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Le psy silencieux...art ou hasard ?J’ai souvent entendu des personnes se plaindre du « silence du thérapeute » en thérap...
17/09/2026

Le psy silencieux...art ou hasard ?

J’ai souvent entendu des personnes se plaindre du « silence du thérapeute » en thérapie. Que ce soit au cabinet, lors de fêtes, de réunions entre amis, dans des bars ou d’autres contextes sociaux, la phrase qui revient fréquemment est : « Je ne supporte pas les psy ». Lorsque je demande pourquoi, dans près de 95 % des cas, la réponse est la suivante : « Parce qu’il ne parle pas », « J’avais l’impression de parler à un mur ou à un robot », « Il n’y avait aucun échange », « Je suis sorti de la thérapie pire que j’y étais entré », « Ce silence glacial m’a terriblement angoissé et mis mal à l’aise », « Je ne me suis pas senti soutenu », « Je n’ai pas senti que le thérapeute était là, qu’il se souciait de moi », « La thérapie ne m’a rien apporté de bon, elle ne m’a rien appris».

Après ces confidences, je leur demande toujours si elles ont tiré quelque chose de positif de ces séances. Là encore, dans plus de 90 % des cas (pour ne pas dire 99 %), la réponse est NON. Non seulement cela ne les a pas aidées, mais cela a parfois aggravé leur état, et, pire encore, elles ont perdu confiance dans les « psy » et dans la thérapie en général, n’y retournant jamais. Elles pensent alors que tous les thérapeutes sont identiques, que la thérapie consiste à parler seul face à un thérapeute muet. Parmi toutes les personnes interrogées, seules deux ou trois m’ont dit que cela les avait « un peu aidées ». L’une d’elles m’a raconté avoir vu un thérapeute « silencieux » qui, dès son arrivée, posait sa montre sur la table et ne disait absolument rien. La personne, déjà bloquée dans son langage et ses émotions, se retrouvait face à son propre mutisme. Pendant neuf mois, il n’y a eu aucun échange verbal, et elle a fini par arrêter la thérapie. Toutes les personnes à qui j’ai parlé ont fini par quitter ces thérapeutes, et beaucoup ont ensuite rencontré d’autres professionnels plus réactifs, qui parlaient, participaient, analysaient et partageaient leurs observations. Résultat... elles se sentaient comprises, progressaient, apprenaient à mieux se connaître, s’apprécier et à comprendre les autres, et se sentaient soudainement plus à l’aise.

Dès lors, une question se pose : pourquoi certains thérapeutes persistent-ils dans cette attitude silencieuse, alors que tant de personnes témoignent que cela ne les aide pas, voire les traumatise ? Ne devrions-nous pas nous interroger sur l’efficacité de cette posture et reconsidérer notre façon d’aborder le patient ? Car, après tout, le patient est celui qu’il faut écouter « en premier lieu », c’est l’une des bases de la thérapie. Et s’il exprime que le silence le fait souffrir, ne devrions-nous pas l’entendre, d’autant plus que nous partons du principe qu’il est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin ?

En théorie, le silence du thérapeute vise à offrir un espace
« neutre » pour permettre à l’inconscient du patient de s’exprimer, sans être influencé par la « subjectivité du thérapeute ». Mais ce type d’« écoute » – le thérapeute écoute-t-il vraiment ? – soulève plusieurs questions. Par exemple, lorsqu’une personne très anxieuse s’exprime pour la première fois devant un inconnu silencieux, elle se retrouve face à son propre inconscient, souvent perçu comme une menace. Il est naturel qu’elle se sente encore plus anxieuse, car personne n’est là pour l’encadrer. Le thérapeute devient alors un simple témoin de la « dévoration » du patient par ses propres angoisses.

Ce type d’écoute silencieuse s’oppose à l’écoute active, qui consiste à poser des questions, à reformuler, à communiquer au patient ce que le thérapeute a compris ou non. Il est normal que le patient parle la plupart du temps et que le thérapeute écoute, mais cela ne doit pas être systématique, et surtout pas lors des premières séances ou avec des personnes très anxieuses. L’un des principes fondamentaux de la thérapie est d’instaurer un climat de confiance, qui se construit avant tout par la communication. La voix révèle beaucoup sur une personne. Lorsque le patient écoute le thérapeute, il perçoit son intonation.. est-elle chaleureuse, froide, bienveillante, hostile, empreinte de jugement ? Ainsi, il peut ressentir le thérapeute, établir une connexion et une relation de confiance. La manière dont une personne s’exprime, le timbre de sa voix, forme une sorte de mélodie que l’on peut ressentir, et qui nous indique si elle est dissonante ou harmonieuse, si elle est « en accord » avec nous. Une fois cette relation de confiance établie dès les premières séances, le silence du thérapeute ne plonge plus le patient dans l’inconfort, même si ce dernier peut parfois éprouver un sentiment de vide ou d’abîme lorsque le thérapeute se tait.

On peut comprendre l’idée selon laquelle le patient ressent et expérimente, à ces moments-là, certaines manifestations de l’inconscient auxquelles il doit faire face. C’est vrai. Tout ce qu’il projette dans ces instants de silence – le sentiment de ne pas être soutenu, l’impression de parler à un mur ou à un robot, etc. – provient sans doute de périodes particulières de sa vie. Il est essentiel d’examiner ces moments avec la plus grande attention, car ils constituent un matériau précieux pour le travail thérapeutique.
Cependant, il est possible de travailler en parlant, en tant que thérapeute, et non en maintenant un silence permanent. Poser des questions, intervenir, échanger - le patient ne vient pas en thérapie pour parler, se questionner et conclure seul. Sinon, il pourrait très bien le faire chez lui, et les « psy » n’auraient pas besoin de tant d’années d’études simplement pour… rester silencieux et observer le patient lutter seul pour « s’accoucher ».
D’ailleurs, en parlant de naissance, le bébé fournit beaucoup d’efforts pour sortir du ventre de sa mère, mais sans les poussées de la mère et l'accompagnement des médecins, il ne pourrait pas naître.

Les projections du patient sur le thérapeute silencieux ne sont utiles que si elles sont accueillies et travaillées. Il faut les recevoir comme on accueille une personne qui frappe à notre porte - on l’invite à entrer, on s’intéresse à elle, on établit une relation. On ne la laisse pas dehors, ni ne l’observe en silence par la fenêtre.
Finalement, on peut se demander .. - le silence absolu est-il vraiment bénéfique pour quelqu’un ? Si l’on met de côté le cadre thérapeutique, pensons à d’autres situations où l’on s’ouvre à quelqu’un, comme à un ami. Imaginons que l’on se confie à son meilleur ami, qu’on lui raconte tout, de A à Z, et qu’il reste silencieux pendant une heure. Peut-être se contente-t-il de dire « je comprends », puis plus rien, et à la fin, il ne prononce qu’un simple « au revoir ». Si cela se répète, n’aurions-nous pas l’impression qu’il ne se soucie pas vraiment de nous ?

Même un ami proche pourrait nous donner ce sentiment, alors imaginez un thérapeute, que l’on paie en plus. Cela pourrait renforcer l’impression non seulement d’indifférence, mais aussi d’avoir été floué. En fin de compte, on a l’impression de payer pour se parler à soi-même, face à ses propres projections… bonnes ou mauvaises… qui sait ? Nous le découvrirons peut-être dans l’épisode deux de la saison trois. En attendant… mystère.

En conclusion, si vous ressentez un malaise persistant avec votre thérapeute, quelle que soit son approche ou sa personnalité, ce n’est pas normal. Il est tout à fait légitime d’arrêter la thérapie et de chercher un professionnel avec qui vous vous sentez réellement bien. Par « se sentir bien », j’entends trouver quelqu’un auprès de qui vous avez l’impression de progresser, d’évoluer, et qui vous apporte un enrichissement émotionnel et intellectuel.
Bien sûr, il est normal de traverser des moments d’inconfort en thérapie : il arrive d’avoir des périodes de vide, des silences parfois un peu tendus, ou de ne pas toujours savoir « où vous en êtes ». Il est aussi possible de ne pas se sentir compris ou soutenu par son thérapeute à certains moments ; dans ce cas, il est important d’en parler et de clarifier la situation. Mais il n’est pas normal de ressentir cela en permanence. Il n’est pas normal non plus de ne constater aucun progrès, même après plusieurs mois de thérapie, ou d’avoir systématiquement l’impression de quitter le cabinet dans un état pire qu’à votre arrivée.

Dans ces situations, il ne s’agit plus d’une véritable thérapie. Cela peut parfois relever d’une forme d’abus, de contrôle, de manipulation, de désintérêt de la part du thérapeute, voire, dans des cas extrêmes, de sadisme, de manque d’empathie ou de compétences. Être thérapeute ne garantit pas automatiquement de bonnes intentions ou une réelle bienveillance envers les autres. C’est un sujet important, souvent à l’origine de thérapies qui « n’avancent pas ». Il existe des thérapeutes qui ne s’impliquent pas, pour diverses raisons, et il ne s’agit alors pas de la fameuse « résistance » du patient à l’analyse. Tout n’est pas de la « faute » du patient : chaque situation doit être examinée avec discernement.
Lors du choix de votre thérapeute, faites confiance à votre instinct et à la qualité de la relation qui s’établit dès les premières séances. La « chimie » ressentie au début est souvent un bon indicateur pour la suite du travail thérapeutique.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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" La solitude est pour moi une source de guérison qui rend ma vie digne d'être vécue. Parler est souvent un tourment pou...
03/09/2026

" La solitude est pour moi une source de guérison qui rend ma vie digne d'être vécue. Parler est souvent un tourment pour moi, c'est pourquoi j'ai besoin de plusieurs jours de silence pour me remettre de la futilité des mots."

- Carl Jung

Papa Jung
31/08/2026

Papa Jung

À quoi t’attendre lorsque tu commences à exercer en tant que psychologue, psychanalyste ou dans toute autre profession i...
30/08/2026

À quoi t’attendre lorsque tu commences à exercer en tant que psychologue, psychanalyste ou dans toute autre profession impliquant l'écoute d'autrui :

Si tu embrasses cette carrière par véritable vocation, c'est que, bien avant de débuter, tu prêtais déjà l'oreille aux problèmes de ton entourage — et ce, sans ressentir d'épuisement. Tout se faisait naturellement, sans effort. Toutefois, une fois en poste, à passer tes journées à écouter les gens, tu constateras que tu n'as plus la même capacité ni la même énergie pour écouter AUSSI les autres dans ta vie privée.

Après une journée entière — ou une semaine complète — passée à écouter des patients au cabinet, il deviendra de plus en plus difficile, voire quasi impossible, d'écouter Mme Ninette du troisième étage se plaindre de ses genoux douloureux, des inconnus dans un bar raconter leur enfance malheureuse, ou le marchand du marché, levé aux aurores, qui tient à te parler en détail de la récolte de l'année. Cela te semblera impossible ; sinon, ton cerveau atteindra rapidement un seuil de saturation et d'irritabilité. Les échanges avec ton entourage hors du cabinet se feront plus rares, et tu ressentiras le besoin de les abréger pour aller droit à l'essentiel.

Tu ne disposeras plus de la disponibilité psychique nécessaire pour t’intéresser aux détails de la vie de chacun ; ce métier t’imposera de filtrer tes interactions avec les autres personnes de ta vie. Compte tenu de l'attention considérable ainsi que de la disponibilité mentale et émotionnelle que tu consacreras à ton travail en consultation, cette profession exige que tu adoptes une certaine hygiène de vie… se coucher relativement tôt, éviter l'excès d'alcool, faire de l'exercice et entretenir des relations harmonieuses et de qualité dans ta sphère privée.

Les seules relations dans lesquelles tu pourras t’investir comme auparavant seront — et resteront — celles que tu entretenais avec ta famille et tes amis proches, avec qui tu t’entends bien et qui t’apportent une énergie positive.
Si, par hasard, ta vie est émotionnellement et physiquement chaotique... tu ne seras tout simplement pas en mesure d'exercer cette profession efficacement. Elle t’oblige, de fait, à être « bien avec toi-même », que tu le veuilles ou non.

De même, avec le temps, tu ressentiras de plus en plus le besoin de te couper des autres et de faire de longues pauses — des jours entiers sans parler à personne. Il s'agit d'une sorte de détox mentale... où tu libères ton esprit des « mots », des moments de « a-ha ! » et des réflexes émotionnels — ces moments de surprise, de joie, de sursaut, d'interrogation, etc. Ton système nerveux aura besoin de moments de répit où rien ni personne ne le sollicite.

Et si je devais te donner un petit conseil, ce serait celui-ci… essaie autant que possible de ne pas surcharger ta journée de consultations ; fixe plutôt un nombre de rendez-vous qui te semble juste. Écoute ton corps, ton esprit et ton cœur. Cela te sera bénéfique à toi, tout comme aux personnes que tu recevras, car cela te permettra de rester présent, attentif, frais et perspicace, sans te sentir vidé de ton énergie.
Privilégie la qualité à la quantité car, comme tu l'as constaté, une grande partie des bonnes choses de ce métier dépend, en fin de compte, de… l'équilibre.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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J’ai beaucoup aimé une expression rencontrée il y a quelque temps dans les écrits de C. Jung — *coincidentia oppositorum...
24/08/2026

J’ai beaucoup aimé une expression rencontrée il y a quelque temps dans les écrits de C. Jung — *coincidentia oppositorum* — qui désignait deux éléments psychiques apparemment opposés, tels que le masculin et le féminin par exemple. Selon Jung, le Soi tend vers l’union de ces deux éléments pour se sentir « complet ». Ou, à tout le moins, il cherche à les rendre complémentaires plutôt qu’opposés.

En général, nous avons du mal à accepter que deux choses opposées puissent coexister, surtout lorsqu’il s’agit d’une personne. Par exemple, nous peinons à croire qu’un individu que nous percevons comme « bon et bienveillant » puisse, par moments, se révéler machiavélique, égoïste ou fourbe. Notre cerveau a du mal à appréhender simultanément deux polarités, principalement par souci d’économie. Pour préserver l’harmonie, il doit soit en exclure une, soit fournir un effort considérable pour intégrer également l’autre.

Cet effort est immense, non pas parce que le cerveau manque de la capacité innée d’intégrer deux polarités, mais parce qu’il n’a pas été éduqué pour le faire.

Par exemple, il sera très difficile pour une personne d'accepter un récit différent au sujet de quelqu'un si elle n'a jamais perçu cet individu sous l'angle spécifique que tu décris. Elle pourrait dire « MOI je ne l'ai jamais vu sous ce jour ; il ne s'est jamais comporté ainsi avec moi, alors j'ai du mal à te croire. » Cela s'explique par le fait qu'à cet instant, son cerveau est contraint soit de se scinder — créant ainsi une rupture — soit d'amorcer la construction de voies neuronales entièrement nouvelles pour intégrer ce point de vue opposé et donner un sens à la situation. Comme ce processus est trop coûteux et douloureux, la personne préfère s'en tenir au cadre mental qu'elle a bâti jusqu'alors.

Bien que ces polarités coexistent « simultanément », cela ne signifie pas nécessairement qu'elles se manifestent « en même temps ». Chacune requiert des conditions extérieures spécifiques — des forces polarisantes opposées à sa nature — pour être révélée ou activée.

Prenons l'exemple d'un parent qui semble dénué de toute agressivité, mais dont l'agressivité surgit instantanément dès qu'il voit son enfant attaqué. L'entourage peut en être choqué, se disant « Oh mon dieu nous n'aurions jamais imaginé qu'il puisse être « comme ça », tout en trouvant naturel qu'un parent défende son enfant ; ils restent stupéfaits par la réaction du parent, malgré sa normalité.

Quant à la facette de toi-même que tu exprimes davantage que l'autre — par exemple, le « bon » côté —, c'est parce que tu as tellement pratiqué cette « bonté » qu'elle fait désormais partie de toi. Pourtant, le fait d'avoir pratiqué quelque chose des millions de fois jusqu'à ce que cela devienne une part de toi ne signifie pas nécessairement que c'est là, fondamentalement, « qui tu es » ; cela signifie simplement que cette version de « toi » s'est profondément enracinée en toi. Plus tu l'a pratiquée, plus tu te disais, au fond, que tu étais « en accord avec toi-même ».

Et lorsqu'une « autre part » de toi vient frapper à la porte — à un moment donné de ta vie et pour une certaine raison —, la peur surgit et tu te demande « Qui cela peut-il bien être ? Et que-est-ce qu’elle pourrait bien vouloir enfin ?!? »

Roxana Mihalache Psychanalyste

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11/08/2026

La naissance est la première (et la plus intense !) expérience sensorielle de notre vie. 🌊✨
Mais quand l’arrivée au monde est difficile — césarienne d'urgence, cordon autour du cou, forceps, travail très long ou prématurité — le bébé passe brutalement d'un cocon chaud, sombre et sécurisant (l'utérus) à un monde rempli de lumières fortes, de bruits, d'air froid et de gestes médicaux.
Ce changement brutal crée un véritable choc pour son petit système nerveux.
C’est pour apaiser ce choc qu’a été créé le bain thérapeutique (ou Thalasso Bain Bébé). 🛁🌸

Ce bain n'est pas fait pour "laver" le bébé, mais pour imiter son environnement intra-utérin : 💧 L'eau est maintenue à 37°C, le bébé est presque entièrement immergé (y compris les oreilles et une partie du visage, sous contrôle strict de la praticienne) pour retrouver les sensations familières du liquide amniotique.

💧 Soutenu avec une infinie délicatesse, il est laissé libre de flotter, de s'étirer ou de se recroqueviller en position fœtale.
Par ce retour symbolique dans le ventre maternel, le bébé a l'occasion de se relâcher profondément. Très souvent, les bébés pleurent au début du bain pour libérer la tension accumulée, puis s'endorment profondément dans l'eau, avec une expression de paix totale. 🕊️💤

Cette méthode a été développée par Sonia Rochel, une auxiliaire de puériculture française, après des années d'observation du comportement des nouveau-nés.

Comment libérer un cerveau surchargé de tâches ? ⏰Tu connais cette sensation d'avoir le cerveau qui déborde de « tâches ...
04/08/2026

Comment libérer un cerveau surchargé de tâches ? ⏰

Tu connais cette sensation d'avoir le cerveau qui déborde de « tâches » ? Il y en a tellement… Des minuscules, des colossales, des urgentes, des poussiéreuses, des obligatoires ou de ces fameuses "facultatives" qui restent pourtant là, tapies dans un coin de la tête, en murmurant « Il faudra bien finir par s'occuper de moi… car si ce n'est pas toi, qui le fera ? » 🧭

Et si, pour une fois, on essayait autre chose ? Imagine ta prochaine journée sans travail.. ce concept parfois un peu flou qu’on appelle le « jour de repos » (souvent le samedi ou le dimanche).
Et si, pour ce jour précis, tu faisais un petit pacte avec toi-même ? L'idée serait de ne faire QUE ce dont tu as envie, du réveil au coucher.
Aussi futile, régressive ou absurde que l'activité puisse paraître. L'objectif, c'est d'esquiver toute phrase qui commence par « il faut que ». Si tu ressens le besoin de dormir quatorze heures d'affilée, pourquoi ne pas le faire ? Si tu as juste envie de fixer le plafond, tu peux très bien le faire…

L'idée, c'est de laisser un peu de place à tes élans, à ta spontanéité. 🦩

Évidemment, au début, ça risque d'être assez inconfortable. On n'y est plus du tout habitués. Ton cerveau, tel un manager zélé soudain privé de sa to-do list, risque de passer en mode panique. Il va sans doute essayer de te faire culpabiliser, de te chuchoter que ce que tu fais n'a aucun sens. C’est normal… tes autoroutes neuronales de la productivité, celles qu'on bétonne tous depuis des années, se retrouvent soudain désertes. Ton cerveau s'affole un peu parce que tu t'aventures sur un sentier que son GPS ne reconnaît pas.

Pourtant, même si ce chemin te semble étrange aujourd'hui, c'est une route que tu connais déjà. Tu l'as simplement oubliée avec le temps, ou la vie s'est chargée de t'en éloigner peu à peu.
En t'offrant cette drôle de journée de lâcher-prise, tu sentiras peut-être un nouvel espace se libérer dans ton esprit. Un peu comme si tes neurones ouvraient enfin la fenêtre pour prendre l'air. L'étau se desserre, et à la place, tu pourrais bien ressentir une vraie liberté de mouvement, le luxe de simplement être là, paisible, dans ta propre tête. C'est souvent dans ces moments-là que de nouvelles idées bourgeonnent — sur toi, sur la vie, sur ce qui te fait vibrer — avec une douce sensation d'être réaligné avec toi-même.
C'est juste une parenthèse pour baisser un peu le volume du monde et, enfin, écouter ta propre voix.

Et si le fantôme de la culpabilité, le démon de l'agitation ou l'impression de « ne servir à rien » viennent toquer à la porte ? Tu peux tout simplement les accueillir, leur dire que cette petite rébellion ne durera qu'une journée, et les inviter à patienter sagement dans la salle d'attente. Après tout, comme on dit.. chaque chose en son temps... et aujourd'hui, c'est le tien ;)

Roxana Mihalache Psychanalyste

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La nuit n'est pas un monstre La thérapie s’apparente moins à un manuel du « comment faire » qu'à une patiente éducation ...
28/07/2026

La nuit n'est pas un monstre

La thérapie s’apparente moins à un manuel du « comment faire » qu'à une patiente éducation de la vie intérieure, renouant ainsi avec la tradition des écoles philosophiques antiques. Il ne s’agit pas de dicter un comportement, mais de se mettre à l’écoute des phénomènes de l'inconscient. Le sujet qui s’engage dans l'analyse cherche à mettre en mots ce qui le traverse, à symboliser son vécu pour lui donner du sens. Car c'est en nommant ce « phénomène étrange » qui l'habite qu'il rend possible le travail de deuil, la prise de décision et la réappropriation de son désir. Pour s'extraire d’une impasse répétitive, il faut d’abord en déchiffrer la logique. Et pour la comprendre, il faut s’orienter dans son propre espace psychique; sans cette cartographie intime, aucune véritable libération n'est possible.

Dans notre enfance, la puissance des phénomènes naturels, qui nous semblent aujourd’hui banals, éveillait en nous une terreur originelle. Face à l’angoisse de la nuit, nous demandions à nos parents où le Soleil avait bien pu disparaître. Par leurs mots, ils exerçaient une fonction contenante... ils nous rassuraient en nous expliquant que la permanence de l'astre n'était pas menacée, qu'il continuait d'exister au-delà de notre champ de vision, caché derrière la Terre. Nous intégrions alors une leçon fondamentale... on ne peut abolir la nuit, mais on peut s'y repérer. Il s'agissait d'apprendre à ne pas s'aventurer aveuglément dans les zones d'ombre, à prêter attention à nos appuis pour ne pas chuter dans les failles du terrain.

Ainsi, nous avons appris à « travailler avec la nuit » et à apprivoiser ses mystères. Nos parents nous ont également initiés à la nature du feu – métaphore de nos propres pulsions. Ils nous ont montré sa chaleur vitale, mais aussi la nécessité de maintenir une juste distance et de le circonscrire, car le feu, livré à lui-même, se « venge » de notre inattention par la destruction. Nous avons découvert que la foudre n'était pas un monstre mythologique, mais une décharge naturelle, tout en comprenant qu'il valait mieux éviter de se tenir au sommet d'une montagne par temps d'orage.

Enfin, nous avons appris que la Lune ne brille que par réverbération, et que sous sa lumière pâle, royaume de l'imaginaire, les ombres trompent souvent notre perception.
En analyse, nous appliquons cette même grille de lecture à notre météorologie intérieure pour en saisir l’origine et le sens. Si je me dis « foudroyé » par un événement, c’est souvent que je refusais d'en voir l'imminence. L'analyse interroge ce déni... à quel moment me suis-je menti à moi-même ? Ai-je refusé de voir les nuages de l'angoisse s’accumuler dans mon esprit ? Ai-je détourné le regard pour préserver mon illusion ? Peut-être m'étais-je installé dans un confort psychique sclérosant, là où plus rien ne venait m’animer ou me surprendre. Or, le retour du refoulé, comme la foudre, frappe toujours là où on ne l'attend pas. C'est dans sa fulgurance imprévisible que surgit soudain la révélation, la prise de conscience brutale.

Si j’ai perpétuellement « la tête dans les nuages », de quelle réalité insupportable est-ce que j'essaie de m'envoler ? Cette fuite dans l’imaginaire traduit peut-être un besoin vital de légèreté, une tentative de compenser une histoire passée ou présente qui me plombe. Mon intolérance à la contrainte fait de ma liberté d'action une question de survie. À l'inverse, l'excès d'ancrage – la terre – et la rigidité du principe de réalité m’étouffent. Inversement, si je suis une personne profondément « terre à terre », je projette mon insécurité sur ceux qui planent ; je les juge « volatils » et « peu fiables », car ils m'échappent et s'évaporent au gré du vent. Et lorsque le désir me consume sans que je ne connaisse mes propres limites, je me « brûle les ailes ». À l'image d'Icare, victime de sa toute-puissance narcissique pour s'être trop approché du Soleil, la chute est inévitable. Si je brûle de l'intérieur, c'est que l'exigence de la pulsion ne tolère aucune attente... je m'enflamme, et face à la frustration, je risque d'exploser et d'« incendier » l'autre.

Ne dit-on pas, lors d'une crise existentielle majeure, que nous traversons une « nuit noire de l’âme » ? Si l'obscurité domine, c’est que notre Soleil intérieur est provisoirement masqué. La lumière semble perdue pour l'instant ( ou l'instinct ? ). Plongés dans cette régression, nous redevenons ces enfants démunis face à la longueur de la nuit. Nous avons alors besoin d'une présence, d'un analyste, pour nous aider à nommer cette obscurité et à « travailler avec » elle. Nous cherchons ce tiers rassurant capable de nous orienter dans les ténèbres, de nous prouver que, même invisible, la terre ferme sous nos pas n'a pas disparu, tout en nous rappelant avec bienveillance que sous la lumière de la Lune, nos projections déforment la réalité, et que les choses ne sont jamais tout à fait ce qu'elles paraissent.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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Le Moi-peau réinvesti - De l'asservissement à la souverainetéNotre tonalité affective quotidienne est intimement liée à ...
02/07/2026

Le Moi-peau réinvesti - De l'asservissement à la souveraineté

Notre tonalité affective quotidienne est intimement liée à la nature du dialogue, souvent inconscient, que nous entretenons avec notre propre corps. T'es-tu déjà arrêté sur la violence des injonctions que tu lui infliges pour maintenir l'illusion du contrôle? Par exemple : « Lève-toi, ingère ce café, hâte-toi. Réprime tes larmes, enfouis tes affects. Arbore le masque de l'aisance quand tout s'effondre au-dedans. Dis oui pour faire taire ton propre non. Asservis ta faim à ton labeur. Fais taire l'épuisement... et maintenant, commande au sommeil. »

Face à une telle tyrannie surmoïque, il n'est guère surprenant qu'une sourde hostilité s'accumule dans les profondeurs de ta psyché. Le corps, réceptacle de nos pulsions et de notre vérité originelle, ne cesse de formuler ses exigences, tel un animal sauvage que l'on s'acharnerait à dresser. Mais que se produit-il lorsque l'on refoule systématiquement ses signaux, l'enfermant dans la cage du déni ? Le symptôme naît de cette surdité.
Si l'on projetait cette dynamique intrapsychique sur la scène relationnelle, elle prendrait les traits de la dialectique du maître et de l'esclave. Le tyran n'entend rien, les besoins de l'assujetti sont frappés de nullité. L'esclave s'exécute, aliéné, non par choix, mais parce qu'il a été dépossédé de sa propre puissance.
Dans ce théâtre intérieur, le tyran incarne un mental omnipotent et clivé (le pôle rationnel et autoritaire, souvent associé à un archétype masculin), tandis que le corps, espace de réceptivité et d'intuition, porte en lui l'essence de l'énergie féminine. Si ton histoire personnelle a été marquée par l'empreinte de conflits ou de violences entre ces deux polarités dans ton environnement premier, il est fort probable que tu aies introjecté ce schéma. Ton espace psychique se mue alors en un champ de bataille où s'affrontent ces énergies, dans l'attente d'une indispensable réunification.

Frappé de mutisme, le corps s'épuise. Il s'use à nager à contre-courant d'une conscience qui invalide systématiquement ses éprouvés. Cette fatigue chronique, souvent nimbée d'angoisse, est le symptôme direct d'une fragmentation de l'être, d'une perte de contact avec son noyau identitaire.
Pour réparer ce clivage, la voie de la sensualité s'offre comme un retour à soi. Être sensuel, au-delà de la seule génitalité, c'est réinvestir sensoriellement son existence. C'est s'autoriser la pleine expérience de la pulsion de vie :
🌼 Accueillir la lumière du soleil sur son « Moi-peau ». 🌼 Se mettre à l'écoute de la justesse de ses intuitions et de ses désirs profonds. 🌼 Honorer sa faim, ériger l'acte de se nourrir en un moment de pleine conscience. 🌼 Contempler la beauté — qu'elle jaillisse de la nature, de l'Autre ou de l'intime de soi-même. 🌼 Libérer l'énergie créatrice, s'octroyer le droit à l'errance, habiter le mouvement et le souffle.
En somme, c'est consentir au plaisir d'exister et faire place à l'énergie vitale sans la censurer.

La réconciliation exige également de renoncer aux mécanismes de défense pour instaurer une véritable intégrité intérieure. Nous fuyons souvent la reconnaissance de nos besoins corporels par angoisse de ne pouvoir y répondre, craignant l'émergence d'une frustration insoutenable. Pourtant, le passage à l'acte n'est pas une condition absolue. L'essentiel réside d'abord dans la mise en mots et la validation du ressenti, même si la satisfaction doit être différée.
Reconnais tes failles, nomme tes angoisses, et intègre-les.
Dès lors qu'elles sont amenées à la lumière de la conscience, ces peurs perdent leur charge aliénante. Tu ne pourras peut-être pas combler toutes les béances dans l'instant, mais le soma (le corps) est porteur d'une intelligence archaïque capable d'adaptation.
Le corps possède cette souveraineté fondamentale... pour peu qu'on lui restitue son espace psychique, il retrouve naturellement le chemin de son équilibre, de sa régénération et de son épanouissement.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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