09/07/2026
L'histoire de la Passerelle L.A.O.C.
Aujourd'hui, je ressens le besoin de raconter cette histoire.
Non pas pour régler des comptes.
Mais parce que certaines histoires méritent d'être connues.
Pendant plusieurs années, j'ai repris mes études, poursuivi des formations, mené des recherches et accompagné des centaines d'enfants, d'adolescents et de familles.
Une question m'habitait sans cesse :
Pourquoi cherchons-nous à corriger un comportement avant de comprendre l'émotion qui le provoque ?
C'est de cette réflexion qu'est née Passerelle L.A.O.C.
Un projet que j'ai entièrement imaginé, construit et développé.
L.A.O.C. signifie Lagom, Accommodation, Optimisme et Catharsis.
Ce n'était pas seulement un nom.
C'était une philosophie de travail.
Une manière différente d'accompagner les enfants en souffrance.
À travers les couleurs, le dessin, la créativité, les groupes thérapeutiques, les médiations artistiques et la parole, mon objectif était simple : permettre aux enfants d'exprimer ce qu'ils ne pouvaient pas toujours dire avec des mots.
Cette approche est devenue un véritable projet de centre thérapeutique.
En 2020, l'Agence Régionale de Santé a autorisé la création du dispositif expérimental Passerelle L.A.O.C., destiné aux enfants confiés à la protection de l'enfance et présentant des difficultés émotionnelles ou comportementales.
Le rapport officiel précise également que la méthode L.A.O.C. a été créée par Lucile Christodoulou, soulignant le caractère innovant de cette approche.
Au cours de sa première année, des dizaines d'enfants ont bénéficié de cet accompagnement. Beaucoup ont retrouvé un chemin vers les soins, d'autres ont poursuivi leur parcours thérapeutique grâce aux préconisations réalisées.
Ma méthode repose sur une conviction profonde :
Les émotions parlent avant les comportements.
Au fil des accompagnements, les médiations thérapeutiques ont permis de mettre en lumière des souffrances parfois invisibles : traumatismes, maltraitances, violences psychologiques, ruptures affectives, harcèlement et parfois des révélations nécessitant une évaluation par les autorités et les professionnels compétents. Elles ne remplacent jamais une enquête, mais elles peuvent permettre à un enfant de commencer à raconter ce qu'il n'arrivait pas à exprimer autrement.
C'est ce qui a donné tout son sens à mon travail.
Passerelle L.A.O.C. n'était pas seulement un centre thérapeutique.
C'était le fruit de plusieurs années d'études, de recherches, d'expériences de terrain et d'une profonde volonté d'aider.
Aujourd'hui, le centre n'existe plus sous cette forme.
Mais son histoire existe.
Et cette histoire est importante.
Je ne cherche pas à retirer le mérite de celles et ceux qui ont participé à faire vivre ce dispositif.
En revanche, je souhaite que soit reconnue une réalité simple :
J'en suis la créatrice.
Cette idée, cette philosophie, cette méthode et ce projet sont nés de mon travail.
Les documents officiels en témoignent.
Je continuerai à faire vivre cette approche, à poursuivre mes recherches et à accompagner ceux qui en ont besoin.
Parce qu'une idée créée pour aider les autres ne disparaît jamais.
Elle continue de vivre dans chaque enfant qui retrouve une voix, dans chaque famille qui retrouve de l'espoir et dans chaque professionnel qui choisit de regarder les émotions avant les comportements.