10/06/2026
Anaïs m’a prévenue dès la première séance.
« Péguy, si vous me parlez d’enfant intérieur, je raccroche. C’est pas mon truc ce genre de choses. »
Avocate associée dans un grand cabinet parisien. Dossiers en droit international. Deux ados. Un mari qu’elle voit le week-end.
Elle était venue parce que ses enfants la rendaient f***e. Et que son mari avait supplié qu’elle consulte quelqu’un.
Elle n’était pas venue pour guérir quoi que ce soit.
On a parlé de ses disputes avec sa fille de 15 ans. De cette colère qui montait trop fort, trop vite. Et au bout d’une heure, elle a dit une phrase que je n’oublie jamais quand je l’entends :
« Je sais que je réagis comme une gamine. Mais c’est plus fort que moi. »
Plus fort qu’elle.
Je lui ai posé une seule question.
« Quand tu réagis comme ça quel âge tu as, en toi, à ce moment-là ? »
Elle a réfléchi trente secondes. « Quinze ans. Exactement le même âge que ma fille. »
Voilà. En moins d’une heure, sans que je prononce le mot tabou, Anaïs venait de comprendre quelque chose qu’elle portait depuis vingt-six ans.
À chaque dispute avec sa fille, ce n’était pas l’avocate de 41 ans qui réagissait. C’était l’adolescente de 15 ans en elle qui rejouait sa propre douleur.
Trois séances plus t**d, cette femme sceptique, structurée, méfiante, pleurait en disant : « Elle est là. Elle a toujours été là. Pourquoi je ne la regardais jamais ? »
C’est ça, l’enfant intérieure. Pas un concept New Age. Une réalité psychique. Et elle n’a pas attendu que tu y croies pour influencer ta vie.
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Et toi est-ce qu’il t’arrive de réagir avec une intensité qui te surprend toi-même ?
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