Jean-Jacques Fabre - Psychologue

Jean-Jacques Fabre - Psychologue Consultations pour adultes en Psychothérapie, Hypnothérapie, Thérapie de couple et Sexologie

02/09/2026

En cette période de rentrée scolaire, message du professeur Jung aux élèves en psychologie 😉

« Dans les livres, vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la psychologie mais vous découvrirez vite que cette psychologie ne sert pas à grand-chose dans la vie pratique.
Toute personne chargée de s'occuper des problèmes de l'âme devrait posséder une certaine sagesse de la vie, reposant non seulement sur les mots mais surtout sur l'expérience.

La psychologie telle que je la comprends n'est pas seulement un quantum de savoir, c'est aussi une connaissance de la vie.
Si tant est que l'on puisse inculquer une telle connaissance, ce n'est possible qu'à partir d'une expérience personnelle de l'âme humaine et cette expérience ne peut être acquise que par un enseignement personnel, c'est-à-dire individuel, et non collectif.

En Inde, la coutume veut depuis fort longtemps que toute personne quelque peu cultivée ait un gourou, un guide spirituel qui lui apprenne, et à elle seule, ce qu'elle doit savoir.
Tout le monde ne doit pas savoir la même chose, et le savoir en question ne peut jamais être transmis à tous de la même façon. C'est là ce qui fait totalement défaut dans nos universités : la relation entre l'élève et le maître. Et c'est aussi ce dont devraient disposer tous ceux qui, comme vous, souhaitent recevoir une formation en psychologie.

Toute personne se sentant une vocation pour guider les âmes devrait d'abord se laisser guider par sa propre âme afin d'apprendre ce que signifie la rencontre avec l'âme humaine.
Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes.

La simple étude des livres ne vous servirait pas à grand-chose, bien que ce soit aussi indispensable.
Ce qui vous aidera le plus, c'est de pénétrer personnellement dans le secret des âmes humaines. Sans cela tout ne sera toujours qu'artifice intellectuel ingénieux, paroles creuses et discours creux.

Peut-être essayez-vous de comprendre ce que je veux dire dans mes livres, si vous avez un bon ami, essayez donc de regarder ce qui se trouve derrière sa façade afin de vous découvrir vous-même. Ce serait un bon début.”

CG Jung, Correspondance

Photo: Sandra Coly.
Pienza, Toscana.

31/08/2026

Liminalité (du latin limen, « seuil »)

✨L’espace entre deux mondes.

Ce moment étrange où ce qui était n’est déjà plus,
mais où ce qui vient n’a pas encore pris forme.

👉La liminalité, c’est habiter le seuil.

Entre une fin et un commencement.
Entre une ancienne version de soi et celle qui cherche à naître.
Entre le connu que l’on quitte et l’inconnu que l’on ne sait pas encore nommer.

C’est un territoire parfois inconfortable.

Les anciens repères ne fonctionnent plus.
Les nouveaux ne sont pas encore là.

Alors on pourrait croire que l’on est perdu.

Et pourtant…
Quelque chose travaille en silence.

Comme la graine sous la terre.
Comme l’aube qui n’est déjà plus la nuit sans être encore tout à fait le jour.

✨La liminalité nous invite à ne pas précipiter les passages.

À accepter de ne pas savoir.
À laisser mourir certaines formes.
À écouter ce qui émerge.

Car tous les vides ne demandent pas à être remplis.

Certains sont des espaces de transformation.

👉La liminalité, c’est cet entre-deux fragile et fertile où l’on apprend à ne plus être ce que l’on était… avant de découvrir ce que l’on est en train de devenir.

A nos traversées,

Mathilde

30/07/2026

Une personne sur trois change de thérapeute malgré des délais d’attente élevés, entre malaise, stagnation et mauvais “match”.

La souffrance n’est pas toujours le problème.Lorsqu’une personne pousse la porte de mon cabinet, c’est rarement par curi...
03/06/2026

La souffrance n’est pas toujours le problème.

Lorsqu’une personne pousse la porte de mon cabinet, c’est rarement par curiosité.

Elle vient parce que quelque chose fait souffrir.

Parfois, il s’agit d’une anxiété devenue envahissante. D’un sentiment de vide qui s’installe. D’une tristesse persistante. D’une colère qui surgit trop souvent ou trop intensément. D’un épuisement qui ne disparaît plus malgré le repos. Parfois encore, ce sont des difficultés relationnelles qui se répètent, comme si les mêmes scénarios revenaient inlassablement sous des visages différents.

Face à cette souffrance, la demande est généralement légitime et compréhensible : « Je voudrais que cela s’arrête. »

Nous vivons dans une société qui valorise la rapidité des solutions. Lorsque quelque chose dysfonctionne, nous cherchons naturellement à le corriger au plus vite. Une douleur physique appelle un traitement. Une panne appelle une réparation. Il est donc logique d’aborder la souffrance psychique avec la même attente.

Pourtant, l’expérience clinique conduit souvent à nuancer cette manière de voir les choses.

Car si la souffrance est bien ce qui amène à consulter, elle n’est pas toujours le véritable problème.

Depuis plus d’un siècle, différentes approches en psychologie ont montré que les symptômes psychiques possèdent souvent une fonction. Cela ne signifie pas qu’ils sont bénéfiques ou qu’il faudrait les conserver à tout prix. Cela signifie simplement qu’ils ne sont pas toujours des erreurs de fonctionnement.

Ils peuvent parfois être compris comme des tentatives d’adaptation.

Une personne qui développe une anxiété importante n’est pas nécessairement victime d’un esprit qui fonctionnerait mal. Cette anxiété peut avoir émergé dans un contexte où il a fallu rester constamment vigilant.

Une personne qui peine à faire confiance n’est pas forcément « trop méfiante ». Il arrive que cette méfiance ait été construite à partir d’expériences où la confiance a été blessée à plusieurs reprises.

Une personne qui contrôle tout peut être perçue comme rigide. Pourtant, ce contrôle a parfois représenté pendant longtemps la meilleure solution dont elle disposait pour maintenir un équilibre psychique acceptable.

Avec le temps, ces stratégies peuvent devenir coûteuses. Elles peuvent même devenir une source de souffrance à part entière. Mais cela ne retire rien au fait qu’elles ont souvent eu une raison d’apparaître.

Carl Gustav Jung écrivait : « Ce à quoi nous résistons persiste. »

Cette phrase est parfois mal comprise. Elle ne signifie pas qu’il faudrait se résigner à souffrir ou accueillir passivement tout ce qui nous traverse.

Elle rappelle plutôt une observation fréquente en psychothérapie : plus une personne lutte exclusivement contre un symptôme, plus elle risque parfois d’en renforcer involontairement la présence.

Celui qui surveille en permanence son anxiété finit souvent par devenir anxieux de son anxiété.

Celui qui cherche à tout prix à ne plus être triste peut se retrouver prisonnier d’une lutte incessante contre sa propre vie émotionnelle.

Celui qui refuse catégoriquement certaines parts de lui-même passe parfois une énergie considérable à tenter de les maintenir hors de sa conscience.

C’est là qu’un déplacement de regard devient possible.

Au lieu de se demander uniquement comment faire disparaître un symptôme, il devient parfois utile de se demander pourquoi il est apparu.

Que tente-t-il de protéger ?

Que cherche-t-il à signaler ?

Quelle fonction a-t-il remplie jusqu’à présent ?

Cette manière d’aborder la souffrance ne vise pas à la justifier. Elle vise à la comprendre.

Car lorsqu’un symptôme est considéré uniquement comme un ennemi à abattre, il arrive que l’on passe à côté de ce qu’il cherche à exprimer.

J’aime parfois utiliser l’image du voyant lumineux sur le tableau de bord d’une voiture.

Lorsque le voyant s’allume, il peut être agaçant. Inquiétant même.

Mais le problème n’est pas le voyant.

Le voyant indique simplement que quelque chose mérite notre attention.

Le faire disparaître sans chercher à comprendre son origine ne résout généralement rien.

En thérapie, il arrive souvent que le travail ne consiste pas d’abord à supprimer la souffrance, mais à comprendre ce qu’elle raconte de l’histoire de la personne, de ses tentatives d’adaptation, de ses besoins, de ses blessures ou de ses ressources encore inexploitées.

Et c’est parfois là que se produit un paradoxe intéressant.

Lorsque la souffrance cesse d’être considérée uniquement comme un adversaire, lorsqu’elle devient un objet de curiosité plutôt qu’un simple obstacle, quelque chose commence souvent à bouger.

La personne ne se résume plus à son symptôme.

Elle découvre progressivement ce qui se joue derrière lui.

Et il n’est pas rare que certaines souffrances commencent à perdre de leur intensité précisément au moment où l’on cesse de vouloir les faire taire à tout prix.

Peut-être parce qu’avant de disparaître, certaines d’entre elles ont d’abord besoin d’être entendues.

Et parfois, un texte vient simplement mettre des mots sur quelque chose qui était déjà là, sans que l’on sache vraiment quoi.

Si la lecture de celui-ci a fait résonner une réflexion, une émotion ou une interrogation particulière, vous pouvez me contacter afin que nous prenions le temps d’en parler.

Quelques créneaux de consultation restent actuellement disponibles.

27/04/2026
“On pourrait aller plus vite.”C’est une idée qui revient souvent, parfois dès les premières séances.On pourrait aller pl...
08/04/2026

“On pourrait aller plus vite.”

C’est une idée qui revient souvent, parfois dès les premières séances.

On pourrait aller plus vite.
Aller droit à ce qui fait mal.
Trouver rapidement ce qui bloque, comprendre, et passer à autre chose.

D’une certaine manière, ça paraît logique.
Quand quelque chose fait souffrir, on n’a pas envie que ça dure.

Mais dans la pratique… ce n’est pas si simple.

Parce que ce qui compte vraiment n’apparaît pas toujours là où on l’attend.
Et surtout, pas au moment où on le décide.

Ce sont souvent des moments un peu à côté qui deviennent importants.

Un silence qui s’installe sans qu’on sache trop pourquoi.
Une hésitation, une phrase qui s’arrête en chemin.
Quelque chose qui échappe un peu au fil de la discussion.

Sur le moment, ça peut donner l’impression de perdre du temps.
De ne pas avancer comme il faudrait.

Et pourtant, c’est souvent là que quelque chose commence à se déplacer.

Pas dans le registre de la réponse rapide, ni dans celui de l’efficacité immédiate, mais dans un rythme différent, moins maîtrisé.

Un rythme où tout ne se décide pas à l’avance.

Où ce qui émerge n’est pas exactement ce qu’on était venu chercher.

Comme le disait Milton Erickson :
« Le patient a besoin de temps pour apprendre ce qu’il ne sait pas encore qu’il sait. »

Prendre son temps, en thérapie, ce n’est pas ralentir volontairement.

Ce n’est pas non plus refuser d’avancer.

C’est plutôt accepter qu’il y ait un décalage entre ce qu’on voudrait obtenir… et ce qui peut réellement se transformer.

Accepter de ne pas tout comprendre immédiatement.
De ne pas aller droit au but.

Et parfois, de rester un moment dans quelque chose d’incertain,
sans chercher à le combler trop vite.

Parce que ce n’est pas toujours la lenteur qui freine le changement.

C’est parfois la manière dont on essaie d’aller trop vite.

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Jean-Jacques Fabre
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