25/06/2026
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Addictions et troubles du neurodéveloppement : cerveaux vulnérables ?
🔶 TDAH, cas complexe et addictions – Caroline Demily
Le TDAH chez l’adulte (2,5% de la population) est un trouble de la régulation globale (attention, émotions, sommeil), marqué par un fort continuum depuis l'enfance. C'est le TND avec le + de comorbidités (75%), causant un ret**d diagnostic majeur (~17 ans). Touchant autant de femmes que d'hommes, il est souvent sous-diagnostiqué chez les premières, qui présentent des formes plus inattentives, internalisées (dépression, burn-out) et des stratégies de compensation.
La complexité est accrue par le risque de TUS (+50%). L'addiction (souvent intense et précoce) fait office d’automédication immédiate face au déficit dopaminergique. Le traitement par méthylphénidate à libération prolongée permet de soulager à la fois TDAH et addictions.
🔗 Cf. webinaire Cocaïne et TDAH : https://youtu.be/K3ipDxYW1f4?si=bF4fLlT8GxMbSxL_
🔶 Chercher l’invisible : angles morts de la recherche clinique – Lucia Romo
Le TDAH au féminin : historiquement calqués sur les garçons, ses critères ignorent la distractibilité et les ruminations des femmes, favorisant l'errance, l'addiction et un deuil post-diagnostic douloureux. Les addictions manquent de marqueurs neurobiologiques précis, nécessitant des approches alternatives comme l'étude des addictions sans substance (achats, travail, sport).
Les autres populations négligées par la recherche incluent :
➡️ Milieu carcéral et DI : fragilisé·es, manquant de suivi et de données locales.
➡️ Minorités : migrants, personnes âgées et LGBTQIA+ (impacté·es par le stress des minorités).
➡️ Précarité et chômage : seuls 24,3% des adultes TDAH ont un emploi stable.
🔶 La précarité comme symptôme : neurodéveloppement, addictions et exclusion sociale – Gabrielle Chesnoy
La précarité n'est pas qu'une conséquence sociale, mais parfois l'expression même d'une dysrégulation neurodéveloppementale non repérée (errance diagnostique). Les trajectoires de Julien (TDAH suspecté, instable, diagnostiqué bipolaire à tort) et Saïd (TSA suspecté, isolé, diagnostiqué schizophrène à tort) illustrent comment le décalage avec l'environnement mène à la rue via des cascades cumulatives (Cleaton et Kirby, 2018).
Dans les TND, l'addiction sert d'outil d'autorégulation face au rejet social et aux traumatismes, qui altèrent les fonctions exécutives. Contrairement aux idées reçues, le TSA majore le risque addictif, au même titre que le TDAH. L'étude Préca'TND explore cette intrication chez les personnes sans-abris. Face aux protocoles standardisés inadaptés, la prise en charge doit d'abord cibler l'autorégulation.
🔗 Cf. article sur Préca’TND : https://centre-imind.fr/les-personnes-sans-domicile-sont-elles-plus-concernees-par-le-tdah/
Publié par Killian Dumas-Baudron