Dr Éric Maeker

Dr Éric Maeker Gériatre Psychogériatre
Soins palliatifs
Empathie

Améliorer la santé et la qualité de vie des personnes âgées

22/08/2026

« Maman n'est pas seule, elle est en EHPAD. »

C'est une phrase que j'entends souvent. Et je comprends pourquoi les familles se rassurent ainsi.

Mais la réalité est plus complexe. Des études montrent que 60% des personnes âgées souffrent de solitude modérée — et que les personnes en institution sont souvent plus touchées que celles à domicile. 💙

Pas parce que les EHPAD font mal leur travail. Mais parce que la solitude n'est pas une question de présence physique. C'est une question de lien.

Il y a 3 types de solitude chez les personnes âgées que j'essaie toujours de distinguer :

🔹 La solitude passagère — après un deuil, un déménagement. Normale. Elle passe.
🔹 La solitude situationnelle — liée à un événement précis. On peut agir.
🔹 La solitude chronique — elle dure depuis plus de 2 ans, elle s'accompagne de tristesse. Elle a de vraies conséquences sur la santé.

Ce qui aide vraiment dans la solitude chronique, selon la recherche ? Pas nécessairement plus d'activités. Plutôt aider la personne à reconnaître les pensées négatives qu'elle a développées sur les autres — ces petites convictions silencieuses qui l'empêchent de se reconnecter.

Si votre proche vous dit « je n'ai besoin de personne » ou « les autres ne s'intéressent pas à moi », prenez ce signal au sérieux. Ce n'est peut-être pas de la fausse modestie.

Est-ce que vous avez déjà remarqué ce type de repli chez un proche ? Comment vous l'avez accompagné ? 💬

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21/08/2026

🍽️ « Il mange de moins en moins, mais c'est normal à son âge. »

Cette phrase, je l'entends souvent. Et je veux vous dire que ce n'est jamais « normal ».

La dénutrition touche 30 % des personnes âgées en EHPAD et 22 % des hospitalisées. Elle s'installe progressivement — les vêtements qui flottent, la fatigue, un appétit qui baisse. Et souvent, l'entourage le remarque avant même le médecin.

5 signaux à surveiller chez votre proche :
🔸 Perte de poids de plus de 5 % en un mois
🔸 Vêtements ou alliance devenus trop grands
🔸 Fatigue inhabituelle
🔸 Infections à répétition
🔸 Appétit en baisse depuis plusieurs semaines

La bonne nouvelle ? Quand on la détecte tôt, on peut agir.

L'essentiel : ne jamais forcer à finir l'assiette. Enrichir naturellement les plats (crème, fromage râpé, huile d'olive). Maintenir le plaisir de manger ensemble.

Et si vous observez ces signes chez votre proche, consultez un médecin — un gériatre peut établir un plan personnalisé.

➡️ L'article complet avec les solutions détaillées : https://maeker.fr/grand_public/nutrition/denutrition?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=nutrition&utm_content=ora-2026-05-31-190204

Et vous — avez-vous déjà remarqué ce genre de signes chez un proche âgé ? Comment avez-vous réagi à ce moment-là ? 💬

20/08/2026

Votre proche pleure sans raison, s'isole, se met en colère pour un rien ? Vous avez peut-être pensé à Alzheimer. 💙

C'est souvent la peur qui vient en premier. Mais il y a une autre cause, fréquente et soignable : la dépression.

Che les personnes âgées, la dépression ne ressemble pas à ce qu'on imagine. Pas de tristesse profonde et visible. Pas de "je suis déprimé". La dépression chez les seniors se cache derrière d'autres signes :

😴 Des troubles du sommeil — réveils à 3h du matin, impossibilité de se rendormir
😶 Un retrait progressif — fuite des sorties, des réunions de famille, des amis
😤 De l'irritabilité et de la colère — souvent interprétée comme "du caractère"
😔 Une fatigue constante — qu'on attribue à l'âge
🍽️ Un appétit qui change — sans raison identifiable

Ce que je veux que vous sachiez :

La dépression non traitée est le premier facteur de risque de su***de chez la personne âgée. Et elle se soigne — très bien, même après 80 ans.

15 à 20 % des seniors sont concernés, souvent sans diagnostic.

Si vous reconnaissez ces signes, commencez par en parler au médecin traitant. Pas forcément comme « dépression » — parlez du sommeil, de la fatigue, des douleurs. La porte s'ouvre plus facilement par là.

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Est-ce que vous avez déjà eu du mal à distinguer une dépression d'un autre changement chez votre proche ?

19/08/2026

Elle a 79 ans. Alzheimer depuis deux ans. Et cet après-midi, elle est convaincue qu'elle doit préparer le dîner pour tout le monde. 🍲

Son mari me regarde, épuisé. Il corrige depuis des mois. La réalité ne revient jamais.

Il y a quelque chose que j'explique à toutes les familles dans cette situation :

Quand la mémoire change avec Alzheimer, la personne ne vit plus dans notre réalité — elle vit dans la sienne. Et dans sa réalité, elle a des responsabilités, une identité, une vie qui fait sens.

La corriger, c'est lui dire : « Ta réalité est fausse. Tu as tort. » Ça génère de la détresse, de l'agitation, des crises.

Entrer dans sa réalité, c'est autre chose.

À la place de « le dîner est prêt depuis longtemps » :
→ « Qu'est-ce que tu pensais préparer ce soir ? »

À la place de « tu ne vis plus là, souviens-toi » :
→ « Raconte-moi comment c'était dans ta maison. »

Ce n'est pas mentir. C'est rejoindre la personne là où elle est — avec dignité.

Ça ne règle pas tout. Mais ça évite des batailles que personne ne peut gagner.

Vous avez vécu ce genre de situation avec votre proche ? Comment vous l'aviez géré ?

Les changements de comportement qui alertent après 50 ans
https://maeker.fr/grand_public/alzheimer/changements_de_comportement

18/08/2026

Personne ne m'avait expliqué ce que j'allais voir. 💙

Quand j'accompagne une famille dans les derniers jours, je leur explique toujours ce que le corps fait — parce que ne pas savoir, c'est ce qui fait le plus peur.

Voilà les signes concrets que les derniers jours approchent :

🌙 Le sommeil d'abord. Votre proche dort 18 à 22 heures par jour. Ce n'est pas de la faiblesse — c'est le corps qui concentre ses forces.

🍽️ L'alimentation. Il refuse de manger ou avale difficilement. Évitez de forcer. Son organisme a cessé de demander du carburant — ce n'est pas un caprice.

❄️ Les mains et pieds qui refroidissent. La peau peut prendre une couleur grisâtre aux extrémités. Le cœur ralentit, irrigue moins les zones périphériques.

Ces trois signes ensemble, c'est généralement une question de jours.

Une chose que peu de gens savent : l'ouïe est le dernier sens à disparaître. Votre proche vous entend encore, même quand il ne peut plus répondre. Continuez à lui parler. Dites ce que vous avez besoin de dire.

J'ai écrit un guide complet pour vous aider à traverser ces heures-là avec moins de peur.

👉 https://maeker.fr/grand_public/soins_palliatifs/le_dernier_chapitre_de_nos_vies?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=soins_palliatifs&utm_content=ora-2026-05-31-190204

Est-ce que ces informations vous auraient aidé à ce moment-là, ou aimeriez-vous les partager avec quelqu'un qui en a besoin aujourd'hui ?

17/08/2026

Irvin Yalom a 95 ans depuis le mois de juin. Il est psychiatre, philosophe, romancier — et depuis plus de soixante ans, il pose la même question : pourquoi avons-nous si peur de mourir ? 📚

Je lis ses livres depuis le début de ma carrière. Et à chaque étape, ils me touchent autrement.

Ce qu'il dit, et que je retrouve dans ma pratique de gériatre :

La peur de mourir n'est pas une maladie. C'est un signal. Et les personnes qui l'affrontent vivent souvent avec plus de sens. Et traversent la fin de vie avec plus de paix.

Irvin Yalom va plus loin : c'est plus l'idée de ne pas avoir vécu que l'idée de la mort qui nous effraie.

En gériatrie, je vois cette différence. Les personnes qui ont « fait le compte » de leur vie, qui savent pourquoi elles ont aimé, travaillé, donné, ont quelque chose dans le regard que les autres n'ont pas.

À 95 ans, il écrit encore. Ses questions sont aussi les miennes. ✨

Est-ce qu'un livre, une personne ou une rencontre vous a aidé à apprivoiser cette question de la finitude ? Je suis curieux de vos réflexions. 💬

https://maeker.fr/empathie/start

16/08/2026

Cet été, si vous avez du mal à parler de la maladie de votre proche avec le reste de la famille… regardez un film ensemble. 🎬

Je sais que ça peut sembler étrange. Mais depuis que j'ai rédigé notre sélection de films sur Alzheimer, des dizaines de familles m'ont écrit la même chose : « Après le film, on a enfin pu parler. »

Le cinéma fait quelque chose que les réunions de famille ne font pas : il vous place dans la peau de la personne malade. Il donne des mots à ce qui n'en avait pas. Et après, la conversation vient naturellement.

🎥 Quelques films selon l'âge et la situation :

👨‍👩‍👧 Avec des ados → "Du miel plein la tête" (Nick Nolte) : humour, émotion, relation grand-père/petite-fille.

💛 Pour comprendre ce que vit la personne malade → "The Father" (Anthony Hopkins) : immersif, bouleversant, juste.

📖 Pour accompagner quelqu'un au début de la maladie → "Still Alice" (Julianne Moore) : accessible et pédagogique.

💑 Pour les conjoints aidants → "Away from Her" (Julie Christie) : le lâcher-prise, avec délicatesse.

Un conseil : après le film, ne cherchez pas à analyser. Posez juste cette question : « Qu'est-ce que vous avez ressenti ? » Le reste vient tout seul. 💬

https://maeker.fr/popcorn/alzheimer?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=popcorn&utm_content=ora-2026-05-31-190204

Est-ce qu'un film vous a déjà aidé à mieux comprendre ou à parler de la maladie ? Lequel ? 🎞️

14/08/2026

J'ai appris récemment que Meta AI avait aspiré le contenu de mon site.

Mon premier réflexe : l'indignation. Mon deuxième : essayer de comprendre ce que ça dit vraiment.

Parce que la vraie question n'est pas juridique.

Quand une IA ingère des milliers de pages sur Alzheimer, sur le deuil, sur la vieillesse — qu'est-ce qu'elle garde ?
Elle garde les faits. Les listes. Les recommandations.

Mais elle perd quelque chose d'essentiel : la vignette d'ouverture. La scène concrète qui dit à une famille épuisée : « ce que vous vivez a un nom, vous n'êtes pas seuls ».

Cette famille ne cherchait pas un diagnostic. Elle cherchait à être vue.

L'IA peut restituer l'information. Elle ne peut pas restituer la relation d'où cette information est née.

Et vous — quand vous cherchez une réponse médicale sur internet, qu'est-ce qui fait qu'une source vous touche vraiment ? 💙

13/08/2026

Il y a des conversations qu'on remet toujours à plus t**d.

Celle-là, par exemple : parler à son médecin de ses souhaits pour la fin de vie.

Pas parce qu'on est malade. Juste parce qu'on veut que les choses se passent comme on le souhaite — et que nos proches n'aient pas à décider à notre place, dans le stress d'une urgence.

Selon une étude française, seulement 30% des personnes ont eu cette conversation avec leur médecin. Et pourtant 85% souhaitent que leur famille connaisse leurs préférences.

Ce décalage a des conséquences très concrètes que je vois en consultation : des familles qui ne savent pas quoi dire à l'équipe soignante, des décisions prises dans l'urgence, des regrets.

Avoir cette conversation n'est pas morbide. C'est un cadeau qu'on se fait — et qu'on fait à ceux qu'on aime.

Cinq mots suffisent pour commencer :
💬 « Docteur, j'aimerais qu'on parle de ma fin de vie. »

Sur maeker.fr, j'ai détaillé les 5 étapes concrètes pour mener ce dialogue sereinement, avec les vraies phrases d'ouverture qui fonctionnent.

👉 https://maeker.fr/grand_public/soins_palliatifs/parler_de_sa_fin_de_vie_avec_medecin?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=soins_palliatifs&utm_content=ora-2026-05-31-190204

Et vous — vous avez eu cette conversation avec votre médecin ? Avec vos proches ? 💙

10/08/2026

Il y a une question que les familles me posent, dans les couloirs, souvent à voix basse. 💬

« Docteur... est-ce qu'il souffre ? »

Je l'entends depuis 30 ans. Et chaque fois, je cherche comment répondre honnêtement sans aggraver la peur.

Voici ce que je dis :

Le corps en fin de vie ne fonctionne plus comme le nôtre. La sensation de soif, de faim — elles s'atténuent naturellement. C'est un processus que la médecine connaît. Les équipes soignantes surveillent, elles évaluent. Et si quelque chose change, elles agissent.

Mais je dis aussi : je ne suis pas certain à 100%. Personne ne peut l'être. Ce que je sais, c'est que son visage est détendu. Que sa respiration est paisible. Que nous sommes là.

Parfois, ce n'est pas une réponse médicale que vous cherchez. C'est savoir que votre proche n'est pas seul. Que vous n'êtes pas seul.

C'est ça, accompagner.

À ceux d'entre vous qui traversent ou ont traversé cette question — comment avez-vous vécu ce moment de doute ? 🤍

https://maeker.fr/grand_public/soins_palliatifs/hydratation_en_fin_de_vie?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=soins_palliatifs&utm_content=ora-2026-05-31-190204

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