Roxana Mihalache Psychanalyste

Roxana Mihalache Psychanalyste J’accompagne toutes celles et ceux qui sont sur un chemin de découverte de soi et de libération

11/08/2026

La naissance est la première (et la plus intense !) expérience sensorielle de notre vie. 🌊✨
Mais quand l’arrivée au monde est difficile — césarienne d'urgence, cordon autour du cou, forceps, travail très long ou prématurité — le bébé passe brutalement d'un cocon chaud, sombre et sécurisant (l'utérus) à un monde rempli de lumières fortes, de bruits, d'air froid et de gestes médicaux.
Ce changement brutal crée un véritable choc pour son petit système nerveux.
C’est pour apaiser ce choc qu’a été créé le bain thérapeutique (ou Thalasso Bain Bébé). 🛁🌸

Ce bain n'est pas fait pour "laver" le bébé, mais pour imiter son environnement intra-utérin : 💧 L'eau est maintenue à 37°C, le bébé est presque entièrement immergé (y compris les oreilles et une partie du visage, sous contrôle strict de la praticienne) pour retrouver les sensations familières du liquide amniotique.

💧 Soutenu avec une infinie délicatesse, il est laissé libre de flotter, de s'étirer ou de se recroqueviller en position fœtale.
Par ce retour symbolique dans le ventre maternel, le bébé a l'occasion de se relâcher profondément. Très souvent, les bébés pleurent au début du bain pour libérer la tension accumulée, puis s'endorment profondément dans l'eau, avec une expression de paix totale. 🕊️💤

Cette méthode a été développée par Sonia Rochel, une auxiliaire de puériculture française, après des années d'observation du comportement des nouveau-nés.

Comment libérer un cerveau surchargé de tâches ? ⏰Tu connais cette sensation d'avoir le cerveau qui déborde de « tâches ...
04/08/2026

Comment libérer un cerveau surchargé de tâches ? ⏰

Tu connais cette sensation d'avoir le cerveau qui déborde de « tâches » ? Il y en a tellement… Des minuscules, des colossales, des urgentes, des poussiéreuses, des obligatoires ou de ces fameuses "facultatives" qui restent pourtant là, tapies dans un coin de la tête, en murmurant « Il faudra bien finir par s'occuper de moi… car si ce n'est pas toi, qui le fera ? » 🧭

Et si, pour une fois, on essayait autre chose ? Imagine ta prochaine journée sans travail.. ce concept parfois un peu flou qu’on appelle le « jour de repos » (souvent le samedi ou le dimanche).
Et si, pour ce jour précis, tu faisais un petit pacte avec toi-même ? L'idée serait de ne faire QUE ce dont tu as envie, du réveil au coucher.
Aussi futile, régressive ou absurde que l'activité puisse paraître. L'objectif, c'est d'esquiver toute phrase qui commence par « il faut que ». Si tu ressens le besoin de dormir quatorze heures d'affilée, pourquoi ne pas le faire ? Si tu as juste envie de fixer le plafond, tu peux très bien le faire…

L'idée, c'est de laisser un peu de place à tes élans, à ta spontanéité. 🦩

Évidemment, au début, ça risque d'être assez inconfortable. On n'y est plus du tout habitués. Ton cerveau, tel un manager zélé soudain privé de sa to-do list, risque de passer en mode panique. Il va sans doute essayer de te faire culpabiliser, de te chuchoter que ce que tu fais n'a aucun sens. C’est normal… tes autoroutes neuronales de la productivité, celles qu'on bétonne tous depuis des années, se retrouvent soudain désertes. Ton cerveau s'affole un peu parce que tu t'aventures sur un sentier que son GPS ne reconnaît pas.

Pourtant, même si ce chemin te semble étrange aujourd'hui, c'est une route que tu connais déjà. Tu l'as simplement oubliée avec le temps, ou la vie s'est chargée de t'en éloigner peu à peu.
En t'offrant cette drôle de journée de lâcher-prise, tu sentiras peut-être un nouvel espace se libérer dans ton esprit. Un peu comme si tes neurones ouvraient enfin la fenêtre pour prendre l'air. L'étau se desserre, et à la place, tu pourrais bien ressentir une vraie liberté de mouvement, le luxe de simplement être là, paisible, dans ta propre tête. C'est souvent dans ces moments-là que de nouvelles idées bourgeonnent — sur toi, sur la vie, sur ce qui te fait vibrer — avec une douce sensation d'être réaligné avec toi-même.
C'est juste une parenthèse pour baisser un peu le volume du monde et, enfin, écouter ta propre voix.

Et si le fantôme de la culpabilité, le démon de l'agitation ou l'impression de « ne servir à rien » viennent toquer à la porte ? Tu peux tout simplement les accueillir, leur dire que cette petite rébellion ne durera qu'une journée, et les inviter à patienter sagement dans la salle d'attente. Après tout, comme on dit.. chaque chose en son temps... et aujourd'hui, c'est le tien ;)

Roxana Mihalache Psychanalyste

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La nuit n'est pas un monstre La thérapie s’apparente moins à un manuel du « comment faire » qu'à une patiente éducation ...
28/07/2026

La nuit n'est pas un monstre

La thérapie s’apparente moins à un manuel du « comment faire » qu'à une patiente éducation de la vie intérieure, renouant ainsi avec la tradition des écoles philosophiques antiques. Il ne s’agit pas de dicter un comportement, mais de se mettre à l’écoute des phénomènes de l'inconscient. Le sujet qui s’engage dans l'analyse cherche à mettre en mots ce qui le traverse, à symboliser son vécu pour lui donner du sens. Car c'est en nommant ce « phénomène étrange » qui l'habite qu'il rend possible le travail de deuil, la prise de décision et la réappropriation de son désir. Pour s'extraire d’une impasse répétitive, il faut d’abord en déchiffrer la logique. Et pour la comprendre, il faut s’orienter dans son propre espace psychique; sans cette cartographie intime, aucune véritable libération n'est possible.

Dans notre enfance, la puissance des phénomènes naturels, qui nous semblent aujourd’hui banals, éveillait en nous une terreur originelle. Face à l’angoisse de la nuit, nous demandions à nos parents où le Soleil avait bien pu disparaître. Par leurs mots, ils exerçaient une fonction contenante... ils nous rassuraient en nous expliquant que la permanence de l'astre n'était pas menacée, qu'il continuait d'exister au-delà de notre champ de vision, caché derrière la Terre. Nous intégrions alors une leçon fondamentale... on ne peut abolir la nuit, mais on peut s'y repérer. Il s'agissait d'apprendre à ne pas s'aventurer aveuglément dans les zones d'ombre, à prêter attention à nos appuis pour ne pas chuter dans les failles du terrain.

Ainsi, nous avons appris à « travailler avec la nuit » et à apprivoiser ses mystères. Nos parents nous ont également initiés à la nature du feu – métaphore de nos propres pulsions. Ils nous ont montré sa chaleur vitale, mais aussi la nécessité de maintenir une juste distance et de le circonscrire, car le feu, livré à lui-même, se « venge » de notre inattention par la destruction. Nous avons découvert que la foudre n'était pas un monstre mythologique, mais une décharge naturelle, tout en comprenant qu'il valait mieux éviter de se tenir au sommet d'une montagne par temps d'orage.

Enfin, nous avons appris que la Lune ne brille que par réverbération, et que sous sa lumière pâle, royaume de l'imaginaire, les ombres trompent souvent notre perception.
En analyse, nous appliquons cette même grille de lecture à notre météorologie intérieure pour en saisir l’origine et le sens. Si je me dis « foudroyé » par un événement, c’est souvent que je refusais d'en voir l'imminence. L'analyse interroge ce déni... à quel moment me suis-je menti à moi-même ? Ai-je refusé de voir les nuages de l'angoisse s’accumuler dans mon esprit ? Ai-je détourné le regard pour préserver mon illusion ? Peut-être m'étais-je installé dans un confort psychique sclérosant, là où plus rien ne venait m’animer ou me surprendre. Or, le retour du refoulé, comme la foudre, frappe toujours là où on ne l'attend pas. C'est dans sa fulgurance imprévisible que surgit soudain la révélation, la prise de conscience brutale.

Si j’ai perpétuellement « la tête dans les nuages », de quelle réalité insupportable est-ce que j'essaie de m'envoler ? Cette fuite dans l’imaginaire traduit peut-être un besoin vital de légèreté, une tentative de compenser une histoire passée ou présente qui me plombe. Mon intolérance à la contrainte fait de ma liberté d'action une question de survie. À l'inverse, l'excès d'ancrage – la terre – et la rigidité du principe de réalité m’étouffent. Inversement, si je suis une personne profondément « terre à terre », je projette mon insécurité sur ceux qui planent ; je les juge « volatils » et « peu fiables », car ils m'échappent et s'évaporent au gré du vent. Et lorsque le désir me consume sans que je ne connaisse mes propres limites, je me « brûle les ailes ». À l'image d'Icare, victime de sa toute-puissance narcissique pour s'être trop approché du Soleil, la chute est inévitable. Si je brûle de l'intérieur, c'est que l'exigence de la pulsion ne tolère aucune attente... je m'enflamme, et face à la frustration, je risque d'exploser et d'« incendier » l'autre.

Ne dit-on pas, lors d'une crise existentielle majeure, que nous traversons une « nuit noire de l’âme » ? Si l'obscurité domine, c’est que notre Soleil intérieur est provisoirement masqué. La lumière semble perdue pour l'instant ( ou l'instinct ? ). Plongés dans cette régression, nous redevenons ces enfants démunis face à la longueur de la nuit. Nous avons alors besoin d'une présence, d'un analyste, pour nous aider à nommer cette obscurité et à « travailler avec » elle. Nous cherchons ce tiers rassurant capable de nous orienter dans les ténèbres, de nous prouver que, même invisible, la terre ferme sous nos pas n'a pas disparu, tout en nous rappelant avec bienveillance que sous la lumière de la Lune, nos projections déforment la réalité, et que les choses ne sont jamais tout à fait ce qu'elles paraissent.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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Le Moi-peau réinvesti - De l'asservissement à la souverainetéNotre tonalité affective quotidienne est intimement liée à ...
02/07/2026

Le Moi-peau réinvesti - De l'asservissement à la souveraineté

Notre tonalité affective quotidienne est intimement liée à la nature du dialogue, souvent inconscient, que nous entretenons avec notre propre corps. T'es-tu déjà arrêté sur la violence des injonctions que tu lui infliges pour maintenir l'illusion du contrôle? Par exemple : « Lève-toi, ingère ce café, hâte-toi. Réprime tes larmes, enfouis tes affects. Arbore le masque de l'aisance quand tout s'effondre au-dedans. Dis oui pour faire taire ton propre non. Asservis ta faim à ton labeur. Fais taire l'épuisement... et maintenant, commande au sommeil. »

Face à une telle tyrannie surmoïque, il n'est guère surprenant qu'une sourde hostilité s'accumule dans les profondeurs de ta psyché. Le corps, réceptacle de nos pulsions et de notre vérité originelle, ne cesse de formuler ses exigences, tel un animal sauvage que l'on s'acharnerait à dresser. Mais que se produit-il lorsque l'on refoule systématiquement ses signaux, l'enfermant dans la cage du déni ? Le symptôme naît de cette surdité.
Si l'on projetait cette dynamique intrapsychique sur la scène relationnelle, elle prendrait les traits de la dialectique du maître et de l'esclave. Le tyran n'entend rien, les besoins de l'assujetti sont frappés de nullité. L'esclave s'exécute, aliéné, non par choix, mais parce qu'il a été dépossédé de sa propre puissance.
Dans ce théâtre intérieur, le tyran incarne un mental omnipotent et clivé (le pôle rationnel et autoritaire, souvent associé à un archétype masculin), tandis que le corps, espace de réceptivité et d'intuition, porte en lui l'essence de l'énergie féminine. Si ton histoire personnelle a été marquée par l'empreinte de conflits ou de violences entre ces deux polarités dans ton environnement premier, il est fort probable que tu aies introjecté ce schéma. Ton espace psychique se mue alors en un champ de bataille où s'affrontent ces énergies, dans l'attente d'une indispensable réunification.

Frappé de mutisme, le corps s'épuise. Il s'use à nager à contre-courant d'une conscience qui invalide systématiquement ses éprouvés. Cette fatigue chronique, souvent nimbée d'angoisse, est le symptôme direct d'une fragmentation de l'être, d'une perte de contact avec son noyau identitaire.
Pour réparer ce clivage, la voie de la sensualité s'offre comme un retour à soi. Être sensuel, au-delà de la seule génitalité, c'est réinvestir sensoriellement son existence. C'est s'autoriser la pleine expérience de la pulsion de vie :
🌼 Accueillir la lumière du soleil sur son « Moi-peau ». 🌼 Se mettre à l'écoute de la justesse de ses intuitions et de ses désirs profonds. 🌼 Honorer sa faim, ériger l'acte de se nourrir en un moment de pleine conscience. 🌼 Contempler la beauté — qu'elle jaillisse de la nature, de l'Autre ou de l'intime de soi-même. 🌼 Libérer l'énergie créatrice, s'octroyer le droit à l'errance, habiter le mouvement et le souffle.
En somme, c'est consentir au plaisir d'exister et faire place à l'énergie vitale sans la censurer.

La réconciliation exige également de renoncer aux mécanismes de défense pour instaurer une véritable intégrité intérieure. Nous fuyons souvent la reconnaissance de nos besoins corporels par angoisse de ne pouvoir y répondre, craignant l'émergence d'une frustration insoutenable. Pourtant, le passage à l'acte n'est pas une condition absolue. L'essentiel réside d'abord dans la mise en mots et la validation du ressenti, même si la satisfaction doit être différée.
Reconnais tes failles, nomme tes angoisses, et intègre-les.
Dès lors qu'elles sont amenées à la lumière de la conscience, ces peurs perdent leur charge aliénante. Tu ne pourras peut-être pas combler toutes les béances dans l'instant, mais le soma (le corps) est porteur d'une intelligence archaïque capable d'adaptation.
Le corps possède cette souveraineté fondamentale... pour peu qu'on lui restitue son espace psychique, il retrouve naturellement le chemin de son équilibre, de sa régénération et de son épanouissement.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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02/07/2026

😂🤣

Le Fantôme de l'absence - Pourquoi tu choisis ce qui te fuitAvant de te figer sous l’étiquette de la « dépendance affect...
29/06/2026

Le Fantôme de l'absence - Pourquoi tu choisis ce qui te fuit

Avant de te figer sous l’étiquette de la « dépendance affective », accorde-toi l'espace d'une autre interrogation : l'objet de ton amour répond-il véritablement à tes besoins fondamentaux ?

Es-tu véritablement prisonnière d'une dépendance, ou as-tu simplement jeté ton dévolu sur un homme barricadé dans son inaccessibilité émotionnelle ?

Ton amour est-il excessivement avide, ou se heurte-t-il au mur de quelqu'un qui se refuse à tout ancrage ?

Ta tendresse est-elle étouffante, ou s'épuise-t-elle face à un partenaire qui redoute l'intimité des corps et la chaleur de l'âme ?

Ta sensibilité déborde-t-elle, ou se brise-t-elle contre l'armure d'un homme sourd à ta propre résonance affective ?

Es-tu une éternelle insatisfaite, ou compenses-tu le vide laissé par un tempérament fondamentalement évitant ?

Es-tu maladivement dépendante de sa présence, ou es-tu simplement traversée par le vertige d'un manque abyssal ?

Celui qui erre dans le désert donnera toujours l'illusion de la folie lorsqu'il supplie qu'on lui donne à boire. Ta soif n'est pas une pathologie ; elle est le symptôme d'une carence. En réalité, ton psychisme est assoiffé, et tu t'obstines à implorer l'eau d'un puits tari, d'une source qui s'est murée de l'intérieur et qui refuse de s'offrir à toi.
Avant d'endosser l'habit de la névrose, interroge la nature de ton choix... pourquoi être invariablement attirée par cette figure de l'absence, de l'esquive et de l'aridité ? Dans l'ombre d'un tel partenaire, tu te condamnes à incarner l'insatisfaction perpétuelle, l'exigence qui dérange. Tu deviens la captive de l'attente, nourrie par ce fantasme de toute-puissance infantile selon lequel ton amour, par sa seule ferveur, finira par le réparer. « Peut-être qu’un jour il me verra, m’entendra. Peut-être qu’un jour il abaissera ses défenses pour m'offrir, enfin, l’amour qui m'est dû. »

Ces murmures ne sont autres que les échos de la petite fille en toi, celle dont le réservoir affectif est resté dramatiquement vide. C'est cette faille originelle qui a forgé le dialogue intérieur transformant, des années plus t**d, la femme adulte en
« mendiante de l'amour »... celle que l'on juge trop pressante, trop exigeante, trop à fleur de peau. L’homme lointain et fuyant que tu désignes, encore et encore, n'est que le fantôme de ton passé. Tu obéis à la tyrannie de la répétition... tu le choisis parce que son indisponibilité t'est familière, et non parce qu'elle t'est salutaire.
Face à un homme sécurisant, aimant et présent, ton psychisme s'affole ; cette douceur est un continent inexploré, un langage que ta structure émotionnelle ne sait pas décrypter.
Si tu faisais le choix de l'amour bienveillant, l'édifice de ta souffrance n'aurait plus de raison d'être. Mais l'inconscient est têtu. Tant qu'il demeurera en toi des larmes d'enfance refoulées, non pleurées, tu continueras de convoquer des figures de l'absence. Des hommes qui, par leur froideur, t'offriront le prétexte parfait pour enfin verser ce chagrin originel.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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Toutes les thérapies sont précieuses, mais on oublie parfois qu'il est complexe de soulager l'esprit quand le corps manq...
24/06/2026

Toutes les thérapies sont précieuses, mais on oublie parfois qu'il est complexe de soulager l'esprit quand le corps manque de sommeil, de mouvement ou d'une nourriture adaptée. Ces éléments physiques peuvent suffire à freiner le plus beau des travaux sur soi. Car ce fameux « Moi » que l'on explore sur le divan ne flotte pas dans les airs, détaché de sa chair. Notre corps est traversé par une pulsion de vie qui demande à s'exprimer physiquement. En bougeant, on oxygène le sang, on irrigue ce cerveau qui turbine sans cesse, et on remet de la dynamique là où la sédentarité a plutôt tendance à figer l'humeur ou à inviter l'angoisse.

Je sais, je risque parfois de sonner un peu moins comme Freud et davantage comme un naturopathe ou un coach sportif. Pourtant, avant même de plonger dans les méandres de l'enfance ou des traumatismes, j'aime m'intéresser au mode de vie de la personne qui me fait face. À la façon dont elle habite son corps au présent, et pas seulement son psychisme au passé. L'un dialogue constamment avec l'autre. Ausculter la psyché humaine en mettant la physiologie sur pause me semble incomplet, car la fascinante machine que nous sommes a besoin d'essence tout autant que de sens.
Retrouver un certain équilibre au quotidien et laisser son corps se déployer dans l'espace constituent souvent le point de départ de ce que l'on nomme, trivialement mais très justement, l'art d'être bien dans sa peau.
Le lien n'est pas toujours évident. Pourtant, il arrive fréquemment que de lourdes angoisses s'installent chez des personnes dont le corps est simplement resté trop longtemps immobile, éloigné de la lumière du jour, ou nourri dans l'urgence. Ce corps est alors amené en thérapie un peu comme un enfant turbulent et étranger que l'on tiendrait par la main en demandant : « Réparez-le, je ne comprends pas ce qui cloche ». Si cet enfant pouvait se passer du langage verbal et de notre intellect, il s'exprimerait sûrement d'une tout autre manière. Il raconterait peut-être sa fatigue d'accumuler toutes ces émotions refoulées jour après jour, sans toujours trouver d'exutoire par le mouvement, le repos ou tout simplement la douceur.

S'il est prouvé qu'en dénouant ses conflits psychiques on finit par transformer sa posture physique, la réciproque est délicieusement vraie. Modifier ses habitudes, qu'il s'agisse de son sommeil, de son assiette ou de sa sexualité, change profondément notre façon de penser et d'investir le monde. Le travail analytique transforme l'être, c'est une certitude. Mais une bonne marche, une assiette colorée et de vraies nuits de sommeil possèdent aussi ce pouvoir magique de court-circuiter certaines phobies et d'apaiser bien des fantômes du passé.
La chaleur du cabinet est primordiale, tout comme la bienveillance que l'on s'accorde. Mais choyer son psychisme tout en oubliant les besoins de son métabolisme crée un drôle de décalage. C'est un peu comme posséder une grande maison et s'épuiser à astiquer le salon de l'intellect, tout en entassant le désordre dans la cave du corps, derrière une porte bien verrouillée. Tôt ou t**d, l'atmosphère de la cave finira par remonter et s'inviter dans les pièces que l'on s'efforçait de parfumer.
L'idée n'est évidemment pas de viser une hygiène de vie irréprochable, mais plutôt de se traiter dans sa globalité. Parlez à votre corps avec tendresse, mettez en sourdine ce fameux Surmoi qui exige sans cesse la perfection, gardez des attentes réalistes envers vous-même, et surtout, de temps en temps, fichez-vous royalement la paix.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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Le miroir de l’Anima - Aimer au-delà de l’illusion On répète à l’envi que nous accompagnons nos morts de notre vivant. M...
23/06/2026

Le miroir de l’Anima - Aimer au-delà de l’illusion

On répète à l’envi que nous accompagnons nos morts de notre vivant. Mais qu’en est-il lorsque, traversant l'existence côte à côte sous le sceau du « nous », nous voyons soudain affleurer chez l’autre l'inquiétante étrangeté de ses zones d’ombre ? Sommes-nous véritablement disposés à « être là », face à cet inconscient qui surgit ?
Aimer « sa » femme uniquement à travers le prisme de notre propre idéal, c’est chérir une projection narcissique. S'élever « au-delà » de cette image exige de faire le deuil de l'illusion, d'accepter la perte de la forme pour laisser s'effondrer ce que l'on croyait maîtriser. En perdant cette image idéalisée, on s'éloigne peut-être du lyrisme mondain et superficiel, mais on touche alors à la chair du Réel. C'est dans ce dépouillement que se révèle une poétique bien plus vertigineuse, celle de la vérité psychique.

Qu’y a-t-il de vivant chez l’autre dans cet accompagnement ? Suis-je le témoin, voire le passeur, de ses morts et renaissances symboliques ? Accompagner l'autre dans la matière, jusqu'au trépas physique, relève de l'évidence. L’accompagner dans ses abysses intérieurs relève d'une tout autre exigence… c’est une quête de vérité. On prétend ignorer l'« au-delà » faute de témoins revenus d'outre-tombe. Pourtant, cet « au-delà » est notre propre inconscient, que nous traversons de notre vivant. Nous pourrions en revenir pour témoigner d'une vérité affranchie de nos fantasmes et de nos projections. L’engagement véritable s'affranchit de la forme et des contingences extérieures ; faute de quoi, aimer l'autre « par-delà » la réalité physique n'aurait aucun sens. C’est l’aimer dans sa complexité abyssale, avec ses clivages, son Ombre et sa lumière - dans sa forme authentique.

Être avec « sa » femme ne saurait se réduire à l'assumer sous le masque de la Persona sociale, à travers les stéréotypes familiaux. Si on ne l'assume que dans la lumière publique, elle est réduite à l'état d'objet, réceptacle des fantasmes collectifs. L’assumer dans l'intimité de la psyché est une tout autre épreuve. C'est affronter d'autres « beautés » et d'autres « démons », d'autres archétypes de héros et de vainqueurs. L'homme aime se rêver en héros, triomphant d'une femme « conquise ». Se joue ici le grand théâtre des projections… l’homme endosse l’armure du héros pour correspondre à l'Animus – cet idéal masculin d'action et de quête – que la femme projette parfois sur lui, tout en réduisant sa partenaire à son Anima, cette part féminine idéalisée et docile qu'il porte en lui. Mais derrière cette « conquête », si la quête a véritablement abouti, de quoi nous sommes-nous emparés ? Capter l'autre à l'extérieur, dans la chair, est aisé ; s'autoriser à intégrer ces forces à l'intérieur demande du courage.
À l’intérieur, il s’agit d’embrasser l'autre dans sa totalité - la douceur projetée par notre Anima, mais aussi ce qu'elle a de moins beau, de plus sauvage ou de plus tranchant, lorsque son propre Animus s'exprime. À l’extérieur, l'Ego ne retient que ce qui le flatte, et lorsque le miroir se brise, on prend la fuite. On lui laisse porter le fardeau de la « misère » psychique, tout en se drapant dans la posture du vainqueur face au monde : « Elle n’était pas belle, je m’étais trompé, elle n’était pas digne de mon amour. » En réalité, l'homme refuse de voir qu'il exigeait une femme calquée sur une Anima parfaite et angélique. Il esquive ses propres démons, refusant de les porter, et exige de l'autre une perfection illusoire pour ne jamais avoir à affronter ses propres ténèbres.

Être avec « sa » femme – puisque l'on tient tant à cette illusion d'appartenance – c’est l'accueillir intérieurement comme l'incarnation d'une altérité qui résonne avec nous. C’est assumer, en miroir, tout ce qu’elle a à pleurer, à enfouir et à faire renaître, dans cette danse complexe entre l'Animus et l'Anima, et non s'abreuver uniquement de la lumière qu'elle a à nous offrir.
Observe attentivement « ta » femme, contemple le fardeau qu'elle assume psychiquement, pour le pire et le meilleur, loin du contrat marital socialement établi, mais si rarement scellé dans l'inconscient. Demande-toi si cette inquiétante étrangeté que tu vois en elle, et qui t’effraie tant, n'est pas la projection de ta propre Ombre. Demande-toi si cela n'a pas, de tout temps, habité tes propres profondeurs.
Aux prémices de la relation, l'Ego se repaît d'absolus. On manie des mots comme « jamais » pour mimer la profondeur, mais on s'en sert rarement pour formuler cette vérité clinique : « Ce que je rejette aujourd’hui chez ma femme n'a jamais cessé de m'appartenir. » Les belles paroles agissent comme des défenses mensongères face à un avenir insaisissable. Il est douloureux de nommer et d'intégrer les matériaux refoulés qui nous constituent. Si, avant d'offrir des promesses grandiloquentes, nous n'analysons pas les projections que nous portons dans l'instant présent, alors promettre, c’est se compromettre.

En définitive, si tu regardes « ta » femme et que tu refuses de reconnaître en toi la source de ce que tu lui reproches ; si tu n'assumes rien du fardeau psychique que tu l'obliges à porter, alors elle n’a jamais été la « tienne ». Tu pourras toujours clamer ton erreur, ajuster ton masque et poursuivre ton errance sur le chemin narcissique que tu t'es tracé, mais la vérité est là… tu t’étais simplement trompé de miroir.

Roxana Mihalache Psychanalyste

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Cette année est celle des libérations, des révélations nouvelles sur soi-même, l'année où beaucoup de masques tombent. C...
05/06/2026

Cette année est celle des libérations, des révélations nouvelles sur soi-même, l'année où beaucoup de masques tombent. Ce que tu pensais de toi-même, des autres, ne semble plus valable. C’est moi qui aime à penser que ce ne sont que des masques, car j'ai toujours aimé ce qui se cache, pour mieux le révéler. Mais au fond je crois qu'il s'agit plutôt d'une transformation qui guettait dans un coin depuis longtemps. Elle adore « faire la fête » à « quelqu’un ». Les jeux de pouvoir s’essoufflent, les vieilles amitiés partent en fumée. Tu les regardes passer, tel un cadavre emporté par le Nil, sans tristesse ni regret. Avoir cueilli ou avoir été cueilli… aujourd'hui, cela n'a plus d'importance. Quelque chose de radieux t’attend pour t’accueillir dans un nouveau monde. Je le vois aussi au cabinet… des transformations étonnantes s'opèrent chez ceux qui ont passé longtemps à se sentir divisés. Je pourrais te souhaiter d'« être toi-même », mais ce serait un blasphème… car même dans la souffrance, même en faisant « comme les autres », tu es déjà « toi-même ». Alors je dirais plutôt ceci… accepte de naître sans anesthésie, car d’une manière ou d’une autre, tu en sortira toujours les pieds baignés dans la lumière de ton nouveau soleil.

Roxana Mihalache Psychanalyste

Le véritable traumatisme d’une séparation ne réside pas tant dans la perte de l’objet que dans la désintégration des inv...
01/05/2026

Le véritable traumatisme d’une séparation ne réside pas tant dans la perte de l’objet que dans la désintégration des investissements narcissiques que le sujet y avait déposés. Ce que tu pleures, ce ne sont pas les contours de l’autre, mais ces fragments de ton propre Moi, ces potentialités que, faute de les assumer, tu avais projetées sur cet Autre.

Ce que tu nommes tes « attentes » n’était en réalité qu’un manque-à-être que tu tentais de combler par sa présence. Si l’objet de ton amour te manque au point que sa représentation devienne une obsession, alors interroge le symptôme... quelle faille en toi cette obsession vient-elle désigner et recouvrir à la fois ?
Était-ce son apparente chaleur ? Ou la fonction de pare-excitation qu'il remplissait contre ton propre froid intérieur ? Cette fixation révèle peut-être une béance affective structurale, un déficit ancien dans ta capacité à te prodiguer ta propre reconnaissance. L’absence de l’autre n'est plus alors un vide, mais le miroir impitoyable de ton économie psychique, révélant la nature de tes dépendances. Si c'était sa fonction de protection que tu recherches, c'est l'injonction à édifier une sécurité interne qui ne dépende plus d'un tuteur extérieur. Si c'était sa beauté, c'est l'appel à cesser d'aliéner ta propre valeur dans le regard de l'Autre.

Il ne s'agit nullement de dénier la nécessité du travail de deuil, mais de comprendre sa nature. Car si tu te demandes «pourquoi cette fixation morbide ? pourquoi suis-je incapable de faire le deuil de cet objet ? », c’est que le symptôme parle. Il est une formation de l'inconscient, un signifiant insistant qui te somme de te retourner vers toi-même. La résolution n'est pas dans l'oubli, elle est dans le déchiffrage de ce que cette douleur signifie. La réponse ne se loge pas à l'extérieur de la souffrance ; elle est la trame même de ce symptôme.

L'intensité du trauma est toujours corrélée à la puissance de l'idéalisation. Ce processus, par lequel le sujet pare l'objet de toutes les perfections, sert avant tout à combler ses propres failles narcissiques. Plus les qualités que tu lui attribuais correspondent à des aspects refoulés ou non développés de ton propre Idéal du Moi, plus la perte de cet objet idéalisé est vécue comme une amputation. Idéaliser, c’est voir en l’autre non plus un être distinct, mais l’objet a, l'objet supposé détenir la clé de ta complétude.

Si la reconstruction te paraît insurmontable, c’est que tu avais sans doute aliéné une part de ta propre structure psychique en la faisant reposer sur lui. Si, manquant de confiance, tu te sentais soudain plus solide à ses côtés, c’est qu'il fonctionnait comme un Moi-auxiliaire, un étayage pour ton propre édifice chancelant. Son départ ne te prive pas seulement de sa présence, il te confronte brutalement à ta propre incomplétude. C’est se retrouver face à la béance originelle que sa présence venait masquer. Dès lors, la seule question qui vaille, la seule qui puisse initier la guérison, émerge : quelle était la substance de ton désir avant qu'il ne s'incarne entièrement en l'autre ? Quelle était la question qui te constituait, avant que cet autre n'y apporte une réponse trop simple ?

Roxana Mihalache Psychanalyste

photo : pinterest

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