12/08/2026
Une très belle mise en lumière de la prochaine session de formation de secouristes en santé mentale.
Merci La plume indiscrète
Très chers amis lecteurs,
Il est des gestes que l’on nous apprend volontiers à reconnaître comme des secours : protéger une victime, appeler le 15 ou le 18, comprimer une plaie, pratiquer un massage cardiaque. Mais lorsqu’une personne ne s’effondre pas sur le trottoir, qu’aucune blessure n’est visible et que son appel au secours tient parfois dans un silence inhabituel, une crise d’angoisse ou un simple « ça va » auquel personne ne croit vraiment, nous sommes soudain beaucoup moins nombreux à savoir comment réagir.
C’est précisément à cette autre forme de secours que s’intéresse la formation Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM), dont une prochaine session se déroulera les 20 et 21 août à Faulquemont.
Pendant deux jours, les participants apprendront à mieux comprendre les principaux troubles psychiques, mais surtout à repérer une personne en difficulté, à l’écouter sans jugement, à adopter une attitude appropriée lorsqu’elle traverse une situation de souffrance et à l’orienter vers les professionnels compétents. Point de blouse blanche distribuée à l’entrée, rassurez-vous, et nul ne ressortira de ces deux journées avec l’ambition de diagnostiquer ses collègues, ses voisins ou l’oncle Gérard au prochain repas de famille. Le secouriste en santé mentale n’est pas un thérapeute : il est celui qui sait reconnaître qu’une personne pourrait avoir besoin d’aide et comment lui tendre la main sans prétendre remplacer ceux dont c’est le métier.
Cette session a été volontairement programmée pendant les vacances scolaires afin de permettre notamment aux professionnels de l’Éducation nationale, souvent peu disponibles durant l’année, d’y participer. Elle n’en demeure pas moins ouverte à toute personne souhaitant se former, car la détresse psychique, contrairement à certaines administrations, ne semble malheureusement pas connaître les horaires de bureau.
Et peut-être est-ce là tout l’intérêt de la démarche.
Nous parlons heureusement davantage de santé mentale qu’autrefois, mais entre être sensibilisé à un sujet et savoir quoi faire lorsque nous y sommes réellement confrontés, il existe parfois un gouffre. Que répondre à quelqu’un qui confie aller très mal ? Faut-il questionner, rassurer, simplement écouter ? Comment réagir devant une crise ? À quel moment faut-il passer le relais ? Autant de situations dans lesquelles notre bonne volonté peut se retrouver fort dépourvue lorsqu’aucun mode d’emploi n’est venu avec elle.
Apprendre les premiers secours en santé mentale, c’est donc peut-être acquérir quelque chose de finalement très simple et profondément humain : ne pas détourner les yeux devant une souffrance sous prétexte qu’elle ne se voit pas.
À Faulquemont, les 20 et 21 août, certains apprendront ainsi que porter secours ne commence pas toujours par un geste spectaculaire.
Parfois, cela commence par une chaise, quelques minutes… et une véritable écoute.
Votre très dévouée et attentive servante.