Séverine Giardina - Psychologue

Séverine Giardina - Psychologue Séverine Giardina, psychologue clinicienne, diplômée de Rennes II, en 1998, reçoit tout public.

Travaillant actuellement dans un centre médico-psychologique pour enfants et adolescents à temps plein, je peux vous recevoir uniquement le samedi à mon cabinet sur Binic, et bientôt en soirée la semaine. Je vous écoute et vous aide à comprendre les difficultés dans vos relations avec vos proches et votre environnement social et professionnel, que ce soit un manque de confiance en soi, de l' anxié

té, des difficultés passagères à surmonter un changement dans votre vie (séparation, changement professionnel, deuil), de la dépression. Une psychologue professionnelle est là pour vous aider à trouver des solutions pour avancer plus sereinement. Concernant les enfants et les adolescents, je propose une ou quelques rencontres afin de cerner la problématique qui fait souci puis nous envisageons si un suivi est nécessaire.

19/07/2022

Recueil d'expériences sur la clinique du covid. (Printemps 2020)

Durant cette période de pandémie mondiale, comme pour tous les professionnels de santé, le métier de psychologue est mis à l' épreuve.
Dans l'hôpital psychiatrique où je travaille depuis vingt trois ans, les psychologues racontent, parlent de leur activité professionnelle, de leur nouvelle façon d'exercer, de leur nouveau terrain d'exercice pendant cette période : En service intra hospitalier l'une me disait, "les conditions changent d'une semaine à une autre, d'un jour à l'autre".
En arrivant une infirmière se confie "quand j'arrive dans le service le matin, j'appuie sur play et je ne réfléchis pas.." "Est ce que nous nous adaptons ou est ce que nous éprouvons sans réfléchir au risque de s'effondrer.."
Ainsi donc, dès le début du confinement, la vie des services se modifie, se réorganise et notre clinique aussi. Le psychologue ne reste pas dans son bureau et est souvent traversé par une perte de ses repères habituels. Il doit faire preuve de créativité et développe au fil des semaines sa pratique. Ainsi, certaines ont mis en place des entretiens "buissonniers",c'est-à-dire dans le parc ou "déambulatoires", qui lui permet de maintenir une continuité dans les soins. Dans d'autres services, le psychologue consulte "au chevet de", dans les chambres, en observant les règles de sécurité de distanciation physique, en portant un masque ou pas, "au cas par cas". Une collègue se construit un cadre amovible afin de faire tomber le masque et de consulter à nouveau dans son bureau, rendant la rencontre plus vraie. Dans un ehpad où j'ai travaillé, j'ai développé une clinique de la rencontre en allant vers les personnes âgées malades à travers les couloirs, les espaces collectifs et dans les chambres, au plus près de l'intimité de chacun. C'est ce qui m'a permis de découvrir que la rencontre avec le sujet âgé est singulière en tous points. Je me suis rendue compte que je ne pouvais pas rester dans mon bureau et qu'en étant " au chevet de " la personne, je parvenais à effectuer mes consultations, les écoutant comme des personnes ayant une histoire à raconter, avec des traumatismes et des résiliences, des habitudes et des repères, un bagage émotionnel, un itinéraire psychologique et médical.
Avec la fermeture des structures extra hospitalière, les psychologues repensent aussi leur clinique, donnant la possibilité aux patients dont le travail psychothérapeutique était entamé avant le confinement de le poursuivre sous une nouvelle forme, par des consultations téléphoniques. Quasiment tous les patients adoptent cette modalité de consultation. Cela vient soulever un questionnement pour les autres patients sur liste d' attente déjà depuis plusieurs mois. Peut on débuter une psychothérapie par téléphone ? ou par visio conférence ? Des psychologues ayant déjà développé cette clinique spécifique, avant le confinement,
mettent en avant combien ce dispositif téléphonique permet d'effectuer un véritable travail de perlaboration. Il permet de donner aux patients la possibilité d'entamer un travail thérapeutique qu'ils n'auraient probablement pas mené dans d'autres cadres. Le processus à l'œuvre dans ce dispositif est semblable au processus à l'œuvre dans un travail d'inspiration analytique, en face a face. Certains parlent de dispositif thérapeutique en voix -à -voix. Par téléphone, la rencontre clinique a bien lieu passant par l'oreille et la voix essentiellement et mène le patient sur un chemin thérapeutique. Cette clinique par téléphone ne se substitue pas au travail psychologique traditionnel mais peut être une alternative et s'avère intéressante pour des personnes qui sont en difficulté pour consulter un psychologue en face à face. Plusieurs d'entre nous l' expérimentent durant cette période particulière et témoignent de la spécificité de ce travail qui nécessite pour le clinicien une mobilisation importante sur le plan de l'attention et du travail de la pensée. Il s'agit d'être ensemble sans se voir. Pas de représentation du corps de l'autre, de ses mimiques, de son allure, de sa posture, de son odeur. Les représentations que le clinicien a de son patient ne sont qu'imaginaires. Mais celles ci sont mises au travail. C'est aussi
un investissement de l'ouïe et de la voix qui est nécessaire. Certains patients disent que c'est plus compliqué sans voir l'expression du visage et le regard mais d'autres sont très au travail ( plutôt les névrosés). Le clinicien travaille autant sur ce qu'il ressent, perçoit de son patient que ce qu'il laisse percevoir de lui. La frontière entre soi et l'autre est plus ténue, floue et c'est un travail psychique important à faire de différenciation entre soi et l'autre.
Et puis, des psychologues ont aussi expérimenté l'entretien par téléphone dans l'anonymat, dans le cadre de la mise en place d'une plateforme téléphonique qui a été fortement sollicitée. Les personnes appelants s'adressent à un professionnel de l'écoute ce qui a des effets thérapeutiques déjà. Au téléphone, il est plus facile de parler de soi, notamment dans un cadre anonyme, de se libérer en se laissant aller à des confidences, en livrant des doutes, des angoisses, en avouant un moment de déprime, des idées noires ou suicidaires. La pratique semble montrer combien la nature intime de la rencontre s'instaure rapidement. Cette modalité d'aide psychologique par téléphone repose sur l'immédiateté de la rencontre, le repli derrière l'anonymat et la distance avec la voix sans être sous le regard de l'autre à un moment où le besoin de dire sa problématique devient possible.
Cette période a ainsi permis aux psychologues de l'Hôpital psychiatrique du département où je travaille, de se réinventer pour maintenir une continuité des soins. Il me semblait intéressant de laisser une trace écrite sur toutes ces expériences professionnelles partagées.

16/05/2022

Nouvel article, partage d'une expérience professionnelle ..

Un groupe clinique :

Cet écrit témoigne de ma rencontre en tant que psychologue clinicienne avec les soignants et un groupe d’enfants pris en soin au sein d’ un petit groupe thérapeutique dans un centre d’accueil thérapeutique à temps partiel où les enfants sont accueillis à raison d’une demi- journée par semaine.

Parallèlement à mon travail de consultation qui s’organise autour de bilans psychologiques et de suivis, psychothérapies d’enfants ou d’adolescents en souffrance psychique, j’ai eu l’opportunité de pouvoir participer au développement de groupes thérapeutiques et à l’évolution de leur fonctionnement dans le secteur de psychiatrie infanto-juvénile en cmpea et en cattp, cela depuis les années 2000. La pratique de groupe a donc toujours fait partie de mes outils. C’est un outil adapté à la population des enfants reçus en soin, un appui et un levier thérapeutique évidents.
Formée à la psychothérapie institutionnelle pendant mes années universitaires et notamment au cours de mes stages en psychiatrie adulte auprès d’un psychologue clinicien, Jean-Luc Chevalier, ma philosophie du soin et mon appétence pour le travail en groupe ont été inspirées de cette pratique en institution. Pour rappel, la psychothérapie institutionnelle est un type de psychothérapie en institution psychiatrique qui met l’accent sur la dynamique de groupe et la relation soignant/soigné, le côté humain de la relation, la singularité du sujet.

Au Cattp, le travail du psychologue s’articule à celui de l ‘infirmière et de l’ éducatrice. Je suis invitée indirectement à me joindre à eux, en participant aux activités . Le contexte du groupe au sein d’une équipe demande à chaque professionnel une certaine souplesse par rapport aux limites de ses fonctions . Mais il est essentiel que la différenciation des fonctions soient opérante , la réunion entre nous est un moyen, l’identité se construit dans l’échange. Chacun est amené à déposer les éprouvés vécus pendant la séance et c’est ensemble, une fois les enfants partis, que nous tentons de faire émerger nos éprouvés et éventuellement ensuite la ou les questions que viennent amener les enfants au fil des séances.

L ‘histoire du groupe du jeudi commence avec 4 enfants âgés de 6/8 ans : Sam, Thomas, Nicolas et Paul, encadrés par trois soignants : un infirmier, une éducatrice spécialisée et moi-même psychologue.
Cette période a duré neuf mois mais il a fallu tout ce temps là pour que le groupe arrive à maturation.

Les quatre enfants sont venus en groupe car ils posaient des soucis de relation et de comportement, avaient chacun leur particularité et leur histoire, partageant un bon niveau de langage mais des possibilités de symbolisation assez pauvres, une propension à être dans l’agir, des difficultés à inhiber, à accepter les règles .
Ils manifestaient une grande angoisse remarquable d’emblée et qui s’exprimait par l’utilisation qu’ils faisaient de la situation qu’on leur proposait : ils se défendaient de toute relation ayant recours à une excitation psychomotrice et à la confusion. Une autre caractéristique était les multiples manifestations de toute puissance. Ils ont pu déployer au fur et à mesure leurs angoisses archaïques d’abandon, leurs peurs ; leurs conflits intérieurs et leur toute puissance. Nous avons cherché des réponses adaptées, ni trop permissives, ni trop contraignantes, pour leur permettre de jouer ensemble avec notre aide.

Pendant des mois, nous avons eu l ‘impression d’être dans la difficulté de contenir quelque chose de façon durable, pour créer une continuité avec ces enfants. C’était une expérience assez fatigante , avec d’un côté un désir de vouloir créer une cohésion groupale entre les enfants et leur propension à avoir recours à l’expression motrice et psychique ; l’agir. La verbalisation de ce qui se passait ne semblait rien modifier de façon significative pour les enfants. Notre vécu était partagé entre découragement et enthousiasme entre nous. Nous avons l’habitude d’être rigoureux dans la prise de note de fin de séance pour continuer de penser.

Nous avons très vite éprouvé avec ce groupe un besoin de structurer le temps d’accueil dès l’entrée dans les lieux, y compris dans la salle d’attente. Dans la salle du groupe, autour de la petite table, nous avons mis en place le bâton de parole puis proposé aux enfants de choisir une image. Progressivement, une rencontre pouvait avoir lieu entre nous. Nous serons surpris en fin d’année de voir les enfants attendre tranquillement en arrivant et de les voir s’écouter davantage.

Notre aide réitérée auprès d’un enfant en particulier, enfant qui avait su nous toucher, nous faire éprouver sa souffrance en nous mettant face à nos responsabilités d’adulte de mieux l’aider, a pu être vécu comme une attaque contre le groupe : nous devions à chaque fois l’isoler des trois autres car il mettait en acte ses angoisses d’abandon de manière insupportable pour eux. Cette mise en dehors du groupe a pu également faire penser à l’exclusion temporaire des autres enfants mais l’angoisse d’abandon a pu être surmontée et dépassée.

Progressivement, les enfants participaient alors à une mise en histoire qui amenait à être une symbolisation de leur vie intérieure. Ils étaient très présents dans les histoires et les progrès de la symbolisation étaient notables. En nous laissant guider par les mouvements spontanés des enfants entre eux, nous pouvions constater le changement général de l’ambiance et découvrir que les enfants réussissaient malgré les difficultés, à faire un groupe tous ensemble, les uns s’étayant sur les compétences des autres. Notre présence attentive était tout aussi importante que notre présence active. Les enfants ont pu exprimer leurs fantasmes, préoccupations dans le jeu, les constructions mais ce qui nous a intéressé c’est qu’ils inventaient ensemble une histoire car ils étaient devenus capables d’investir à plusieurs et ensemble un même objet. La reprise d’une séance à une autre permettait l’ébauche d’une historicité du groupe recherché.

En conclusion, nous nous sommes intéressés à la globalité du groupe, à ce que tous pouvaient vivre ensemble émotionnellement ainsi qu’à un travail individuel en groupe. La dimension thérapeutique du groupe était là surtout dans ce que chaque enfant inventait, créait. Le groupe a réussi à dépasser les angoisses du début et a pu enfin éprouver une émotion commune qui les à lier chacun l’un à l’autre : rire, jouer, avoir du plaisir à être ensemble sont devenus possibles.

Dans ce groupe, où la question de la souffrance du lien du fait de séparations, de l’abandon, de la violence étaient centrales, ce sont les enfants et deux particulièrement qui nous amenés à les écouter autrement. La créativité s’est mise en route et les enfants nous ont sentis réceptifs à leur souffrance et à leur désir d’en faire quelque chose avec eux tous ensemble. De réceptacle de leur chaos intérieur des premières séances, le groupe est devenu un contenant de la parole de chacun et a permis aux enfants de se sentir entendu et d’être acteur du processus de changement mis en oeuvre dans la dynamique groupale.

Ainsi, même si l’espace et les médiations du groupe au cattp n’ont pas pour vocation première d’amener les enfants à faire une psychothérapie, du psychodrame qui s’inscrit lui dans un cadre et des règles bien précises, l’intervention du psychologue en groupe, mais aussi après le groupe, apporte son expertise sur la dynamique psychique individuelle et collective, invite et tente de soutenir le travail de la pensée essentielle pour aller vers du changement et donc du thérapeutique.
Cette prise de notes systématique entre nous trois, après la séance nous permet de mettre en commun nos éprouvés les plus primaires parfois mais nécessairement à partager, avec toujours à l’esprit que ce que nous éprouvons dans la séance, c’est ce que les enfants nous font éprouver. La lecture des défenses mises en œuvre par les enfants et les adultes est importante à repérer afin de pouvoir proposer des pistes de travail pour la séance d’après.

Pour illustrer, je souhaite vous évoquer une séance de bricolage où Sam, sabote sa construction en sollicitant l’aide de l’adulte pour un découpage, il se met alors à pleurer, s’écroulant au sol, pour tenter de nous communiquer sa détresse et son sentiment de ne pas être compris et aidé suffisamment par les adultes. Lors de notre reprise de la séance, nous échangeons au sujet de cette demande d’aide formulée autour d’une tâche concrète et j’essaie d’orienter notre écoute thérapeutique, sur ce que Sam, met une nouvelle fois en œuvre pour tenter de se faire entendre et de faire réagir les adultes face à la situation très angoissante qu’il est en train de vivre concernant le retour dans sa famille d’origine qui l’insécurise complètement. Sam a donc pu se sécuriser progressivement avant son départ en mettant au travail des éléments de sa problématique personnelle dans le groupe, que nous avons pu entendre.

Séverine Giardina, psychologue clinicienne
Mars 2022.

Citation de F. Tosquelles " Toi qui marches, sache qu'il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en cheminant".François T...
21/11/2020

Citation de F. Tosquelles " Toi qui marches, sache qu'il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en cheminant".
François Tosquelles (1912/1994) est un des inventeurs de la psychothérapie institutionnelle, type de psychothérapie en institution psychiatrique, qui met l'accent sur la dynamique de groupe et la relation soignant/ soigné, le côté humain de la relation, la singularité du sujet. "Les manifestations transférentielles doiventent être reprises et analysées dans le collectif", comme le soulignait F.Tosquelles, pour qui l'implication de tous les membres du personnel est la condition de possibilité de la psychothérapie institutionnelle. Formée à la psychothérapie institutionnelle pendant mes années universitaires et notamment au cours de mes stages en psychiatrie adulte, auprès d'un psychologue clinicien, Jean Luc Chevalier, ma philosophie du soin et mon appétence pour le travail en groupe ont été inspirées de cette pratique en institution.

Je voulais partager avec vous, un entretien avec Monsieur Cyrulnik, neuropsychiatre et psychanalyste français, sur la ré...
01/11/2020

Je voulais partager avec vous, un entretien avec Monsieur Cyrulnik, neuropsychiatre et psychanalyste français, sur la résilience et faire un lien avec l'actualité très anxiogène sur le plan sanitaire et politique qui va mettre les hommes à rude épreuve.
https://youtu.be
/bKfyNIRdVQU

Entretien avec le neuropsychiatre à l'occasion de sa conférence sur le thème de la résilience qui a eu lieu le 23 janvier 2019 au Palais des Congrès de Saint...

27/10/2020

En cours de publication : un article sur le thème "psychologue au temps du covid"
Au printemps 2020, pendant la pandémie liée au covid 19, des professionnels ont été redeployes, sans y avoir été préparés, " un parachutage sans entraînement". Ma rencontre avec les soignants et les résidents, au sein d'un ephad, témoigne du cheminement opéré du fait d'une arrivée précipitée, sans préparation, dans un lieu inconnu, avec une équipe inconnue, dans un contexte où la charge d'angoisses est bien présente. Cet aspect est fondateur d'une difficulté à m'approprier une nouvelle identité professionnelle efficace auprès d'un public âgé souffrant de troubles psychiques divers et a pour conséquences la découverte d'une nouvelle clinique et d'une nouvelle façon d'exercer. Cet écrit a pour but de mettre du sens sur une période la plus bouleversante de ma carrière en tant que psychologue.

Je vous propose cette petite vidéo, réalisé par Andreas Hykade, résumant l'addiction à une drogue qu'elle quelle soit.
24/10/2020

Je vous propose cette petite vidéo, réalisé par Andreas Hykade, résumant l'addiction à une drogue qu'elle quelle soit.

Kiwi tastes a golden nugget. It's delicious. Script, direction, animation: Andreas Hykade Animation, artwork: Angela Steffen Music, sound design: Heiko Maile...

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