24/08/2026
Le fait de ne pas bien dormir dérÚgle vos émotions
Cela semble incroyable, mais dormir est devenu un luxe dont tout le monde ne peut pas profiter. Le sommeil est une de ces dimensions oĂč sont reflĂ©tĂ©es toutes les difficultĂ©s Ă©motionnelles. En effet, le fait de ne pas dormir correctement gĂ©nĂšre toute une sĂ©rie de risques et accentue tous les problĂšmes que lâon peut avoir.
Selon lâOrganisation Mondiale de la SantĂ© (OMS), un adulte doit dormir entre 7 et 8 heures chaque nuit pour bĂ©nĂ©ficier dâun repos optimal, aussi bien physique que mental. Les effets du manque de sommeil peuvent ĂȘtre trĂšs graves. LâOMS souligne quâil peut ĂȘtre trĂšs risquĂ© de ne pas dormir du tout pendant toute une nuit, car cela peut entraĂźner une perte de tissu cĂ©rĂ©bral.
«Pour moi, le bonheur consiste Ă ĂȘtre en bonne santĂ©, Ă dormir sans peur et Ă se rĂ©veiller sans angoisse.»
â Françoise Sagan â
Quand une personne ne dort pas assez longtemps ou pas assez profondĂ©ment, elle est sur les nerfs et Ă fleur de peau. Souvent, lorsque lâon a pas assez ou mal dormi, on est trĂšs irritable, ou particuliĂšrement sensible face Ă tout type de stimulation ; cela a en effet Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ© par de multiples Ă©tudes menĂ©es Ă ce sujet.
Ne pas dormir gĂ©nĂšre «un tourbillon dâĂ©motions»
RĂ©cemment, les chercheur-se-s de lâUniversitĂ© de Tel Aviv ont rĂ©alisĂ© une Ă©tude dont les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© publiĂ©s dans la r***e Journal of Neuroscience ; il a Ă©tĂ© mis au jour que les personnes qui dorment suffisamment perçoivent et ressentent la rĂ©alitĂ© quotidienne dâune façon diffĂ©rente.
LâĂ©tude a Ă©tĂ© menĂ©e auprĂšs dâun groupe de 18 adultes Ă qui on a fait passer deux fois le mĂȘme test : une fois aprĂšs une bonne nuit de sommeil, et une autre fois aprĂšs une nuit blanche. Ce test consistait Ă leur montrer une sĂ©rie dâimages dont certaines Ă©taient «émotionnellement positives» (un ourson, par exemple), dâautres «émotionnellement nĂ©gatives» (un corps mutilĂ©) et dâautres encore, neutres (des couverts, une chaise, etc).
Tout(es) les participant(e)s ont Ă©tĂ© monitorĂ©(e)s via des encĂ©phalogrammes qui permettaient dâobserver lâactivitĂ© de leur cerveau. A la fin de cette Ă©tude, il a Ă©tĂ© conclu que, aprĂšs une nuit blanche, le cerveau des participant(e)s devenait tout bonnement incapable de diffĂ©rencier les images dâun point de vue Ă©motionnel. La rĂ©action Ă©tait pratiquement la mĂȘme lorsquâils(elles) se trouvaient face aux images positives, nĂ©gatives et neutres. Selon les chercheur-se-s, tout cela indiquerait un dĂ©rĂšglement Ă©motionnel.
Comportements irrationnels et primaires
Dans une autre Ă©tude menĂ©e Ă bien Ă lâUniversitĂ© de Bekeley, on a pu Ă©tablir que dormir au moins 2 heures de moins que les 7 ou 8 heures de sommeil nĂ©cessaires affectait sĂ©vĂšrement le lobe prĂ©frontal, Ă savoir la zone qui rĂ©gule les Ă©motions ; rĂ©sultat, le manque de sommeil conduit Ă des rĂ©ponses plus irrationnelles et primaires.
Matthew Walker, le directeur de lâĂ©tude, a signalĂ© que le fait de ne pas dormir correctement «rompt les mĂ©canismes qui nous protĂšgent des maladies mentales». Il a Ă©galement ajoutĂ© que le sommeil restaure les circuits Ă©motionnels et nous permet de mieux affronter les dĂ©fis de la vie quotidienne.
Walker a aussi dĂ©clarĂ© que la croyance populaire consistant Ă penser que le manque de sommeil conduit Ă un Ă©tat dâengourdissement et de passivitĂ© est erronĂ©e, car en rĂ©alitĂ©, câest tout le contraire qui se produit : les personnes qui ne dorment pas ne sont pas plus passives, mais 60% plus rĂ©actives, ou autrement dit, plus violentes et incontrĂŽlables.
Le prix Ă payer lorsquâon ne dort pas bien
Ne pas dormir assez ou mal dormir nous conduit Ă dâautres problĂšmes ; en effet, lâĂ©quilibre Ă©motionnel est compromis, et la capacitĂ© de rĂ©action face aux stimulations diminue. Cela veut dire que, lorsque nos habitudes de sommeil ne sont pas bonnes, il y a un risque plus Ă©levĂ© de pouvoir avoir des accidents ; on estime que conduire sans avoir bien dormi Ă©quivaut Ă conduire en Ă©tat dâĂ©briĂ©tĂ©.
Dâun autre cĂŽtĂ©, les schĂ©mas de pensĂ©e eux aussi sâaltĂšrent significativement Ă cause du manque de sommeil. Il rĂ©sulte bien plus difficile de traiter lâinformation qui est reçue et de prendre des dĂ©cisions. Une Ă©tude menĂ©e Ă ce sujet a indiquĂ© que les erreurs mĂ©dicales pouvaient augmenter jusquâĂ 400% chez les professionnel-le-s de la santĂ© qui prennent des gardes de 24h dâaffilĂ©e. Ainsi, il a Ă©tĂ© conclu que les personnes qui dorment moins quâil le faudrait peuvent dĂ©velopper des problĂšmes de mĂ©moire.
Or, le manque de sommeil ne fait pas quâaffecter sĂ©rieusement le cerveau ; il augmente aussi la propension de notre organisme Ă souffrir de maladies. On sait, par exemple, que le systĂšme immunitaire est affectĂ© par le manque de sommeil. Certaines informations recueillies permettent Ă©galement de conclure que le manque de sommeil a une incidence sur le diabĂšte, le cancer, voire mĂȘme lâobĂ©sitĂ©.
Tout ceci Ă©tant dit, il vaut la peine de vous demander si vous dormez correctement et suffisamment. Le bon sommeil est un bien prĂ©cieux dont on doit prendre soin et que lâon doit prĂ©server. Cela constitue sans aucun doute un des grands piliers de notre santĂ© mentale.