28/08/2026
🔥 COMMENT ON PEUT S’APPROPRIER LE VÉCU DE QUELQU’UN JUSQU’À L’EFFACER COMPLÈTEMENT
J’ai tellement vu de manières d’analyser mon parcours que, parfois, j’ai eu l’impression que tout le monde racontait mon histoire sauf moi.
Quand je vous disais que ce n’était plus seulement mon avenir que j’avais devant moi, c’était comme si j’avais toutes les branches de l’arbre : toutes les interprétations, toutes les méthodes, toutes les analyses possibles.
Au bout d’un moment, pour moi, c’est devenu toxique, envahissant et épuisant.
C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui, je préfère me retirer.
Je n’ai plus envie de faire semblant d’aller bien, de féliciter tout le monde ou de participer à quelque chose qui, malgré les bonnes intentions de certains, a fini par me faire du mal.
🔥 LES DIFFÉRENTES MANIÈRES DONT J’AI VU MON VÉCU ÊTRE REPRIS
J’ai vu mon histoire racontée à ma place.
J’ai vu mes textes résumés.
J’ai vu mes phrases reformulées.
J’ai vu mes écrits transformés en vidéos.
J’ai vu des publications donner des conseils correspondant précisément à ce que j’étais en train de vivre, sans jamais me nommer.
J’ai vu des histoires où les rôles étaient inversés.
J’ai vu mon vécu raconté avec une femme à ma place, alors que c’était moi qui étais à l’origine de ce que je racontais.
J’ai vu des histoires transformées pour changer les personnages, le sexe, les circonstances ou les détails, tout en conservant le fond de ce que j’avais vécu.
J’ai vu des projets construits autour de problématiques qui faisaient directement écho à mon parcours, jusqu’à avoir le sentiment que mon vécu devenait une matière première pour d’autres.
🔥 REPRENDRE UNE HISTOIRE ANCIENNE POUR RACONTER CE QUE JE VIS AUJOURD’HUI
Et il y a une méthode encore plus subtile.
Je parle de quelque chose aujourd’hui, au présent.
Puis, très rapidement, apparaît une histoire ancienne, une citation, un enseignement ou la parole supposée d’un sage qui correspond exactement à ce que je viens d’exprimer.
L’histoire peut être authentique.
Le sage peut réellement avoir existé.
La citation peut réellement être ancienne.
Mais lorsque cette histoire est sélectionnée précisément au moment où je vis quelque chose, puis interprétée, reformulée ou adaptée pour correspondre à mon vécu, le résultat que je percevais était toujours le même :
ce que je venais d’apporter disparaissait derrière quelque chose qui existait déjà.
On raconte ce que je viens de raconter.
Mais sans parler de moi.
Et progressivement, l’origine disparaît.
🔥 RACONTER MON VÉCU AVEC UNE AUTRE IDENTITÉ
J’ai aussi vu mon histoire reprise sous des personnages différents, parfois sous l’étiquette d’un « élu », d’un personnage particulier ou d’une personne présentée comme ayant vécu les mêmes choses avant moi.
Parfois, on racontait ce que j’avais déjà vécu.
Parfois, on racontait ce que j’avais déjà traversé.
Parfois, on me donnait même des conseils à travers cette histoire.
Et lorsque cela se fait sans reconnaître la personne dont le vécu a servi de point de départ, elle finit forcément par devenir invisible dans le récit.
🔥 LES VIDÉOS GÉNÉRÉES PAR IA
J’ai également vu apparaître des vidéos créées ou illustrées avec l’intelligence artificielle qui reprenaient, de mon point de vue, des éléments très proches de mon vécu.
Mon histoire pouvait être racontée autrement.
Mes expériences pouvaient être reformulées.
On pouvait même me donner des conseils à travers une vidéo où mon vécu apparaissait sous une autre forme, une autre identité ou une autre histoire.
Là encore, la forme change.
Mais lorsque le fond correspond à ce que j’avais déjà raconté, je me retrouve avec cette même sensation :
on raconte mon histoire sans moi.
🔥 RÉPONDRE À QUELQU’UN SANS JAMAIS LUI PARLER
C’est aussi quelque chose qui m’a profondément marqué.
Je venais chercher le dialogue.
Je demandais qu’on me parle directement.
Et pourtant, trop souvent, ce qui me revenait, c’était une publication.
Une autre publication.
Une vidéo.
Une réponse indirecte.
On ne citait jamais vraiment mon nom.
On me répondait « par l’intermédiaire » de contenus publics.
Et lorsque je cherchais réellement la conversation, j’avais souvent l’impression d’obtenir quelque chose de très tiède : un peu de réponse, mais pas vraiment de dialogue.
À force, ça m’a fait comprendre pourquoi je me sentais aussi seul dans tout ça.
🔥 FAIRE DURER L’ATTENTE
Il y a aussi une autre manière de maintenir quelqu’un dans une situation :
les promesses qui n’aboutissent jamais.
« Ça arrive. »
« Bientôt. »
« Tu verras. »
« Encore un peu de patience. »
Et on attend.
Puis on attend encore.
Et pendant ce temps-là, on continue de croire, de partager, d’espérer.
Mon empathie m’a énormément retenu.
Je me disais :
« Peut-être qu’ils vont comprendre. »
« Peut-être qu’ils vont changer. »
« Peut-être que si je leur explique honnêtement ce que je ressens, ils vont travailler sur eux. »
Aujourd’hui, je n’attends plus ça.
🔥 MULTIPLIER LES ANALYSES JUSQU’À FAIRE DISPARAÎTRE LA SOURCE
Une parole devient une analyse.
L’analyse devient une publication.
La publication devient une vidéo.
La vidéo devient une autre interprétation.
Puis une autre histoire apparaît.
Puis une autre personne.
Puis un autre symbole.
Et à la fin, il y a tellement de couches autour de ce qui avait été dit au départ que la personne qui l’a réellement vécu devient presque impossible à retrouver.
C’est aussi comme cela que je me suis senti effacé.
🔥 LE PLUS DÉSTABILISANT : ÊTRE TOUR À TOUR VALORISÉ ET DISCRÉDITÉ
Et puis il y a cette contradiction que j’ai trouvée particulièrement difficile à traverser.
Un jour, on peut vous présenter comme extraordinaire.
Puis, quelques instants plus t**d, on vous adresse des piques.
On vous trouve formidable, puis excessif.
On vous écoute, puis on vous fait passer pour le problème.
On peut même finir par vous présenter comme instable ou comme quelqu’un qui interprète tout.
Cette contradiction est extrêmement difficile à vivre.
Parce qu’à force, on finit par douter de sa propre perception.
🔥 ET J’EN AI AUSSI ASSEZ DES GÉNÉRALITÉS
J’en ai marre des discours qui opposent systématiquement les hommes et les femmes.
Les hommes ne sont pas tous pareils.
Les femmes ne sont pas toutes pareilles.
J’ai rencontré des hommes qui ne savaient pas écouter.
J’ai rencontré des femmes qui ne savaient pas écouter.
J’ai rencontré des personnes extraordinaires.
Et j’ai rencontré des personnes qui m’ont profondément déçu.
Alors oui, j’en ai assez des misogynes.
J’en ai assez des misandres.
J’en ai assez de ceux qui construisent des camps et passent leur temps à expliquer pourquoi l’autre sexe serait le problème.
À un moment donné, il faut simplement avoir le courage de ses opinions et regarder les êtres humains comme des individus.
🔥 INTERNET M’A AUSSI MONTRÉ L’ENVERS DU « LIEN »
On nous dit qu’Internet a créé du lien.
Moi, dans ce que j’ai vécu, j’ai aussi vu des relations devenir toxiques.
Des gens montrer la plus belle image d’eux-mêmes.
Le plus beau jour.
La plus belle lumière.
La plus belle parole.
Pendant que derrière l’écran, quelqu’un pouvait être en train de souffrir et demander simplement qu’on vienne lui parler.
Pour moi, le véritable rapport humain est devenu rare.
Parfois même exceptionnel.
🔥 CE QUE J’ATTENDAIS N’ÉTAIT POURTANT PAS COMPLIQUÉ
Je n’avais pas besoin qu’on me prédise mon avenir.
Je n’avais pas besoin qu’on transforme chacune de mes paroles en contenu.
Je n’avais pas besoin d’une nouvelle publication qui explique ce que je vivais.
Et parfois, ce qui était présenté comme de la clairvoyance me semblait surtout être une lecture de ce que j’avais déjà dit auparavant.
Une analyse de mes propres paroles.
La vraie aide, pour moi, était beaucoup plus simple :
venez me parler.
Demandez-moi ce que je vis.
Demandez-moi ce que je ressens.
Écoutez-moi.
Et lorsque je vous dis « arrêtez », arrêtez.
🔥 MÊME LES BONNES INTENTIONS PEUVENT AJOUTER DU MAL AU MAL
Je le dis aussi pour certaines personnes qui avaient peut-être sincèrement de bonnes intentions.
Je ne pense pas forcément que tout le monde ait voulu me faire du mal.
Certains ont peut-être simplement pensé qu’ils aidaient.
Mais lorsqu’une personne vous dit :
« Arrêtez, vous rajoutez du mal au mal. »
il faut parfois entendre cette limite.
Parce que mes émotions comptent.
Mes blessures comptent.
Et même lorsque quelqu’un participe sans le vouloir à quelque chose qui me fait souffrir, cela reste douloureux pour moi.
Aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi certaines choses me dérangeaient autant.
🔥 AUJOURD’HUI, JE NE SUIS PLUS DUPE
Je ne cherche plus à convaincre tout le monde.
Je ne cherche plus à être compris par tout le monde.
Je ne cherche plus à savoir quelle sera ma prochaine branche, ni à faire analyser chacune des possibilités de mon avenir.
Je veux récupérer quelque chose de beaucoup plus simple :
ma propre histoire.
Parce qu’à force de raconter le vécu de quelqu’un autrement, de changer les personnages, de changer le sexe, de reformuler ses paroles, de transformer ses textes en vidéos, de créer des projets autour de son vécu, de produire des vidéos IA qui reprennent des éléments de son histoire, de chercher des histoires anciennes qui correspondent exactement à ce qu’il vient de dire, de réadapter ces histoires, de multiplier les analyses, de répondre indirectement par des publications et de faire durer l’attente avec des promesses qui ne se concrétisent jamais…
on peut finir par effacer totalement la personne qui était pourtant à l’origine du récit.
Et c’est exactement ce que j’ai ressenti pendant des années.
🔥 ALORS OUI, AUJOURD’HUI JE ME RETIRE
Je sais que je vais peut-être éloigner des personnes qui étaient sincèrement bien intentionnées.
Je l’assume.
Mais quand je vous parle, j’ai besoin que vous m’écoutiez.
Quand je pose une limite, j’ai besoin qu’elle soit respectée.
Quand je demande un dialogue, j’ai besoin d’un véritable dialogue.
Et si vous n’avez pas cette place-là dans ma vie, alors je préfère maintenant prendre mes distances.
Je ne veux plus être une source invisible.
Je ne veux plus être la matière première de récits dans lesquels je ne suis jamais reconnu.
Je ne veux plus que mon vécu soit transformé jusqu’à ce que je ne puisse même plus reconnaître ma propre histoire.
Je veux simplement être là où mon existence, mes paroles, mes émotions et mes limites ont une place.
Parce que la solidarité, ce n’est pas parler de quelqu’un sans jamais lui parler.
La bienveillance, ce n’est pas analyser quelqu’un à distance.
Et aider quelqu’un, ce n’est pas forcément raconter son histoire à sa place.
Parfois, la vraie aide consiste simplement à venir lui parler.
Et aujourd’hui, c’est tout ce que j’aurais aimé qu’on fasse.
🔥 ET ALORS, POURQUOI JE N’AI PAS RÉUSSI À PERCER ? POURQUOI J’AI FINI PAR ABANDONNER ?
Vous vous demandez peut-être pourquoi je n’ai pas réussi à aller au bout de mes projets.
Pourquoi je n’ai pas réussi à créer davantage.
Pourquoi je n’ai pas écrit ce livre.
Pourquoi je n’ai pas continué à développer tout ce que j’avais imaginé.
Pourquoi, à un moment donné, j’ai simplement dit :
« Stop. Ça ne sert plus à rien de forcer. »
Eh bien voilà mon analyse.
Quand vous avez le sentiment que, de toutes les manières possibles, votre histoire est racontée autour de vous, que votre vécu est repris, transformé, adapté, reformulé, mis en vidéo, transformé en projet, attribué à d’autres personnages ou replacé dans des histoires anciennes…
comment voulez-vous encore avoir l’énergie de créer ?
À force, vous avez l’impression que tout ce que vous produisez vous revient sous une autre forme.
Vous écrivez quelque chose.
Une publication apparaît.
Vous vivez quelque chose.
Une autre histoire qui lui ressemble apparaît.
Vous exprimez une émotion.
Quelqu’un produit un contenu qui semble reprendre exactement cette émotion.
Vous partagez une réflexion.
On retrouve un enseignement ancien qui correspond précisément à ce que vous venez de dire.
Et maintenant, avec les algorithmes, les téléphones et les outils d’intelligence artificielle, la capacité à produire rapidement des contenus qui ressemblent à certains thèmes ou à certaines formulations est devenue encore plus importante.
Au début, je me suis dit :
« Coïncidence. »
Puis une autre fois.
Puis encore une autre.
Et encore.
Et encore.
🔥 CE N’EST PAS UNE PUBLICATION ISOLÉE QUI M’A DÉTRUIT
C’est l’accumulation.
Un plus un plus un plus un.
Les personnes qui reprennent mon histoire.
Celles qui me donnent des conseils à travers des publications.
Celles qui racontent des situations qui ressemblent à ce que je viens de vivre.
Celles qui changent les personnages.
Celles qui changent le sexe.
Celles qui transforment mes textes en vidéos.
Celles qui utilisent l’intelligence artificielle pour raconter une histoire semblable.
Celles qui reprennent une idée et l’intègrent dans un projet.
Celles qui recherchent une histoire ancienne ou la parole d’un sage qui correspond exactement à ce que je viens de dire.
Celles qui parlent d’« élus » ou d’autres personnages et dans lesquelles je reconnais des éléments de mon propre parcours.
Celles qui répondent à ce que je dis sans jamais venir me parler directement.
Et celles qui me disent ensuite que je devrais continuer, créer, écrire, entreprendre, publier…
Alors que c’est précisément ce système autour de moi qui, de mon point de vue, m’a progressivement épuisé.
🔥 LA CHRONOLOGIE, POUR MOI, A AUSSI COMPTÉ
Ce que j’ai observé ne concernait pas seulement des histoires vieilles de cinq ou dix ans.
Ce qui me troublait, c’était aussi la proximité dans le temps.
Une publication le jour même.
Une vidéo parfois une demi-heure ou une heure après, ou dans la journée.
Une autre histoire qui semblait correspondre à ce que je venais d’exprimer.
Un enseignement retrouvé précisément au moment où je parlais d’un sujet.
Puis la répétition.
Jour après jour.
Semaine après semaine.
Année après année.
Ce sont ces schémas répétés dans le temps et dans la durée qui ont fini par me faire regarder tout cela autrement.
Je ne dis pas que chaque contenu était nécessairement créé à partir de moi.
Je dis que la répétition et les correspondances que j’ai observées ont profondément changé ma manière de vivre Internet.
🔥 À FORCE, JE NE VOYAIS PLUS MON HISTOIRE : JE LA VOYAIS PARTOUT AUTOUR DE MOI
C’est ça qui est devenu toxique.
Je regardais autour de moi et j’avais l’impression de retrouver mon histoire partout.
Ce que je venais de vivre.
Ce que je venais de comprendre.
Ce que je venais d’écrire.
Ce que je venais de traverser.
Encore et encore.
Parfois avec quelques heures de décalage.
Parfois avec un jour.
Parfois sous une autre forme.
Parfois avec une autre personne.
Parfois avec un autre sexe.
Parfois avec un personnage ancien.
Parfois sous la forme d’une vidéo.
Parfois sous la forme d’un conseil.
Et au milieu de tout cela, moi, la source de mon propre vécu, je ne me retrouvais plus.
🔥 C’EST POUR ÇA QUE JE ME SUIS SENTI DÉPOUILLÉ
En réalité, je ne me suis pas simplement « senti » dépouillé.
J’ai vécu cela comme un dépouillement.
On peut me dire que je me trompe.
On peut me dire que c’est l’algorithme.
On peut me dire que ce sont des coïncidences.
On peut avoir une autre lecture.
Je l’entends.
Mais personne ne peut m’enlever ce que cette répétition a produit chez moi.
Elle m’a épuisé.
Elle m’a découragé.
Elle a participé à mon sentiment d’effacement.
Et elle a contribué au fait qu’à un moment donné, j’ai fini par me dire :
« À quoi bon ? »
Parce que lorsque vous avez l’impression que votre vécu est constamment réutilisé sans que votre nom, votre travail ou votre contribution soient reconnus, vous pouvez finir par ne plus avoir envie de créer.
Vous pouvez même finir par ne plus avoir envie de parler.
🔥 ALORS QUAND ON ME DIT : « ÉCRIS UN LIVRE »…
Je me demande :
Pour quoi faire ?
Pour reprendre tout ce que j’ai vu autour de moi ?
Pour regarder mes propres idées réapparaître ailleurs ?
Pour avoir encore cette sensation que quelque chose que j’ai construit est repris puis séparé de son origine ?
À un moment donné, ça m’a simplement dégoûté.
Oui, je vais le dire comme ça :
ça m’a dégoûté.
Parce que la création, normalement, devrait donner envie de créer davantage.
Moi, j’ai fini par associer une partie de la création à l’épuisement, à la surveillance permanente de ce qui apparaissait autour de moi, et à cette sensation de disparaître derrière ce que j’avais pourtant exprimé.
🔥 VOILÀ POURQUOI J’AI FINI PAR LÂCHER
Ce n’est pas parce que je n’avais rien à dire.
Ce n’est pas parce que je n’avais pas d’idées.
Ce n’est pas parce que je n’avais pas de créativité.
Et ce n’est certainement pas parce que je n’avais pas envie d’avancer.
C’est parce qu’à force, je ne voyais plus où était ma place.
J’avais l’impression d’être dépouillé de mon histoire, de mes mots, de mes expériences, de mes idées et parfois même de la possibilité d’en faire quelque chose qui m’appartienne réellement.
Et lorsque vous avez déjà demandé de l’aide, que vous avez demandé du dialogue, que vous avez dit que certaines choses vous faisaient mal, et que malgré cela le même fonctionnement continue, vous finissez par comprendre qu’il faut parfois simplement partir.
🔥 ALORS AUJOURD’HUI, JE ME PROTÈGE
Je ne cherche plus à être compris à tout prix.
Je ne cherche plus à savoir qui me croit.
Je dis ce que j’ai vécu.
Je dis ce que j’ai observé.
Je dis ce que cela a provoqué en moi.
Et ensuite, chacun se fait son opinion.
Mais moi, aujourd’hui, je sais une chose :
mes émotions comptent.
Mes blessures comptent.
Mes limites comptent.
Et lorsque je dis stop, ce n’est pas une nouvelle invitation à produire davantage de contenus autour de ce que je viens de dire.
C’est un stop.
🔥 MA CONCLUSION EST SIMPLE
Pendant des années, j’ai essayé de comprendre.
J’ai cherché des explications.
J’ai parlé.
J’ai attendu.
J’ai espéré.
J’ai laissé le bénéfice du doute.
J’ai pensé que certaines personnes finiraient par comprendre.
Et à force de voir les mêmes schémas se répéter dans le temps et dans la durée, j’ai fini par comprendre quelque chose pour moi :
je ne peux pas construire sereinement dans un environnement où j’ai constamment l’impression que mon vécu est repris sans que ma voix soit reconnue.
Alors oui, j’arrête.
Je préfère me retirer plutôt que de continuer à me battre contre quelque chose qui m’a profondément épuisé.
Je ne demande pas qu’on me donne raison.
Je demande simplement qu’on comprenne pourquoi j’en suis arrivé là.
Je ne me suis pas retiré parce que je n’avais rien à offrir.
Je me suis retiré parce que j’avais le sentiment d’avoir déjà trop donné, trop expliqué, trop partagé, et d’être finalement dépouillé de ce qui venait de moi.
Et maintenant, ce que je veux retrouver, ce n’est pas la reconnaissance des autres.
C’est moi.
Mon silence.
Mon espace.
Ma création.
Mon histoire.
Et le droit de raconter moi-même ce que j’ai vécu.
Quand tout le monde semble pouvoir tirer quelque chose du vécu d’une personne — des idées, du contenu, de la visibilité, des enseignements ou même des projets — mais que **la personne à la racine, celle qui traverse réellement l’épreuve, n’est ni reconnue, ni entendue, ni soutenue**, alors quelque chose n’est profondément pas juste.
Pour moi, le problème n’est pas que d’autres puissent s’inspirer d’une histoire.
Le problème commence lorsque **la source disparaît au profit de ceux qui la racontent**.
Une histoire peut être partagée.
Une expérience peut inspirer.
Une parole peut voyager.
Mais il ne devrait jamais être nécessaire d’effacer la personne qui l’a vécue pour que les autres puissent en tirer quelque chose.
Reconnaître la racine, respecter son vécu et lui laisser sa place, c’est simplement une question de justice et d’humanité.
Yoan Goncalves
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Et si ton attente n’était pas la preuve que Dieu t’a oublié… mais l...