05/05/2026
Intéressant.
cf les travaux de Bessel van der Kolk (Le corps n'oublie rien), qui montrent que les mécanismes neurobiologiques et psychologiques du traumatisme sont similaires chez les vétérans et chez les victimes d'agressions sexuelles, même si les déclencheurs sont différents.
Je me suis beaucoup intéressée aux travaux de Van der Kolk. J'en retiens notamment:
- que le traumatisme n'est pas seulement un souvenir douloureux, mais un évènement qui reste "bloqué" dans le présent.
Ainsi par exemple, chez le vétéran un bruit de pot d'échappement peut provoquer une crise de panique, le cerveau reptilien croyant revivre une embuscade au Vietnam, chez une victime d'agression cela pourra être une odeur ou un effleurement qui provoque la même réponse de survie. Dans les deux cas la personne est incapable de faire la distinction entre le danger passé et la sécurité présente.
- que le cerveau est physiquement modifié par le traumatisme, cela a pu être montré par l'imagerie cérébrale: lors d'un flashback par exemple, l'aire de Broca (zone responsable du langage) s'éteint, ce qui explique pourquoi les vétérans comme les victimes d'agressions sexuelles ont souvent des difficultés pour mettre des mots sur leur vécu: celui-ci leur paraît "indicible". Le thalamus est touché aussi, lui qui filtre normalement les informations sensorielles captées par nos sens: les personnes concernées se retrouvent fréquemment en état d'hyper-vigilance, submergés par les afflux sensoriels.
- que ces deux types de victimes sont souvent concernés par des mécanismes de dissociation: pour faire court: pour survivre à un évènement trop stressant pour le cerveau, l'esprit se sépare du corps.
- que le sentiment de culpabilité est aussi un point commun entre les vétérans et les victimes d'agressions sexuelles: dans les deux cas le sentiment de sécurité interne a été bousculé voire brisé.
"Le traumatisme ne réside pas dans l'évènement lui-même, mais dans l'empreinte laissée par l'expérience sur le système nerveux." (Bessel van der Kolk)
Je me forme actuellement en Somatic Experiencing (formation sur trois années), une approche de la prise en charge du traumatisme qui se concentre sur la régulation du système nerveux et la libération des tensions physiques, visant la restauration de la capacité du corps à s'auto-réguler.
Une vaste étude menée en Suisse romande entre 2022 et 2024 révèle que les conséquences d’une agression sexuelle perdurent pour la majorité des personnes bien au-delà de la phase aiguë, avec des troubles psychiques, somatiques et sexuels encore présents un an après les faits. 👉 https://ebx.sh/yRDrPS