15/08/2026
15 août — ET SI NOUS REPARLIONS DU VIVANT ?
Aujourd’hui, 15 août, jour de l’Assomption, j’ai envie de parler de la Vie.
Pas seulement de religion.
Pas seulement de tradition.
De la Vie… et de ce que nous sommes en train d’en faire.
Marie représente pour moi celle qui accueille, qui porte, qui accompagne. Celle qui reste présente aussi lorsqu’elle ne peut plus rien changer.
Et cette année, cette fête résonne étrangement avec notre époque. Une époque où l'invisible est encore bien trop souvent nié comme au moyen âge.
Une question me vient :
🙏🏻 Quelle valeur accordons-nous encore à une vie lorsqu’elle devient fragile, douloureuse, dépendante, dépressive, handicapée ? 🙏🏻
Parce que les mots comptent. Parce que les mots portent un sens.
Il y a des époques où changer les mots permet aussi de ne plus regarder tout à fait les actes, permet d'édulcorer, de presque apprécier...
Nous ne disons plus euthanasie.
Nous ne disons plus su***de assisté.
Nous disons « aide à mourir ».
Et je crois que lorsqu’une société commence à changer les mots qui entourent la mort, nous avons au moins le devoir de nous demander ce que cela raconte de notre rapport au Vivant.
Je n’ai aucune envie de juger celui qui souffre.
Et surtout, je ne veux pas faire partie de ceux qui savent ce qu’ils choisiraient sans avoir jamais été confrontés à l’insupportable.
Mais le doute ne devrait pas nous empêcher de penser, d'échanger dans des débats publics, au contraire, là il devient utile le doute et nécessaire...
À force de vouloir maîtriser la naissance, le corps, le vieillissement et jusqu’à notre propre mort, quelle place laissons-nous encore à ce qui nous échappe ?
Christiane Singer m’a beaucoup appris sur cela : ces passages de l’existence où nos certitudes tombent les unes après les autres. J'ai vécu de ces moments où tout n'est plus, où même rien est beaucoup...
Il arrive un moment où l’on ne peut plus réparer.
Plus contrôler, plus guérir,
Parfois même plus soulager comme on le voudrait.
Alors il reste quelque chose qui paraît minuscule et qui est pourtant immense :
ÊTRE LÀ - LA PRÉSENCE
Voilà ... la présence en conscience... peut-être mon intention pour ce 15 août :
Honorer la valeur de toute vie, simplement parce qu’elle est la Vie, jusque dans sa fragilité, sa dépendance et sa vulnérabilité.
Ne jamais mesurer la valeur d’une vie à son utilité, à sa force ou à son autonomie.
Prendre soin du Vivant lorsqu’il déborde de force est facile.
Continuer à en reconnaître la valeur lorsqu’il vacille, lorsqu'il s'éteint et se noircit nous en dit peut-être beaucoup plus sur notre humanité.
Qu'il n'empêche ! Bonne fête à toutes les Marie, dont l'anagramme est ÂMOUR
Et que cette journée nous rappelle que l’Âmour ne consiste peut-être pas à avoir tout pouvoir sur la Vie…mais à continuer de l’honorer lorsqu’elle nous échappe. À être présent quoi qu'il en coûte, quoi qu'il en soit !
Inchallah !
Avec douceur et compassion
Sô