03/06/2026
❤️🩹
Septième puissance économique mondiale, mais manifestement bloquée dans un autre siècle dès qu'il s'agit d'appliquer les connaissances scientifiques, la France excelle dans les beaux discours sur l'inclusion pendant que les familles continuent de pallier les défaillances de l'État.
Un rapport parlementaire sur la prise en charge de l’autisme déposé le 27 mai 2026 met en lumière le re**rd historique de la France en la matière. Des décennies d'aveuglement institutionnel et de renoncements politiques.
Et ce re**rd monumental dans le diagnostic, l'accompagnement et l'inclusion des personnes autistes n’a rien à voir avec un manque de données scientifiques. Les connaissances sont largement accessibles et les pratiques efficaces sont connues depuis longtemps. Des expériences étrangères montrent qu'une autre voie est possible. Ce qui manque, c'est la volonté politique de transformer les institutions pour aider réellement les personnes concernées.
Pendant des décennies, la France a persisté dans des approches largement abandonnées ailleurs. Alors que la recherche internationale avançait vers une meilleure compréhension de la neurodivergence, l'Hexagone s'est enlisé dans des querelles idéologiques qui ont re**rdé la diffusion des pratiques fondées sur les preuves scientifiques. Et ce re**rd a eu des conséquences dévastatrices : diagnostics tardifs, absence d'accompagnement adapté, souffrance des familles et perte de chance pour des milliers d'enfants.
Le rapport ne manque pas de souligner que ce sont souvent les parents qui ont dû compenser les insuffisances du système. Associations, collectifs et familles ont créé des structures, développé des outils, porté les revendications et parfois financé eux-mêmes des accompagnements indispensables. Autrement dit, ceux qui auraient dû être soutenus ont été contraints de pallier les carences des pouvoirs publics.
Dans ce système défectueux et fragmenté, les familles se retrouvent à naviguer dans un labyrinthe administratif épuisant, confrontées à des listes d'attente interminables, à des pénuries de professionnels et à des inégalités territoriales considérables. Selon le lieu où l'on naît, les chances d'obtenir un diagnostic rapide ou un accompagnement adapté peuvent énormément varier.
En ce qui concerne l’école, malgré les discours sur l'inclusion, trop d'enfants autistes demeurent confrontés à des établissements insuffisamment formés, à un manque chronique d'accompagnants et à des dispositifs inadaptés. L'inclusion ne peut se résumer à la simple présence physique dans une salle de classe. Une école véritablement inclusive est une école qui adapte son fonctionnement aux besoins des élèves, et non l'inverse.
Et derrière les difficultés rencontrées aujourd'hui par les enfants autistes se trouvent également des générations d'adultes qui ont grandi à une époque où les connaissances scientifiques étaient moins diffusées et les accompagnements plus rares encore. Beaucoup ont traversé l'enfance dans l'incompréhension totale, sans diagnostic et sans soutien adapté.
L'accès à l'emploi, au logement autonome, aux soins ou à une pleine participation à la vie sociale demeure encore aujourd'hui un défi pour de nombreuses personnes autistes. Et oui, les enfants autistes deviennent des adultes autistes. Une évidence qui semble encore échapper à nos institutions.
Aujourd’hui, les connaissances existent, les professionnels existent, les familles sont mobilisées. L'État, quant à lui, semble être le dernier à avoir reçu l'information.
Source : Rapport d'information sur la prise en charge de l'autisme (Philippe Fait et Isabelle Santiago), n° 2846, mai 2026
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à (re)lire les premiers volets de notre dossier sur la neurodivergence. Après une petite pause, le prochain article arrive la semaine prochaine.
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