07/06/2026
La pédocriminalité n'est pas née aujourd'hui. Elle a toujours existé. Des enfants ont été victimes dans leur famille, à l'école, dans des institutions, dans des associations et dans bien d'autres milieux. Pourtant, pendant des années, beaucoup ont souffert dans le silence.
Aujourd'hui, dès qu'une affaire est médiatisée, les réseaux sociaux se remplissent de vidéos, de messages et d'indignation. Mais je ne peux m'empêcher de me poser une question : où étaient toutes ces voix avant ? Où étaient-elles quand ces enfants vivaient l'impensable ? Où étaient-elles quand leurs familles se battaient seules pour être entendues, face aux obstacles, au doute ou à l'injustice? Qui les a soutenues? Qui les a écoutées ?
Je pense aussi à ces familles en deuil qui ont perdu un enfant, à ces parents dont la vie s'est arrêtée le jour où l'innocence a été brisée par la violence. Je pense à ces enfants violés, assassinés, ou profondément meurtris, simplement parce qu'ils étaient vulnérables, confiants et innocents. Derrière chaque affaire médiatisée, il y a des vies détruites à jamais, bien au-delà des quelques jours où l'actualité en parle. Je ne remets pas en cause celles et ceux qui s'engagent sincèrement. Mais j'ai parfois le sentiment que certaines indignations n'existent que lorsque le sujet devient viral. Quelques jours de mobilisation, puis le silence revient, alors que les victimes et leurs proches continuent de vivre avec leurs blessures.
Je crois que notre société doit s'interroger sur ses propres silences. Combien de victimes n'ont jamais été entendues parce que la peur, le déni, les intérêts personnels ou la volonté de préserver une image ont empêché de regarder la réalité en face? Combien d'enfants auraient pu être protégés si leur parole avait été prise au sérieux plus tôt ? La protection des enfants ne devrait jamais dépendre d'un buzz ou d'une affaire médiatisée. Elle devrait être une priorité permanente. La véritable solidarité ne consiste pas seulement à s'indigner quand une histoire fait la une, mais à écouter, croire et soutenir les victimes, accompagner les familles et agir avant qu'un nouveau drame ne survienne. Parce qu'aucun enfant ne devrait payer de sa vie, de son innocence ou de son avenir le silence des adultes.
N'attendons pas qu'un enfant devienne un fait divers pour nous indigner. N'attendons pas qu'une famille soit détruite pour ouvrir les yeux. La protection des enfants devrait être une cause de chaque instant, pas une tendance de quelques jours. Derrière chaque affaire, il y a une enfance volée, une famille brisée et une vie qui ne sera plus jamais la même.