Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute

Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute, Psychologue, 1194 Route de la Maurienne, Bourgneuf.

Psychologue clinicienne | Psychanalyste |Thérapie individuelle & familiale | Clinique de l’extrême : expériences traumatiques, soins palliatifs | Psychanalyse transgénérationnelle | Supervisions & expertise institutionnelle | Autrice

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21/08/2026

5 jours, 5 sessions en ligne pour découvrir comment le trauma agit et explorer des pratiques pour commencer à sortir du mode survie.

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Vous avez parfois l’impression de réagir trop fort à certaines situations ?

De répéter les mêmes schémas, même lorsque vous savez qu’ils vous font du mal ?

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Le trauma ne ressemble pas toujours à ce que l’on imagine.

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17/08/2026

Quels sujets souhaiteriez vous aborder ?

17/08/2026

"C'est quand même son père, sa mère, son grand père, notre voisin, notre amis... ". La liste est longue et ce type de formulation n'est pas un argument pour tout autoriser, pour continuer à maintenir un lien, pour ne pas protéger son enfant de l'autre qui ne va pas être un adulte respectueux de l'altérité dans la relation.

Enfants et Adultes, refuge intérieur, quand le dehors devient trop grand. Enfants, adultes et refuge intérieur. Travaill...
17/08/2026

Enfants et Adultes, refuge intérieur, quand le dehors devient trop grand. Enfants, adultes et refuge intérieur. Travailler les transitions : apprendre à sortir sans perdre son dedans

Il suffit parfois d’observer une scène devenue familière, un enfant qui préfère rester dans sa chambre plutôt que descendre jouer dehors, un adolescent qui vit essentiellement derrière une porte fermée, un jeune adulte qui étudie, travaille, mange, joue et entretient ses relations sans presque jamais quitter l'intérieur de sa maison.

Ici, nous parlons des enfants mais le phénomène ne concerne pas seulement les plus jeunes car de nombreux adultes organisent désormais une part considérable de leur existence depuis leur domicile : travail, achats, loisirs, rencontres, relations sociales, sexualité, démarches administratives ou bien divertissements.

L’intérieur n’est plus seulement aujourd'hui un lieu où l’on revient après avoir vécu dehors. Les équilibres du passé se sont renversés car progressivement il est devenu parfois le lieu principal où la vie se déroule.

Cette transformation peut naturellement être pensée à partir des évolutions sociales et technologiques. Les écrans permettent de travailler, de jouer, de communiquer, de consommer et de rencontrer sans déplacement. L’espace domestique s’est ainsi considérablement enrichi de possibilités. Mais la psychanalyse pourrait se demander ce que ces changements induisent, produisent et de quel symptôme parlons nous.

Pourquoi le dehors serait désirable principalement à distance ?

L’intérieur comme enveloppe

Pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord prendre au sérieux la fonction psychique de l'espace.

La maison n'est jamais uniquement une construction matérielle. Elle constitue une enveloppe, une frontière entre soi et le monde. Elle permet de se retirer, de se retrouver, de contrôler les entrées et les sorties, le bruit, les regards, les sollicitations. Elle est faite de nos investissements, de nos rapports à nos objets parentaux, de nos vécus.

Progressivement l'enfant au gré de ses expériences infantiles devrait arriver à intégrer que le monde extérieur peut être supportable parce qu'il existe un lieu où revenir. Une zone de confortabilité loin du tumulte extérieur, un espace sécure.

Dans cette perspective donc le chez-soi participe à la construction d'une sécurité fondamentale. Pourtant habiter un intérieur n'est pas nécessairement la même chose que pouvoir habiter le monde.

La clinique psychanalytique de l'habiter souligne précisément cette différence entre occuper un logement et être capable d'y construire un véritable « chez-soi ». La maison peut protéger, mais elle peut aussi devenir une frontière défensive contre tout ce qui vient de l'extérieur.

J'aimerai m'att**der sur l'interface entre le dedans et le dehors et sur ce que nous nommons le seuil. Celui-ci ne se situe pas à l'intérieur et n'est pas non plus sur l'extérieur. C'est un espace intermédiaire tel qu'une porte, une fenêtre, un balcon, le jardin, la rue, la cour, un porche...
Symnoliquement le seuil représente la frontière, une zone où il peut y avoir un passage.

Dans certaines configurations psychiques, préférer l'intérieur n'est pas forcément une problématique mais cela le deviendra lorsqu'il n'y aura plus la possibilité de franchir le seuil et que sortir, dehors pourra alors être vécu comme une exposition à divers risques et situations allant de l'inconfortable à l'inssuportable ou bien produisant des réactions phobiques innomables.

Il sera alors difficile par exemple de s'exposer au regard de l'autre, à l'imprévisible, au conflit avec autrui, au bruit, à des stimulations, à l'échec, à l'image de son corps, au désir de l'autre etc.

Dans ce cas privilégier l'intérieur permet alors une forme de maîtrise et de controle sur un environnement externe considéré comme mettant à mal.

Depuis l'intérieur il est aisé de savoir qui entre, qui sort, de choisir ce que l'on regarde, de stopper une conversation, éteindre la télé, fermer portes, fenêtres ou volets. Il y a dans cette dynamique la volonté de controler les paramêtres du monde extérieur.

Winnicott évoque la nécessité d'avoir un espace suffisamment sécurisant. C'est un besoin fondamental. Pour le psychanalyste britannique, le développement du sujet nécessite un environnement suffisamment sécurisant permettant progressivement de passer d'une dépendance initiale à une capacité d'exister davantage par soi-même.

Son concept d'espace potentiel est particulièrement fécond ici. Winnicott situe le jeu dans un espace intermédiaire entre le monde interne et la réalité extérieure.

« C’est en jouant et seulement en jouant que l’individu, enfant ou adulte, est capable d’être créatif. »

Dans son ouvrage Jeu et Réalité, le jeu constitue justement une expérience où le sujet peut explorer le monde sans être immédiatement soumis à toute la dureté du réel. Il permet de créer, d'expérimenter, de transformer et de symboliser.

Le problème contemporain nous pousse à nous interroger sur la modification de ces espaces potentiel aujourd'hui qui se réduisent de plus en plus à l'espace domestique ou numérique avec une diminution pout certains d'entre nous à ces allers retours entre le dedans et le dehors.

Dans notre ère moderne l'enfant peut jouer, sans sortir, un adolescent va rencontrer ses amis, au travers d'un écran. La barrière de l'intime n''est plus la même que par le passé où par nature les habitations, l'intérieur des maisons, se faisait beaucoup plus nombreuses.

Aujourd'hui l'adulte peut travailler, communiquer, consommer et se divertir sans rencontrer physiquement l'altérité et ainsi d'autres individus. Nous assistons à une réduction des expériences et des espaces d'entre deux, de transition. Or le développement psychique suppose précisément la possibilité de passer du dedans au dehors, du familier à l'étranger, du connu à l'inconnu.

Ainsi le refuge devient un retrait. Car se refugier n'est pas se retirer. Le retrait va être une organisation défensive durable qui va s'installer pour se protéger de l'extérieur considéré comme trop menaçant. Le refuge à l'inverse est une zone de récupération, de recharge avant de repartir.

Il est aisé malheureusement de passer d'un désir de rester chez soi à "je préfère rester chez moi car dehors c'est fatiguant ou bien à je ne vois pas pourquoi j'irai là à je n'ai plus l'énergie de sortir.

Nous voyons bien comment la situation qui de prime abord ne paraît pas problématique mais qu'elle peut vite le devenir sans réelle conscience de l'individu.

La différence paraît minime mais en réalité, elle ne l'est pas. Dans le premier exemple l'intérieur est une base de sécurité, dans le second, il peut devenir une forteresse psychique, une manière de s'isoler, s'enfermer sous couvert de protection.

Lorsque le familier devient inquiétant pour rejoindre le concept d'inquiétante étrangeté ou d'Unheimliche, nous pourrions dire que le dehors n'est pas nécessairement objectivement dangereux mais qu'il peut être devenu psychiquement étranger. Et c'est ce qui nous intéressera ici. Le monde auparavant familier ne l'est plus autant. La chambre, la maison deviendront extraordinairement rassurants. L'individu va alors construire à son image un monde plus à sa mesure.

La chambre, la maison ont cette fonction particulère que nous appelons le territoire du Moi.

Elles constituent une première forme d'espace privé, surtout la chambre qui est un lieu où les parents n'entrent plus totalement, où le sujet peut expérimenter une identité, une sexualité, des goûts, des appartenances.

Fermer la porte va être un acte développemental parfaitement normal et que la chambre soit sans porte ou qu'elle se transforme en "moulin" où toute la famille rentre et sort sans réserve n'est donc absolument pas l'idéal et va questionner autour de fonctionnement familiaux incestuels.

Mais cette fermeture peut également prendre une autre signification. La porte ne sépare plus seulement l'adolescent de ses parents, elle le sépare du monde. La chambre devient alors un espace où tout peut être maîtrisé. Les objets vont être choisis, la lumière sera contrôlée et il y aura possiblement des interactions interrompues.

Dans l'espace privé, intime, le corps peut être soustrait au regard et l'écran permet d'être simultanément présent et absent.
Cela permet d'être relié au monde sans avoir à le rencontrer. Ainsi, l'écran peut être pensé comme une nouvelle fenêtre. Mais celle-ci sera paradoxale car elle permet de voir le monde sans être exposé à lui.

Il est possible alors de regarder des personnes sans être regardé, de communiquer sans être physiquement présent et d'explorer sans se déplacer, de ne pas rencontrer directement l'obje du désir.

L'écran peut donc constituer une extension de l'espace potentiel winnicottien, mais il peut aussi devenir une paroi défensive extrêmement efficace.

La question clinique serait donc de se demander ce que rester à l'intérieur permettrait d'éviter et surtout qu'est ce que je peux faire à l'intérieur, derrière un écran que je ne peux plus bien faire dans la réalité.

Cette distinction est essentielle car le corps aussi reste à l'intérieur et sortir suppose de mettre son corps en mouvement.

Marcher, être vu, rencontrer des regards, sentir la température, le bruit, le vent, les odeurs, les autres corps. L'extérieur réintroduit une expérience sensorielle beaucoup plus imprévisible. À l'intérieur, le sujet peut contrôler son environnement sensoriel. Lumière, bruit, température peuvent être réglés.

Le monde extérieur impose au contraire ses propres rythmes.

Dans une société où l'on peut satisfaire une quantité croissante de besoins sans bouger, le déplacement devient progressivement moins nécessaire mais psychiquement plus coûteux.

L'OMS souligne d'ailleurs que les modes de vie sont devenus plus sédentaires notamment avec le développement des transports motorisés et l'augmentation de l'utilisation des écrans pour le travail, l'éducation et les loisirs. Mais ces données ne disent pas ce que le symptôme signifie pour un sujet particulier.

Et c'est précisément là que la psychanalyse apporte autre chose car sortir c'est rencontrer l'autre et c'est une exposition à son propre désir.

Le dehors confronte à la différence des corps, des générations, des sexes, des classes sociales, des styles, des réussites et des échecs. Il confronte également à la frustration où tout n'est pas disponible, tout ne peut être controlé, où tout le monde ne répond pas, où il y a du refus et de l'effacement, de la comparaison, de la déception, bref, un lieu fait d'altérité. L'intérieur peut donc être particulièrement séduisant, car réduisant cette alterité avec la promesse de proposer un monde plus prévisible.

Le monde numérique donne ainsi au sujet une capacité de contrôle de son environnement que le monde réel ne permet évidemment pas. La Tv peut remplacer le numérique, tout comme le fait de réduire ses activités et de priviligégier l'intérieur de la maison. Une forme de maîtrise du cadre de vie et des expériences qui en découlent.

Mais ne serait ce pas là une illusion ?

Travailler les transitions, apprendre à sortir sans perdre son dedans

Dans le travail avec une patiente qui tend à privilégier massivement l’espace intérieur, nous avons choisi de ne pas faire de la sortie un objectif en soi. Il ne s’agissait pas de lui demander de « sortir davantage », comme si le problème résidait simplement dans un comportement d’évitement.

Nous avons plutôt travaillé sur la transition entre le dedans et le dehors.

Car pour cette patiente, sortir ne signifiait pas simplement franchir une porte. La sortie pouvait être vécue comme une rupture avec un espace sécurisant, comme une exposition brutale à un monde extérieur difficilement contrôlable. En arrêt maladie, aller faire les courses, se rendre à un rendez vous médical, se déplacer en ville était extrèmement couteux, source d'angoisse qui régulièrement la poussait à éviter, reporter, procrastiner...

Le retour à l’intérieur, quant à lui, pouvait prendre la forme d’un soulagement massif, renforçant progressivement l'association : dehors = tension / dedans = apaisement.

L'enjeu thérapeutique a donc été de créer une troisième possibilité : sortir tout en conservant psychiquement un dedans suffisamment présent pour pouvoir y revenir.

Il ne s'agit plus de choisir entre le dedans et le dehors, mais d'apprendre à circuler entre les deux. Nous avons ainsi travaillé à partir de ce que l'on pourrait appeler une zone de confort, non pas comme un espace dans lequel il faudrait maintenir indéfiniment la patiente, mais comme une base de sécurité à partir de laquelle l'exploration devient possible.

Le travail consistait à repérer pour elle :

« Jusqu'où puis-je aller dehors tout en sachant que je peux revenir avant que cela ne devienne trop ? »

Cette formulation modifie profondément le rapport à la sortie.

Il ne s'agit plus de se confronter au dehors jusqu'à épuisement ou débordement, mais d'expérimenter progressivement que l'on peut s'éloigner sans perdre son sentiment de sécurité.

Il s'agissait de renforcer le fait que les allers et venues sur l'extérieur étaient avant tout des expériences qui possiblement de réussiraient pas mais permettraient de trouver comment aller mieux.

De mon côté j'insite en tant que thérapeute sur le tissage essentiel d'une alliance thérapeutique qui permet de au patient de se sécuriser et de tenter les expériences non pas seul mais en appui avec le thérapeute qui va renforcer la confiance en soi, la confiance en l'autre dans la relation.

Nous questionnerons en parrallèle les expériences personnelles du patient de manière à ce que la relation thérapeutisue au gré du transfert patient/parent/therapeute soit réparateur et qu'il puisse favoriser des expériences de sorties sur l'extérieur.

La porte devient alors moins une frontière infranchissable qu'un seuil.

Il est possible alors de penser qu'il est possible de sortir, de revenir et de ressortir.

Le jeu de la bobine et du For Da de Freud est aussi un essentiel. Tel un enfant qui apprend à faire du vélo sans roulette le patient va expérimenter les sorties et les entrées de la maison, intérieur, extérieur. Ainsi le mouvement de va-et-vient passe du symbolique au réel et créé une inscription positive qui devient lui-même une expérience psychique.

La patiente va apprendre que partir n'est pas abandonner son refuge. Chez certaines personnes, sortir peut être inconsciemment associé à une perte : perdre la sécurité, perdre le contrôle, perdre le lieu protecteur.

Nous travaillons alors sur l'idée que quitter momentanément son espace intérieur ne signifie pas le perdre.

La patiente a pu peut ainsi commencer à découvrir que la sécurité n'est pas uniquement contenue dans les murs de son logement : elle peut progressivement devenir une expérience psychique transportable.

C'est là que le concept winnicottien d'espace potentiel prend toute sa pertinence. L'objectif n'est pas de supprimer le monde intérieur au profit de la réalité extérieure, mais de permettre au sujet de disposer d'un espace intermédiaire dans lequel il puisse expérimenter, jouer, se déplacer et rencontrer l'autre sans être immédiatement débordé.

Une dimension importante du travail consiste également à repérer le moment où la sortie cesse d'être une expérience d'exploration pour devenir une expérience de dépassement.

Nous cherchons donc moins à mesurer la distance parcourue qu'à identifier les signaux internes :

À quel moment mon corps commence-t-il à se tendre ?

Quand est-ce que l'inquiétude monte ?

Est-ce encore de l'inconfort ou déjà du débordement ?

Puis-je revenir maintenant, avant que mon système ne soit saturé ?

La possibilité de revenir volontairement constitue ici un élément essentiel. Je peux sortir parce que je sais que je peux revenir.

Et paradoxalement, c'est parfois cette possibilité du retour qui permet d'aller un peu plus loin. Ce travail permet progressivement de transformer la maîtrise.

L'objectif thérapeutique n'est pas de faire disparaître la zone de confort. Il est de l'élargir progressivement, jusqu'à ce que le dehors puisse lui aussi devenir suffisamment familier.

Le mouvement thérapeutique pourrait finalement être résumé par au début, je dois être dedans pour me sentir en sécurité, puis je peux sortir parce que je sais que je peux revenir dedans et que je peux emporter jne part de cette sécurité lorsque je suis dehors.

C'est peut-être là que se situe le véritable enjeu du travail des transitions. Il ne s'agit pas de faire sortir le sujet de son refuge, mais lui permettre de transformer peu à peu le refuge externe en sécurité interne.

Le dedans n'est alors plus un lieu dont il faut s'arracher. Il va devenir une base à partir de laquelle il devient possible de rencontrer le dehors.

Et entre les deux, il y a le seuil : cet espace fragile et précieux où le sujet apprend progressivement que partir ne signifie pas perdre, et revenir ne signifie pas échouer.

J'apporte ici un éclairage sous un angle précis qui n'évoque pas l'aspect transgénérationnel même si celui-ci bien sûr fait parti des lectures et analyse autour de la question de l'habiter, du seuil et de l'inertie ou l'impossibilité de se mettre en mouvement sur l'extérieur.
Nous retrouvons des dynamiques et des vécus traumatiques.

Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute

Le trauma médical, quand le soin devient lui-même une source de peur et de réactivation. Lorsque nous nous faisons soign...
14/08/2026

Le trauma médical, quand le soin devient lui-même une source de peur et de réactivation.

Lorsque nous nous faisons soigner, même si cela peut être complexe, nous engageons un mouvement de confiance que nous nommons alliance thérapeutique. Il s'agit alors d'accepter de remettre son corps entre les mains d’un autre, consentir à être examiné, touché, parfois anesthésié, opéré ou soumis à des traitements dont on ne maîtrise ni les effets ni les conséquences.

Lorsque l’expérience médicale a été vécue comme violente, imprévisible, humiliante ou menaçante, cette confiance peut se fissurer profondément et va rendre les prochains parcours de soins compliqués.
Que ce soit pour une intervention dentaire, orthopédique, gynécologique, anesthésique, radiologique, aucun des domaines médicaux n'est protégé.

Le paradoxe du trauma médical est alors particulièrement douloureux car celui qui devait protéger, soigner, devient associé au danger, et l’espace du soin peut progressivement devenir un espace de menace.

Quand le corps garde la mémoire du soin

Un événement médical n’est pas nécessairement traumatique parce qu’il est objectivement grave. Ce qui peut produire une expérience traumatique tient aussi à la manière dont la personne a vécu la situation comme par exemple avoir le.sentiment de ne pas être entendue, vivre un moment de douleur incontrôlable, une perte de contrôle, une annonce brutale ainsi que des gestes vécus comme intrusifs. L'absence d’explications, le sentiment d’abandon ou impression que son corps n'appartiendrait plus au patient fait parti aussi de l'expérience médicale traumatique.

Le traumatisme va et peut alors naître d’un décalage entre ce qui est fait au corps et ce que le sujet peut psychiquement intégrer de ce qui lui arrive. Parfois les deux se téléscopent entre le réel et le ressenti.

Lorsque l’expérience déborde les capacités habituelles de symbolisation, elle peut rester inscrite sous une forme essentiellement corporelle et émotionnelle. Plus t**d, une odeur d’hôpital, une blouse blanche, un examen, une salle d’attente, un bruit d’appareil ou même une simple consultation peuvent réactiver une sensation ancienne de danger. Nota, un nourrisson né prématuré, avec diverses sondes peut aussi vivre une expérience traumatiques. Le son, bruits, odeurs, touché seront alors profondément inscrits dans la mémoire du corps. Nous parlerons d'expérience traumatosie archaïque, en deça des mots et des représentations. Des années plus t**d des patients associent autour de problématiques de poids, de refus de soins dentaires, de phobies autour des appareillages hospitaliers etc. Ceux ci ne sont que des indicateurs de traumas passés. Ils seront par contre un matériel de travaim ultra riche pour le patient et le psy.

En séance au delà d'analyser ce qui se répète, les enjeux nous cherchons aussi à repérer ce que je nomme point de contact. Ce qui va faire point de contact réactivant.

La personne sait rationnellement, qu’elle n’est plus dans la situation initiale, mais son système d’alarme, lui, peut fonctionner comme si le danger était à nouveau présent.
Nous parlons ici d'une confusion entre le passé et le présent car lors d'une expérience traumatique, passé et présent se confondent et n'existent plus.

Du soin au déclencheur

Ainsi peuvent apparaître des réactions qui semblent, de l’extérieur, disproportionnées telles que de l'anxiété intense avant un rendez-vous, une accélération cardiaque, des nausées, des tremblements, de la.sidération, des conduites d'évitement, et une difficulté à parler au médecin, voir une sensation de perdre ses moyens ou de ressentir le besoin de quitter précipitamment le lieu. Dans ce cas le système nerveux est hautement solicité.

Certaines personnes vont alors reporter les consultations, éviter les examens, interrompre un traitement ou ne plus consulter qu’en situation d’urgence.
La plupart des gens, voir certains médecins vont interpréter cela comme de la négligence, de la « mauvaise volonté » ou une difficulté à coopérer avec les soignants. Il peut pourtant correspondre à une stratégie de protection psychique qui signe un refus, un évitement ou une position phobique visant à ne pas revivre le même vécu ni déclencher le mode survie.
Ainsi, éviter le soin permet momentanément d'éviter la réactivation traumatique. Le problème est que cette protection peut progressivement devenir dangereuse car plus les soins sont évités, plus leur nécessité augmente et ainsi plus ils deviennent nécessaires, plus ils sont anxiogènes.

Le paradoxe du trauma médical

La personne traumatisée peut alors se retrouver enfermée dans un paradoxe oû
elle va avoir besoin de soins, mais le soin lui-même réveille ce dont elle cherche à se protéger. Le corps devient alors le lieu d’une contradiction et va réclamer de l’aide, tandis que la mémoire traumatique associe cette aide à une menace.

Nous remarquons dans ce cas auprès de certaines personnes que celles ci peuvent éprouver une ambivalence profonde face aux professionnels de santé. Elles vont souhaiter être rassurées tout en se méfiant, demander des explications tout en ayant du mal à les entendre, vouloir être prises en charge tout en ressentant le besoin de contrôler chaque geste.

Cette apparente contradiction prend davantage de sens lorsqu’on la comprend comme une tentative de retrouver une maîtrise qui avait été perdue. Ainsi dans cette perspective, le consentement ne peut pas être réduit à une simple question administrative car pour une personne ayant vécu une expérience médicale traumatique, pouvoir comprendre ce qui va être fait, pourquoi cela va être fait, combien de temps cela va durer et ce qu’elle peut demander ou refuser peut avoir une fonction profondément contenante.

Il s'agira de redonner du contrôle car cela est déjà une première forme de réparation. Ainsi tout soignant se doit de demander avant de toucher. Cela est encore plus vrai même si cela devrait être un principe de base. Le soignant doit par nature expliquer avant de faire, prévenir avant un geste et vérifier que la personne a compris. En retour il est essentiel de permettre de poser des questions et de respecter un temps de pause lorsque cela est possible.
Ces gestes peuvent sembler élémentaires mais pour quelqu’un dont le traumatisme s’est précisément construit autour de la perte de contrôle, ils peuvent pourtant être déterminants. Ainsi le médecin peut devenir le représentant d’une expérience passée au risque de revêtir la figure de l'agresseur, le soignant qui a produit trauma et non secourabilité. Judith Herman ramène l'idée que ce qui va faire trauma sera aussi la rupture du sentiment de sécurité et du sentiment d'exister.
Le professionnel rencontré aujourd’hui portera la part fantomatique du soignant absent que le patient au moment du geste ne pourra différencier.

La blouse, le cabinet, l’examen ou la position du médecin peuvent devenir aussi des signifiants de la scène traumatique. Ce phénomène ne signifie pas que la personne « confond » simplement le présent et le passé. Il rappelle plutôt que la mémoire traumatique ne fonctionne pas toujours comme un souvenir narratif ordinaire. Elle peut se manifester par des sensations, des affects, des odeurs, du sensoriel, des réactions corporelles ou des conduites d’évitement.

Prendre en compte le trauma médical ne signifie pas renoncer aux soins ni considérer toute réaction anxieuse comme pathologique. Cela implique de reconnaître que, pour certaines personnes, la relation de soin constitue une dimension thérapeutique à part entière. Un professionnel qui écoute sans minimiser, qui explique sans infantiliser, qui laisse une place au consentement et qui reconnaît la peur sans la disqualifier peut progressivement contribuer à dissocier, dans l’expérience du patient, le soin de la menace.
Il ne s’agit pas de promettre que tout se passera toujours bien mais plutôt de permettre une expérience différente : je peux être soigné sans être dépossédé de moi-même.

Réapprendre à faire confiance

La réparation ne consiste donc pas seulement à « convaincre » la personne que les médecins ne lui veulent pas de mal.
La confiance se reconstruit à travers des expériences répétées dans lesquelles le sujet découvre qu’il peut être vulnérable sans être entièrement dépossédé de son corps, de sa parole ou de ses choix.

Le trauma médical rappelle ainsi une évidence parfois oubliée : le soin porte toujours sur un corps, mais il s’adresse à un sujet. Lorsque cette distinction est respectée, le cabinet médical peut progressivement cesser d’être le lieu où le traumatisme se répète pour redevenir ce qu’il aurait toujours dû être : un espace où le sujet peut accepter d’être aidé sans avoir à renoncer à lui-même.
Ce qui dans nos logiques actuelles de soin et profondément difficile. Les soignants sont pris entre le fonctionnement des politiques de soin qui se font de plus en plus technocrates alors que la plupart se sont engagés dans ce métier avec des principes d'humanité important.
Un réel conflit et paradoxe donc. Déshumaniser en voulant soigner.

Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute
Photo libre de droits.

12/08/2026

Nous avons travaillé cela avec une patiente couplé à un protocole de gestion de la colère et à l'identification d'un moment déclencheur en connexion avec celui du passé qui aurait pu déclencher le stress au moment présent. L'idée étant de connecter l'expérience négative qui a laissé une trace au niveau du système nerveux et qui se réactive selon les situations qui présentent des similitudes même 10, 20 ou 30 ans après. Parfois l'événement n'est pas repéré, il est nécessaire d'explorer les souvenirs d'enfance et de remonter la chaîne associative. A cela je couple donc des techniques de TCC et de la psychanalyse voir de la psychanalyse transgénérationnelle qui permet de remonter à des traces ancestrales inscrites dans la mémoire du corps, du soma et du psychique voir au niveau épigénétique.

🌊 La méthode S.T.O.P. – 3 minutes pour retrouver son calme

Quand le stress nous envahit, on se met à parler trop ou plus du tout, à hausser le ton, à bouger dans tous les sens… Parfois, des mots tranchants sortent malgré nous.
En réalité, c’est notre amygdale – la vigie émotionnelle du cerveau – qui déclenche la sirène rouge : danger. Résultat : notre cortex préfrontal (le siège de la réflexion et de l’empathie) est mis en veille.

Il est pourtant possible de couper l’alarme et de revenir au calme presque instantanément.
La coach et sophrologue Gaëlle Piton propose dans La méditation, c’est la vie une méthode simple, basée sur la pleine conscience, pour apaiser le corps et l’esprit.

Cerise sur le gâteau : si vos enfants vous voient pratiquer, ils auront envie de vous imiter… et apprendront aussi à réguler leur stress.

🧘‍♀️ La technique S.T.O.P. (3 minutes chrono)

S – Stop
Je m’arrête.
Je peux poser une main sur mon ventre ou mon cœur pour sentir ma respiration.

T – Temps
Je prends un moment pour respirer pleinement, sentir l’air qui entre et qui sort.

O – Observation
J’observe ce qui se passe en moi : sensations corporelles, émotions, pensées… sans jugement.

P – Présence
Je reste quelques instants avec cette expérience.
Je me rappelle que les émotions sont comme les vagues : elles montent… et finissent par redescendre.

💡 Astuce : pour que cette méthode devienne un réflexe, entraînez-vous même quand vous n’êtes pas stressés. Plus vous la pratiquerez, plus vos circuits neuronaux s’habitueront… et plus votre calme reviendra vite quand il le faudra.

Tout droits réservés, Karine Henriquet.
Psychologue Clinicienne et Psychanalyste.

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1194 Route De La Maurienne
Bourgneuf
73390

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Lundi 08:00 - 20:30
Mardi 08:00 - 20:30
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