11/08/2026
Je ne t’aime pas Maman.
J’ai voulu te copier pour exister.
J’ai voulu m'effacer pour te ressembler
J’ai voulu être toi pour ne pas être moi.
Je ne t’aime pas Maman
Te ressembler m’a blessée, m’a dénaturée, m’a effacée.
J’ai voulu te plaire pour me plaire
J’ai dû me taire pour que tu sois.
Je ne t’aime pas Maman
Je suis blessée, j’ai mal partout
Ta présence m’oppresse, ça me rend dingue
Je voudrais que tu vois comme tu m’étouffes.
Je ne t’aime pas maman
C’est ce que j’ai cru longtemps
Parce que je n’ai pas osé être moi
Parce que je n’ai pas compris qui j’étais
Parce que pour être moi il fallait te copier
Parce qu’il fallait être parfaite pour exister
Forte, belle, courageuse, fatale, imperméable
Soumise, invisible et malléable
En vrai je t’aime Maman
Parce qu’à présent je sais m’aimer
Je me réconcilie avec moi et mes émois
J’apprend à m’aligner, me respecter, à dire non
Je découvre que je peux Etre et vivre pleinement
Même si ça ne te plait pas
Je découvre le vivre conscient
Je découvre le courage de désobéir
Je découvre que tant de femmes ne se voient pas
Je découvre que tant de femmes ne se libèrent pas
Je découvre que tant de femmes ne se connaissent pas
Qu’elles ne savent plus, pas, ou peu
Que c’est la vie ma pauvre Lucette
Que survivre c’est pas si grave
Que vivre pleinement c’est inaccessible
Que le “petit peuple” vit sous traumas
Que le “petit peuple” se soigne pas
Que le temps pour soi n’existe pas
Que le miroir peut leur faire peur
Sa vérité est une douleur
Miroir mon beau miroir tais toi !
de toute façon je ne m’aime pas
Ces femmes, moi je les aime et je veux qu’elles s’aiment
Qu’elles se tiennent debout sur la falaise
Qu’elles peuvent sauter, je leur tiens la main
Mais pour sauter faut être à l'aise
Il faut sauter mais elle n’osent pas
Pourtant le vrai c’est bien là bas
Dans le subtil, le lâcher prise
Il faut sauter mais elles n’osent pas
Pourtant elles acquiescent quand elle me lisent
Je voudrais leur dire, que demain arrive SYMPHONIUM
Je voudrais leur dire de l’utiliser pour vibrer
Je voudrais leur dire d’enfin se libérer de tous leurs doutes
Et qu’elles renaissent une fois pour toute
ENFIN.