.
Comprendre qu’elle était aimée.
Comprendre que cette séparation n’était pas un rejet.
Comprendre également que les peurs de son père lui appartenaient et ne définissaient en rien sa valeur.
En parallèle, nous avons également fait des séances de réflexologie émotionnelle afin de travailler sur les états émotionnels qui étaient constamment activés chez elle : la peur, l’insécurité affective, l’hypervigilance, les angoisses, le manque de confiance en elle et cette peur permanente d’être quittée.
Petit à petit, quelque chose s’est apaisé, plus de crises d’angoisses. Le sommeil est revenu progressivement. Son regard sur elle-même a commencé à changer.
Mais le plus beau changement n’était pas là. Pendant des années, être seule était pour elle synonyme d’abandon, de vide, de souffrance.
Aujourd’hui, elle prend plaisir à passer du temps avec elle-même, à faire des choses pour elle, à retrouver ses envies, à redécouvrir ses passions, à écouter ses besoins.
Chose qu’elle n’aurait jamais cru possible quelques semaines auparavant.
Aujourd’hui, notre travail continue.
Mais il ne consiste plus à accompagner une femme qui tente de survivre à une rupture.
Il consiste à accompagner une femme qui se retrouve.
Une femme qui redécouvre peu à peu celle qu’elle a toujours été derrière ses peurs, ses blessures et ses schémas de survie.
Car parfois, certaines épreuves ressemblent à une fin alors qu’elles sont en réalité une naissance.
Et c’est exactement ce qu’elle est en train de vivre, une renaissance.
Une femme qui ne cherche plus sa valeur dans le regard des autres.
Celle femme qui apprend à se choisir, à s’aimer, à se faire confiance. Et à construire la vie qu’elle souhaite vraiment vivre.
Aujourd’hui, elle me dit parfois qu’elle apprécie des moments qu’elle redoutait autrefois: Les moments de solitude.
Non plus comme un abandon mais comme un espace de liberté.
Un espace pour respirer, réfléchir, se reconnecter à elle-même.
Ce travail n’a pas seulement permis d’apaiser une souffrance. Il lui a permis de retrouver le chemin d’elle-même.
Je la remercie pour la confiance duelle m’a accorde tout au long de cet accompagnement🩷
🌱Plusieurs aides ont été nécessaires lors de cet accompagnement comme la phytothérapie, la gemmotherapie et les fleurs de Bach .
Prise de rdv (lien dans la bio)