07/06/2026
7 juin 2026
J’apprends mes doigts à déformer la ligne. Je suis comme çà. J’invente sur une courbe, d’autres courbes. Les fastueuses enivrent ma cafetière de sensations infimes.
C’est à dessein que j’agis ainsi. Je glisse, liège sur l’eau, poussé par une force vive, sans mission spéciale à remplir. Je ne me tournicote pas le cerveau de questions compliquées. J’évite le pesant des affects et les attraits de la possession. J’essaie, lièvre d’échapper au clapier, de gambader dans les hautes herbes spirituelles, en zigzagant entre les fourrés pour le décontenancer, le chasseur.
J’ai affiné la méthode. Je ne me mêle plus au jeu babouin. Je sors du couvent que pour ramasser par l’immobile ou le vivant, la matière dont j’ai besoin pour élaborer et entretenir le dialogue entre moi et ce qui me dépasse. Moine, j’épure ma robe de bure..
Bon, soit-dit passant, les pieds sur le sol, je les ai toujours. La phobie du grégaire n’empêche pas au sociable asocial de se mêler à l’autre. C’est opération indispensable s’il veut mêler à son ciment le sable mouvant du temps qui passe.
Je torche paragraphes. Je les rédige sous une pulsion ayant digéré les clous de son crucifié. J’insiste sur le verbe « torcher ». Le bizarre n’est pas choisi par hasard . Il sert de liaison avec qui va suivre.
C’est un comble ! Il paraît que le dit Mathurin fuma la cigarette qui fait rire . Pire, l’énergumène, abusa de la sainte liqueur, Çà s’est passé au creux de l’hiver. Adolescente fut témoin oculaire..
Je ne contredis pas.. Pourquoi le ferai-je ? J’assume toutes les extravagances de ma vie branquignole. Mieux, je les revendique.. Elles démontrent que je ne quitte pas le chemin, celui qui serpente les blés foisonnants de l’imaginaire.
Je narre l’anecdote. Novembre ou décembre, je ne sais plus. Je partage le convivial avec deux larrons au café littéraire de la ville... J’ai sympathie pour les bougres.
Exceptionnellement, je sirote du blanc de vin.. L’établissement ferme. La poésie bruisse son bien-être dans le clair de mes os. L’aîné des compagnons propose d’achever la soirée chez lui. Je suis..
Je grimpe sans peine les escaliers menant au troisième étage d’un immeuble où niche l’appartement. La fille du copain, quinze ans, toujours éveillée, nous accueille. Elle participera au délire.
Lequel ? Après discussion animée, surgit proposition, comme ça, spontanée. Créer une flaque de libre expression. Je minaude Je ne dis pas non.
Je mets une condition à ma participation. Gratuit est le drapeau de la manœuvre. L’hôte surenchérit. Aucune signature ne paraphera un article, pour éviter l’effet melon dans le panier. Nous la voulons anar, la mare.
Les gus écriront et la jeunette illustrera.. « Torchon » est titre choisi. Deux numéros sont déjà parus, un troisième est en route. Il vit sa vie l’Ovni, sans buzz, ni tambours, généreux avec ses défauts et ses qualités..
C’est pour çà, qu’aujourd’hui dominical devient torchon. Au menu, textes que fée y fît paraître, composent le menu. Ils jouent avec le nom du canard. J’ajoute un lien pour le découvrir en entier ce petit coquelicot né sur le fumier des apparences.
PS : malgré explications, pas réussi à mettre le lien. J’essaierai lus t**d.
https://www.bdtrf.bzh/torchon/
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TOUT TORCHON
Je remonte un rêve. Un éphèbe, suivi d’un zèbre, braille les nouvelles d’un torchon.
Casquette couvre son front. En dessous, un drap l’enveloppe des épaules jusqu’aux pieds. Il n’est pas mal, le gars. Bien des filles en ferait leur quatre heure, des mecs aussi, si la nature les incite au plaisir sodomite.
Là, n’hulule pas l’essentiel du songe. A trois mètres, assis sur un trône, se tortillant pour se torcher le cul, un zouave cesse, d’un coup, la manœuvre délicate.
Le rustre, attentif, écoute le crieur au visage chérubin.. La voix l’ensorcelle. Du démoniaque s’infiltre dans le velouté de son débit. « Ce n’est pas de l’information ».se dit le rustaud, puis trépidant du sabot, il hurle « c’est l’appel à l’insurrection ».
Le héleur en appelle à la révolution des âmes par la voie intérieure.
Tout torchon, digne de ce nom, encourage le lavage des vers et s’oppose à celui des cerveaux.
***
SE TORCHER LA GU**LE
Image qui verroterie
allège le gros cou
de ses rides disgracieuses
n’apporte pas pour autant
au porteur de tête
l’altier de la simplicité
Agir compliqué lesté
du plomb des melons
prive de
l’aérien du geste
Je ne possède rien
Je n’ambitionne à rien
Je me torche la gu**le
à l’alambic anonyme
des sniffeurs de comètes
***
TORCHON COQUIN
Jardin fleuri que couvre un ciel blanc teinté de bleu. Un banc, vide, vermoulu et moussu. Aucun verbe n’anime le tableau.
Cependant, dans ce parc tranquille, sur un fil, suspendus par deux grossiers poteaux de bois et retenus par des épingles à linge, frétillent dans l’air, sous le souffle d’un vent taquin, une robe d’été bleue, une culotte et un soutif jaunes un torchon blanc.
Que fait-il là le copain entre deux symboles de la féminité, le coquin ou le confident ?
***
CLIN D’ŒIL
« Tiens toi ? As-tu vu l’infini ? Moi si ». Torchon secoue serviette, aux oreilles sourdes. « Aux ablutions, tu prônes la caresse, la servilité exquise. Moi, non , je fouette, je nettoie, je traque la tâche immonde. »..La précieuse n’apprécia guère la remarque du viril. Elle se fâcha et évite le malotrus depuis.
C’est ainsi que naquit l’expression : « On ne mélange pas les serviettes et les torchons ».
***
Le torchon ne pense pas
du moins au mal
II nettoie c’est tout
Cela lui suffit comme
sens à la vie.
Serge Mathurin THÉBAULT