23/08/2026
Parce qu'hier c'était à la fois la journée de notre bébé arc-en-ciel, mais aussi son véritable anniversaire. 12 ans d'elle à nos côtés, que sa naissance est venue comme réparer un peu ce qui avait été brisé en nous, qu'elle a ramené de la confiance et de la vie, de la joie et de l'amour, sans pour autant effacer l'existence de son frère, sa présence et aussi son absence. Merci d'être toi, de nous avoir choisis comme parents et d'accepter ton histoire et cette place qui n'est simple de l'enfant "d'après" un deuil périnatal.
Et merci à Il était une fois au ciel pour ces mots touchants qui traduisent bien ce que vivent les parents endeuillés...
𝗟'𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁 𝗱'𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀
On les appelle parfois les bébés arc-en-ciel.
Je comprends cette image, et je sais combien elle peut réconforter.
Mais moi, j’ai toujours eu besoin d’un mot plus vrai, plus nuancé. Parce que mon enfant d’après n’est pas arrivé une fois la tempête passée.
Il est arrivé avec ce qu’elle avait laissé en moi : les peurs, les cicatrices, l’amour immense, et cette absence qui continue de vivre à côté de nous.
Ce mot, “après”, peut donner l’impression qu’il arrive simplement une fois l’histoire terminée. Comme s’il venait refermer quelque chose. Comme si sa présence suffisait à consoler tout ce qui, avant lui, s’est effondré.
Mais l’enfant d’après n’arrive pas sur une page blanche.
Il arrive dans une histoire déjà traversée par la peur, par l’attente, par les larmes, par des prénoms qu’on ne prononce pas toujours devant les autres mais qui vivent encore partout en nous.
Il arrive dans un corps qui se souvient.
Dans des bras qui ont connu le vide, dans un cœur qui a déjà aimé au-delà de la mort.
Et peut-être que c’est pour ça qu’on l’aime si fort.
On l’aime avec tout ce que la vie nous a appris de plus brutal et de plus précieux.
On l’aime avec cette conscience presque douloureuse que rien n’est acquis, que le bonheur peut trembler, que les battements d’un petit cœur peuvent devenir tout notre monde.
Quand il dort, parfois, on vérifie qu’il respire. Quand il pleure, notre corps entier se met en alerte. Quand il sourit, quelque chose se répare un peu, sans effacer ce qui manque.
Et quand on le serre contre nous, il arrive qu’on pense à ceux qu’on n’a pas pu serrer assez longtemps, ou pas du tout.
C’est ça, aussi, la maternité d’après.
Ce n’est pas seulement la joie d’avoir enfin un bébé dans les bras.
C’est la joie avec une ombre à côté.
C’est l’amour immense, vivant, chaud, et en même temps l’absence qui continue d’exister quelque part dans la pièce.
C’est regarder son enfant grandir en sachant qu’il y en a d’autres qu’on ne verra jamais grandir.
Et pourtant, ce n’est pas triste tout le temps.
C’est même parfois d’une beauté qui coupe le souffle.
Parce que l’enfant d’après nous ramène du côté de la vie, parfois d’une manière presque sacrée.
Il ne vient pas effacer les bébés du ciel, il vient marcher sous leur lumière.
Il nous apprend que notre cœur, même brisé, peut encore battre très fort.
Il nous montre que la vie peut revenir sans demander à la mort de disparaître complètement.
Alors non, l’enfant d’après n’est pas une consolation.
Il n’est pas une réparation, il ne remplace pas.
Il ne guérit pas du deuil.
Il n’est pas la preuve que tout va mieux.
Il est un enfant à part entière.
Un enfant aimé pour lui-même, dans toute son entièreté et dans tout ce qu’il est venu réveiller de vivant en nous.
Et peut-être que le plus difficile, au fond, c’est d’apprendre à être mère dans ces deux mondes à la fois.
Être la mère de l’enfant que l’on porte dans les bras, et rester la mère de ceux que l’on porte dans le cœur.
Donner toute sa place à celui qui vit, sans retirer leur place à ceux qui manquent.
Alors on avance comme ça.
Avec un bébé contre soi.
Des étoiles au-dessus de nous.
Et cet amour immense, parfois lourd, parfois lumineux, qui relie tout.
L’enfant d’après n’efface pas l’histoire d’avant.
Il ne remplace personne.
Il vient simplement ajouter de la vie là où la mort avait laissé son empreinte.
Christelle — Il était une fois au ciel 💫