20/08/2026
Réflexion intéressante 🧐
Toujours aucune nouvelle de FB quant à ses censures inopportunes…
Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : qu'en penser ?
Censuré par le Conseil constitutionnel, ce projet répondait à une volonté évidente de protection, inspirée par les conclusions de la commission « Enfants et écrans » et par celles de la commission d’enquête parlementaire consacrée aux effets de TikTok sur les mineurs.
Les risques invoqués sont indiscutables :
• captation de l’attention par des mécanismes addictogènes ;
• altération du sommeil ;
• cyberharcèlement ;
• exposition à des contenus violents, pornographiques, suicidaires ou pro-anorexiques ;
• comparaison sociale permanente ;
• amplification possible de fragilités préexistantes.
Les adolescents doivent évidemment être protégés. Fixer le seuil à 15 ans, pourquoi pas, cela peut en effet constituer une borne juridique, éducative et symbolique.
Mais une question demeure :
Une interdiction formelle imposée aux adolescents peut-elle être crédible lorsque les adultes continuent d’utiliser les mêmes réseaux sous leurs yeux ?
Il existe bien sûr des interdictions légitimes liées à l’âge : l’alcool, le tabac, la conduite automobile… Mais les réseaux sociaux sont utilisés quotidiennement par les adolescents comme par les adultes, souvent dans les mêmes lieux. La question de l’exemplarité devient alors centrale.
Comment demander à un adolescent de poser son téléphone à table si ses parents consultent le leur ?
Comment lui interdire les écrans le soir si les adultes restent eux-mêmes hyperconnectés ?
Comment dénoncer sa dépendance quand toute la famille réagit à la moindre notification ?
"La maison sans tabac" est souvent efficace parce qu'elle concerne tout le monde. Il devrait en aller de même pour certaines règles numériques.
Plutôt qu’un interdit (d’ailleurs compliqué à faire respecter), on devrait pouvoir dire, en famille :
« Chez nous, nous choisissons ensemble de ne pas laisser les écrans envahir les repas, les conversations, la nuit et les moments partagés. »
Pour protéger efficacement les adolescents, il faudrait surtout contraindre les plateformes à désactiver, pour les mineurs, les fonctionnalités les plus prédatrices : défilement infini, notifications incessantes, recommandations algorithmiques, géolocalisation, sollicitations nocturnes…
Et en ce qui nous concerne, apprendre aux jeunes à comprendre ces mécanismes, plutôt que de leur demander seulement de s’en tenir éloignés.
Car une interdiction facilement contournable peut préserver la conscience des adultes sans modifier réellement les pratiques adolescentes.
On ne protégera pas durablement les adolescents des dérives du numérique en leur imposant une abstinence des réseaux sociaux que les adultes seraient eux-mêmes incapables de pratiquer.
Une limite éducative n’est crédible que si elle s’inscrit dans une sobriété numérique partagée.
Enfin, quid des aspects positifs des réseaux sociaux ?